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Mercredi 16 mai 2007

 

 

0630, j’enfile mes « schlapounettes » et me traîne à la salle d’eau. Une petite douche, rien de telle pour se réveiller et effacer toutes ses rides accumulées sous les yeux pendant le sommeil. Ça devient une habitude, elles squattent bientôt toutes les nuits et matins. Elles s’installent sous mes yeux, sans me demander mon avis. Le lendemain, en passant devant la glace, j’aperçois dans le reflet, un zombie, boursoufflé. Je prends peur que fait-il ici ? Puis je le plains, on dirait qu’il a des poches d’eau sous les yeux et ses cheveux… Mais c’est moi ?! Quelle trouille ! Je vais encore devoir me doucher à l’eau froide pour faire partir tout ça !

 

Pour reprendre l’expression des jeunes de chez nous, trop cool, les salle-de-bain comme ça. Pas de séparations, entre le WC, le lavabo et la douche. Pour nettoyer la pièce un coup de douche et tout est propre. Là je peux facilement me brosser les dents sous la douche, j’adore ça ! Pas besoin de retenir ce dentifrice qui mousse exprès de plus en plus, pour sortir et qui menace de descendre dans votre gorge, si vous le retenez trop longtemps…

J’escalade les trois étages qui me séparent du toit de l’hôtel où se trouve, je vous le rappelle, la terrasse du restaurant. Fraichement réveillée, j’arbore fièrement le t-shirt de l’association et un bermuda long. Il est 0700 et les petits blancs commencent à arriver, avec sac au dos, plans, guide, casquette, yeux collés et ils sont fraichement parfumés avec le parfum le plus vendu au Cambodge, l’anti-moustique.

Comme d’habitude, je m’installe à une table au bord de la terrasse pour apprécier la vue en buvant mon thé chaud. Ma voisine de table, une grande femme brune, mince, avec de longs cheveux, visiblement seule, m’interpelle en anglais. Je lui explique en anglais, que je parle très peu l’anglais et elle me dit : - Et, comme ça c’est mieux ! Je m’appelle Véronique.

Nous avons discuté, en sirotant nos thés jusqu’à 0900. Véro est une grande amoureuse du Cambodge, elle y vient depuis 10 ans et toujours à Battambang. Depuis Battambang elle se déplace dans le pays. Elle est de Paris et se réserve toujours un mois pour le Cambodge. Quand je lui dis que je viens de Genève, elle me demande si je connais le Restaurant des tennis de Carouge. Euh, oui, pour y avoir siroté un jour un thé froid avec une amie ! Elle me dit qu’elle connait bien les deux patronnes du restaurant, qui sont elles aussi des amoureuses du Cambodge... Sachez Mesdames que Véro ne manque pas de faire de la pub pour votre restaurant. Peut-être, serons-nous amenées à nous croiser, lors de la manifestation sportive en faveur de l’association AVEC qui aura lieu, à Genève en avril 2008.

Véro, me demande, si je connais bien l’association AVEC, en montrant du doigt mon t-shirt. En quelques mots je lui explique. Elle me dit que pendant son séjour elle se rend régulièrement à l’association, « Pour le sourire d’un enfant » et donne un coup de main. Elle me confie qu’elle aimerait bien rencontrer Patrik, de l’association AVEC. Je lui promets de lui en parler. Elle a une amie, Claire, qui travaille à Handicap International, elle va lui parler de moi, voir s’il y a une possibilité de visiter le centre. Nous discutons jusqu’à 0900, puis Véro quitte la table, elle a de la route à faire avec « Tintin » son motodup. Elle adore, les temples, plus ils sont vieux ou en ruine, elle aime.

A 1000 je quitte l’hôtel pour une petite virée à pied. Quelques mètres plus loin je tombe sur Ob, « mon » motodup. Je lui demande s’il veut bien m’emmener chez Handicap International car il fait déjà très chaud. Il parle en khmer au khmer qui se trouve en fraction devant l’entrée. Ce dernier lui confirme qu’en raison de l’anniversaire du roi, ils sont fermés jusqu’au 16 inclus. Bon, du coup j’ai du temps pour visiter les alentours de Battambang, serait-il partant pour me transporter toute la journée ?!

Nous voilà parti, mais avant tout, il faut faire le plein d’essence de la moto. Dans la campagne, il s’est arrêté chez des paysans pour me montrer comment ils font, la pâte des rouleaux de printemps et les spaghettis khmers. Une femme récupérait le liquide blanc du riz, l’étalait sur une plaque à crêpe, récupérait la sorte de crêpe et la pausait sur des rouleaux en plastique. Son mari, prenait les rouleaux où était enroulé les « crêpes » encore humides et il les déroulait délicatement, à plat, sur un grillage fait en feuille de palmier pour qu’elles sèchent au soleil. Une fois sèches, elles étaient ramassées et entassées les unes sur les autres puis ficelées, prêtent à être vendue. La crêpe était très fine et dure, c’était celle d’un rouleau de printemps. Pour faire son rouleau de printemps, il fallait mouiller cette « crêpe » afin de la rendre à nouveau toute souple. Pour les spaghettis, le principe était le même mais au lieu d’être en forme de crêpe, c’était une forme plus rectangulaire et une fois humide, la pâte était passée dans une machine qui la moulinait sous forme de mini spaghettis. Ensuite ils étaient placés dans une cuvette pleine d’eau, pour les trier sans les casser. Pour finir ils étaient mis à plat, dans toute leur longueur, sur des kramas, puis recouverts, par un autre, pour qu’ils puissent sécher.

Je n’arrête pas de m’extasier sur le chemin, mais cette campagne est vraiment magnifique. Vers les abords d’un petit temple, au bord de la route, une grand-maman allongée dans son hamac surveille le feu à ses côtés. Elle vend des morceaux de bambou, de la canne à sucre, qui ont été vidés et rempli par du riz et de la noix de coco. C’est excellent ! On dirait une sorte de riz au lait à la noix de coco. Elle laisse cuire le tout dans le bambou sur le feu. N’hésitez pas si vous avez une petite fringale.

Un peu plus loin nous traversons un village musulman me dit-il, à part une différence dans la tenue vestimentaire, je ne constate rien de plus. Il s’y arrête, pour demander à un type qui vend des dalles, catelles, un devis car il veut faire des travaux dans sa salle-de-bain…. Un peu après le village, nous longeons toujours la rivière de Battambang et nous roulons sur un sentier, entre des bananiers, des cocotiers, des arbres fruitiers et traversons plusieurs petits villages. Parfois je crie à Ob : - Chohp, chohp ! Qui veut dire, stop, stop ! Il s’arrête et je lui montre des enfants qui jouent au foot le long de la rivière. Je les y rejoins et les regarde jouer pendant un instant. Ils sont si heureux, ils me font des signes, m’invitent à jouer. Je fais deux, trois passes puis je m’applique à les immortaliser. Un petit bout d’homme est au but en contre bas du talus, non loin du bord de la rivière, la relève des « grands gardiens de foot » est assurée. A l’autre bout du terrain, sous un arbre, dans la boue, l’autre but, est surveillé par un marcassin qui fait tranquillement pipi ! Pas inquiété du tout par le ballon qui lui arrive droit dessus ! Je prends congé de notre équipe de foot, un peu plus loin les filles tiennent un étalage au bord de la route. A plusieurs reprises nous avons risqué d’avoir un accident, car mon motodup avait la fâcheuse habitude de regarder avec insistance les jeunes femmes.

Il m’emmène dans une sorte de marché aux poissons. Encore une fois, excusez-moi messieurs, mais que des femmes qui travaillent. Elles ont vraiment du courage car l’odeur de poisson colle à la peau ! Certaines éviscères, d’autres écailles, d’autres encore récupèrent tous les restes, les entassent dans des sceaux en plastique. Un peu plus loin d’autres femmes prennent les sceaux, vident le contenu à même le sol et à l’aide d’une machette elles transforment les gros morceaux en petits. Une autre, réduit les petits morceaux en bouillie à l’aide de deux grosses palettes en bois. Le tout est finalement entassé dans des sceaux, sous forme de pâte, ce qui est donne, le prahoc, de la pâte de poisson fermentée.

N’étant pas très loin d’un marché, je demande à Ob de m’y emmener afin que j’achète une casquette car le soleil est méchant et je commence à avoir mal au crâne. Ce n’était pas prévu que je parte en balade. D’habitude, j’ai la casquette dans mon sac, un krama et je porte du mi-long. Aujourd’hui, j’ai un bermuda corsaire mais par contre j’ai les épaules au soleil et elles sont cramées. A l’aide de mon krama je les protège pour le reste du voyage. Pour les mollets tant pis, pour une fois ils auront des couleurs.

Nous reprenons la route en direction du Vat Phnom Sampeau, celui-là même que j’ai aperçu de loin dans le 4x4 de Khim. Il se trouve donc à 18km de Battambang et est juché au sommet d’une haute colline de calcaire. Il se trouvait sur la ligne de front entre les forces gouvernementales de Battambang et les positions des Khmers rouges.

Une longue montée conduit au sommet, que je ferais avec « Little bouddha » mon petit guide de 8 ans. Ce n’est pas une blague, en bas de la colline il y a de nombreuses familles qui vivent et leurs enfants vous serviront de guide car eux savent quelques mots d’anglais. Vous n’êtes bien entendu pas obligé mais ça fait un peu d’argent aux familles. Mon petit guide est très sérieux et prend son travail très à cœur. Un peu plus loin, pour le décoincer et à l’abri des regards je lui donne 3-4 ballons que j’ai dans mon sac. Je lui montre comment faire pour qu’ils fassent du bruit tout en se dégonflant. Une longue montée nous conduit au sommet, surmonté d’un petit Vat, d’un stûpa et de deux grands canons, vestiges de la longue guerre civile. A moins d’être très sportif, mieux vaut monter par la route tortueuse qui part sur la gauche de la colline et redescendre par les escaliers. Une fois en haut, les chemins passent par des grottes qui servaient de charniers. Un petit escalier descend vers une plate-forme couverte de crânes et d’ossements. Plus haut, à droite, on voit l’ouverture près de laquelle les Khmers rouges matraquaient les victimes avant de les précipiter dans la grotte. Au sommet, il y a des moines, des familles qui vivent. Des enfants se sont joins à notre expédition. En faite ils voudraient des ballons. Une fois la distribution faite, mon petit guide m’emmène plus loin, là où se trouve les escaliers. Je profite du silence et j’aperçois un singe dans un arbre qui tente de nous lancer un fruit. Mon petit guide fait mine de lui lancer sa sandale.

Il y a là, pour les fans de bouddhas de magnifiques statues. Un immense bouddha doré et en face de lui 5 disciples ou moines, eux-aussi dorés. Un autre grand bouddha doré sous une tente.

Il ne faut pas redescendre les escaliers sans avoir visité le petit temple et stupa se trouvant à proximité. De plus il y a une vue imprenable sur Battambang, au loin, on aperçoit un magnifique temple coloré. Je suis impressionnée comme les terres, les rizières sont déjà inondées. Etant émue par ce que je vois, j’oublie en m’avançant du petit temple et du stupa, la bienséance qui veut que l’on se décoiffe, heureusement, mon petit guide me rappelle à l’ordre. A proximité, il y a une autre montagne, le mont Crocodile, qui fut longtemps occupé par les Khmers rouges qui, de là, bombardaient les troupes gouvernementales basées à Phnom Sampeau.

La descente fut très rapide car mon petit guide et moi avions décidé de la descendre en courant, de faire la course en quelque sorte. Quelle grande idée, surtout en tong ! L’essentiel c’est que l’on a bien rit ! Une fois en bas, les enfants sont venus en courant pour admirer les ballons de mon petit guide. Malheureusement, il ne m’en restait plus beaucoup dans mon sac, j’allais faire des malheureux.

Le policier du tourisme me hèle et m’invite à boire un soda au stand de sa femme. En faite il m’a reconnue, quand je suis passée il y a deux jours avec le vice gouverneur, on s’était arrêté, parce que Khim le connaissait et qu’il voulait boire du jus de noix de coco, à même la noix.

Commençant à avoir sérieusement mal au crâne, je demande à Ob de me ramener à l’hôtel. En chemin, il s’arrête à ma demande devant ce magnifique temple, que j’apercevais depuis le sommet de la colline. Je n’ai pu m’empêcher de le prendre en photo, les couleurs étaient si magnifiques. Le ciel d’un bleu, les arbres si vert et ce temple si coloré ! En chemin je découvre, que le dessus de mes genoux est  très rouge, à cause de la position sur la moto. Au moins j’ai pris un peu de soleil pendant mon séjour au Cambodge, car à force de mettre des pantalons légers et des chemises, la peau ne bronze pas trop. Ce qui est le but en Asie, car une peau blanche est un signe de beauté et de richesse alors que chez nous une majorité veut avoir la peau brune.

Je rappelle à Ob que nous avons rendez-vous, demain matin, à 0745 devant l’hôtel. Il semblait avoir oublié ! Vers les 1700 je prends une douche bien méritée puis je monte à la terrasse pour souper. Cette fois-ci je m’installe à une grande table pour pouvoir écrire mon journal. Véro se joins à moi et me raconte sa journée, elle demande si vendredi je serais d’accord de rencontrer Claire, son amie d’Handicap International. Un américain nous demande s’il peut s’installer à notre table. Véro et lui sympathise et oui, parler anglais ça aide ! Tous deux me demandent si on mange bien ici, je réponds par l’affirmative. Finalement ils veulent aller manger ailleurs. Voyant que j’ai terminé, ils me demandent de les accompagner. Véro me demande de venir même si j’ai déjà mangé et essaie de m’appâter en me disant qu’il faut absolument que je goûte les Milk-shakes. Je prétexte une grande fatigue pour ne pas venir et Véro me dit de les rejoindre pour boire un verre. Je prends congé d’eux en leur souhaitant une bonne soirée. Je n’allais quand même pas leur dire que j’allais étudier mon anglais dans ma chambre et envoyer quelques mails en Suisse.

 

 

 

 

Jeudi 17 mai 2007

A 0730, je suis déjà en train de boire mon thé chaud, du matin, tout en surveillant la rue car je ne vois pas Ob. Soudain, je l’aperçois descendre d’un mini van, y charger des bagages et des gens monter à l’intérieur pendant qu’il s’installe au volant, puis démarre. Je regarde ma montre, il est 0735. M’inquiétant, je dévale les six étages, me poste à l’avant-garde et l’attend. Ne le voyant pas arriver, à 0755, je téléphone à Patrik pour lui expliquer ce qu’il se passe. Il me demande d’appeler le patron, qui se trouve justement à mes côtés et Theavy, l’épouse de Patrik lui explique en khmer le chemin pour arriver à leur association. Quand je raccroche, j’explique au patron, que j’avais rendez-vous avec Ob à 0745, car nous avions rendez-vous chez Patrik à 0800 et que maintenant, je ne peux plus l’attendre je dois m’y rendre avec un autre motodup mais il faut qu’il explique le chemin à ce dernier.

Il essaie de joindre Ob, je constate qu’il a réussi, moi je n’ai pas réussi. Personne n’a envie de m’emmener à cette heure-ci car les nouveaux touristes vont arriver à l’hôtel et c’est à ce moment que les motodups les approchent, pour peut-être les transporter pendant tout leur séjour. Les autres attendent leurs clients attitrés. Le patron appelle une nouvelle fois Ob, qui surgit 2 mn plus tard sur une nouvelle moto. J’apprends plus tard, par Patrik, qu’Ob a un mini-van et que parfois il l’utilise pour les touristes de l’hôtel. Ce matin-là, il devait certainement avoir une course intéressante qu’il ne voulait manquer pour rien au monde. Car en mini-van, les tarifs sont plus élevés. C’est finalement à 0810 que nous partons de l’hôtel. J’avoue ne pas être enchantée par ce qu’il vient de se passer.

Arrivée sur place, Patrik et Theavy m’accueille en constatant que finalement j’avais retrouvé mon motodup. Ce dernier explique, en khmer, à Theavy, une histoire abracadabrante. En résumé, la veille il n’avait pas dormi à la maison, mais chez une de ses chéries et que son fils, qui est aussi motodup avait pris la moto et qu’il a dû retourner chez lui, pour récupérer l’autre moto. Ce qu’il ne savait pas c’est que je l’avais vu emmener des touristes dans son mini-van… Bref, l’histoire était close, mais pour ma part je savais à quoi m’en tenir avec lui.

La Suisse arrive, sous les couleurs de Sébastien et Sarah, les deux futurs professeurs d’anglais de l’école de Daksoso et les rédacteurs en chef, du site www.sakodo.ch , qui n’est autre que leur site web. Les présentations sont timides mais sympathiques. Nous quittons les lieux à trois motos, pour nous rendre à l’école de Daksoso. Mon motodup avait une vilaine habitude, il klaxonnait sans cesse, même en pleine campagne, sur des petits chemins. Patrik et Theavy qui roulaient devant, sursautaient à chaque fois et les premières fois, ils s’arrêtaient croyant qu’il y avait un problème. Une fois, j’ai même cru qu’ils tombaient de la moto, telle leur surprise était grande. Mon motodup n’a pas pour autant diminué ou cessé ses klaxonnages.

En chemin, Patrik s’est arrêté vers un village pour nous présenter les familles qu’il aide. Dans ce village, il tenait à aider une famille dont l’épouse travaillait des heures entières pour faire vivre ses enfants et son mari. A l’époque ses enfants n’étaient pas scolarisés. Depuis la visite de Patrik et Theavy, les enfants sont scolarisés.   Ils nous montrent sa maison, qui est fétiche et très vétuste. L’eau traverse le toit. Ils ont décidé de l’aider à reconstruire une nouvelle maison. Son mari ne travaille pas, il dort toute la journée dans un hamac, mais au moins il s’occupe un peu des enfants quand ils sont là. La mère part la journée entière pour attraper des nids de fourmis se trouvant dans les arbres. Elle est sans cesse couverte de piqûres, car les fourmis rouges, sont grosses et féroces. Se sont celles que l’on déguste dans une bonne soupe khmère.

Comme vous le savez déjà, AVEC intervient auprès des familles qui sont dans une misère totale. Pour la plupart se sont des réfugiés internes au Cambodge. L'association les aide et contribue à la scolarisation des enfants.

Ces personnes ont été déplacées sous le régime khmer rouge et n’ont jamais pu retourner dans leur foyer. Sous le régime Pol-Pot, 1975-1979, il eut 2 millions de morts cambodgiens, des centaines de milliers de personnes furent déportées et emmenées de force dans des camps de travail. (Onglet, les réfugiés)

Plus loin sur la route, nous entendons des cris d’enfants, nous approchons de l’école de Daksoso. Quand nous pénétrons dans le préau tous les enfants viennent en courant. Il y a environ 80 enfants, tout âges confondus. Patrik à sa petite fan et sa meilleure amie qui le suivent comme son ombre. Elle a dans les sept ans, un sourire ravageur et tient à être sur toutes les photos. Un vrai petit rayon de soleil. Elle adore poser avec sa meilleure amie qui a une tête de plus qu’elle. Jamais on ne pourrait penser qu’elle est atteinte du sida…

Alors que Patrik, Theavy, Séb, Sarah, le directeur et les professeurs briefent dans une classe, nos deux futurs profs d’anglais, je joue dans le préau avec certains enfants. Des filles jouent à l’élastique. Je me souviens d’y avoir joué pendant de nombreuses récréations alors je m’essaie à nouveau, ce qui fait bien rire les enfants. D’autres jouent à la balançoire alors qu’un peu plus loin un groupe lance un caillou et saute à cloche pied, comme pour éviter un obstacle. Ils jouent à la marelle. Patrik nous rejoint, ensemble nous faisons le tour des classes. Les enfants sont sagement assis derrière les tables. A notre entrée ils se lèvent et nous nous saluons tous, les mains jointes en inclinant la tête. Patrik commence à leur dire deux, trois mots en khmer et nous commençons à compter en khmer à haute voix. C’est l’hilarité générale, mais avec une certaine retenue, car ils ne savent si ils peuvent rirent de nous ! Chaque fois, la classe visitée nous suit et s’installe aux fenêtres pour regarder ce que l’on réserve à la classe d’à côté. Patrik me montre fièrement les tableaux AVEC. Se sont de beaux tableaux blancs où l’on écrit aux gros marqueurs de couleurs. Leurs pupitres sont de longs bancs fixés à de longues tables. Elles peuvent accueillirent 4 élèves pour un pupitre. Les élèves sont maintenant nombreux, depuis que l’association AVEC travaillent avec les parents, les chefs de villages, les directeurs d’écoles et les professeurs. Vous aurez plus de détails sur www.info-avec.org  ou alors sur l’onglet association AVEC.

Patrik m’explique, qu’il aimerait restaurer la petite cabane qui se trouve au fond du préau pour en faire une bibliothèque. Je suis d’accord avec lui c’est une bonne idée. Au fond de moi, j’imagine tous les enfants, donner un coup de mains pour remettre en état cette cabane et la repeindre avec de belles couleur vives. Sous un arbre, il me montre un des vélos que l’association AVEC a acheté pour les enfants se trouvant le plus éloigné de l’école afin qu’ils puissent s’y rendre et même transporter, amis, frères ou sœurs.

Theavy, Séb et Sahra nous rejoignent, le briefing étant terminé. Séb et Sahra ne sont pas vraiment là, ils ont le regard sérieux et perdu dans leurs pensées. Ils sont déjà en train de préparer leur cours d’anglais, de l’imaginer. Sarah dit en rigolant, comme pour déstresser : - Regardez-moi tous ces petits monstres ! A quelque part, c’est du boulot, mais je les envie, quel challenge, quelle belle expérience ! Une expérience unique !

Nous reprenons la route, en chemin Patrik s’arrête au deuxième village à qui l’association vient en aide. Patrik et Theavy discutent avec une famille. Visiblement ça ne se passe pas très bien, car on voit Patrik faire les cents pas, d’un air inquiet. Il reçoit les infos par bribe car Theavy traduit au fur et à mesure. Finalement il nous rejoint et nous avoue être énervé et remercie au fond de son cœur que sa « petite perle », comme il l’appelle, Theavy, soit si patiente. C’est un combat de tous les jours, que l’association mène de front. Ils côtoient des histoires très dures, voire même sordides. Entre eux ils se font des débriefings car parfois c’est très lourd à supporter, encore plus pour Theavy et ses collègues khmers car ils parlent le khmer et prennent les informations en premier, à chaud, de plein fouet. Parfois ça peut, chez-eux aussi réveiller des choses, un passé...

Patrik nous raconte l’histoire de cette famille où deux grands-mères absolument extraordinaires s’occupent du mieux quelles peuvent de leurs 7 petits enfants, qui n’ont pas de père et leur mère est partie travailler en Thaïlande. Dans ces villages la misère est flagrante. Pourquoi ces enfants, ne devraient-ils avoir aucun avenir... Ils n’ont pas demandé à venir au monde... La mère, n’est jamais là, elle revient au village uniquement pour accoucher. Elle travaille en Thaïlande comme prostituée pour faire vivre sa famille et à chaque fois, elle tombe enceinte. Cette fois, elle est partie en Thaïlande avec la plus jeune de ses enfants, une petite fille. Patrik pense qu’ils ne la reverront plus. Les grands-mères s’appliquent à avoir une maison soignée, elles font propres sur elles ainsi que les enfants. Elles font au mieux pour que tous puissent manger, mais elles avouent avoir de plus en plus de peine et sont de plus en plus fatiguées. Une des grands-mères nous montrent Mirh Sothi …

Un jeune de 16ans alors qu’il en paraît 8-9. La malnutrition a fait son œuvre. Je suis sidérée par ce que je vois. En le regardant, j’ai l’impression d’être en présence d’un fantôme, une partie de lui semble déjà partie.....      Seul son ectoplasme est parmi nous. Il n’a que la peau sur les os, on peut étudier l’ostéologie sur son frêle corps. Ce dernier porte les stigmates de brûlures à la cigarette sur tout l’abdomen. Une escarre va bientôt se former sur son coccyx cassé.... Cassé par un ex-amant de sa mère à coups de marteau. Pour couronner le tout, il est atteint de tuberculose. Je revois, en fermant les yeux, sa petite sœur, qui avait une attitude, malgré son très jeune âge, si maternelle envers lui, en l’aidant à reboutonner sa chemise. Il essayait de sourire mais on avait l’impression qu’il devait faire des efforts surhumains. Il ne participait pas aux jeux de ses frères mais gardait un œil d’aîné sur eux et les séparait lors de querelles. (Décembre 2007, j'apprends par Patrik, que Mirh va très mal, son corps gonfle de plus en plus, ses reins ne fonctionnent plus, il est en train de mourir).

Certaines familles, lors de notre visite se demandaient ce qu’elles allaient manger demain... vous imaginez bien qu’amener un enfant à l’hôpital à des Kms de là, sans aucun moyens de transports.... ça n’est pas une priorité...

Nos regards se croisent entre Séb, Sarah, Patrik et moi… Nous retenons nos larmes et je pense que nous avons eu la même vision… Celle du TJ, nous montrant, à l’époque, des images d’enfants en Ethiopie. Par respect pour les familles et parce que le but n’étant pas de vous faire fuir en lisant ces lignes, je ne m’étalerais pas plus sur ce que nous avons pu entendre ou constater. Il faut que vous sachiez, que l’association AVEC vient en aide aux familles qui sont dans une grande précarité. Elle aide les enfants en les scolarisant mais également les familles, en mettant des limites afin de ne pas en faire des assistés. (Onglet association AVEC ou  www.info-avec.org

Nous finissons par rentrer chez Patrik et Theavy ou nous partageons un bon repas préparé par les mains expertes de Theavy. Patrik s’inquiète un peu pour nous, de ce que l’on a vu et à sa manière, très habile entame une sorte de débriefing.

Séb et Sarah nous quittent, car Sarah n’est pas complètement remise de ses coliques. Elle voudrait se reposer un peu avant de commencer l’école ! Ils me proposent de manger avec eux et passeront à mon hôtel à 1830.

Patrik nous demande de conter, à notre manière, sur papier, notre journée et de lui faire parvenir notre texte par e-mail. Patrik, Theavy et moi avons discutés encore un moment, puis Patrik m’a ramené  à l’hôtel car avant le repas, il avait donné congé à mon motodup.

A la réception de mon hôtel, je tente une connexion pour lire mes e-mails. 25 minutes plus tard, ma boîte e-mails s’ouvre enfin. N’arrivant à mettre de la ponctuation dans mes textes, je décide de tout arrêter et de monter dans ma chambre, car la journée a été éprouvante. Allongée sur mon lit, je tente un brouillon qui relate ma journée. Une heure plus tard, je me réveille, dans la même position mais avec mon texte collé sur la joue. Je devais vraiment être fatiguée !

A 1845, Séb et Sarah viennent me prendre à l’hôtel et c’est à trois sur la moto, que nous partons en direction du restaurant. Nous avons mangés de savoureux plats khmers à prix très doux. Sahra me conseille de déguster un tukalok (milk-shakes aux fruits), il parait qu’ils sont irrésistibles ! A ce moment, je comprends que nous sommes au restaurant dont Véro parlait la veille. Le White Rose, appelé Colap So en khmer. A 2200, nous traversons les rues perpendiculaires du Psar Nat et nous sommes impressionnés par le silence qui y règne. Plus personne n’est dehors, plus de klaxons, la ville semble endormie et pourtant il n’est que 2200. Pour un peu on se croirait dans les rues de Genève en semaine ! En quittant mes amis, nous convenons de souper ensemble vendredi soi, pour ma dernière soirée au Cambodge.

 

 

Vendredi 18 mai 2007 – Dernière journée au Cambodge


Pour ma dernière journée, j’ai décidé de me la jouer cool. A 0745, je dépose ma clé à la réception et leur demande de me réserver un ticket de bus pour Bangkok et de préparer ma facture pour que je puisse aller retirer de l’argent ou changer un de mes chèques.

 Un motodup vient à ma rencontre et me transmet un morceau de papier. Je le reconnais immédiatement, c’est « Tintin » le chauffeur attitré de Véro. Le papier, contenait un message de cette dernière. Elle m’invitait à me rendre, aujourd’hui, si possible avant 0830, à Handicap International où je pourrais rencontrer son amie, Claire. Elle termine, en me souhaitant un bon voyage de retour. Tintin, m’explique que Véro est partie dans le sud pour une semaine. Je lui laisse à mon tour un mot afin de la remercier tout en lui souhaitant un bon séjour au Cambodge.

Arrivée à Handicap International, je demande Claire et on m’amène auprès d’elle. Nous discutons pendant un petit moment, elle me demande ce que j’aimerais voir exactement. Elle m’explique, qu’à Battambang il n’y a pas d’atelier d’orthopédie car il y le CICR, juste en face et que les ateliers handicap sont à Siem Reap. Ici, handicap s’occupe des paraplégiques mais qu’aujourd’hui il n’y a pas grand monde car une grande majorité a fait le pont à cause des jours de congés, en l’honneur du roi. Elle semble ennuyée pour moi et essaie de trouver une solution alors qu’elle doit aller chercher du monde qui arrive de France. Je la rassure en lui disant qu’il n’y a pas de problèmes et la remercie pour sa gentillesse. En prenant congé d’elle, je constate, à l’autre bout de la route, que le CICR est toujours fermé. Je quitterais le Cambodge sans avoir pu visiter un atelier d’orthopédie, tant pis, une autre fois !

Je m’engouffre dans un internet café, que j’avais repéré deux jours plus tôt, qui est plus rapide qu’à l’hôtel et deux fois moins cher. Il est 0835 quand je m’installe derrière un des écrans, pour envoyer mon texte à Patrik. Une fois envoyé, j’essaie d’avancer un peu mon site internet. Mon PC plante alors je me déplace un rang derrière et je découvre Patrik, qui est visiblement concentré sur un texte. Le mien ! Il me fait remarquer qu’il aime bien l’allusion « on peut étudier l’ostéologie sur son frêle corps », il trouve que ça veut tout dire. Visiblement, tous les PC commencent à planter. En faite c’est la connexion. Patrik perd patience et s’inquiète car il avait du boulot à faire sur son site et se demande si il va devoir descendre une fois par semaine à Phnom Penh, la capitale ! Il ferme son portable, le range dans sa housse et m’invite à manger un petit quelque chose.

0930, nous dégustons du porc grillé et du riz. On s’y fait, de manger ce genre d’aliments à cette heure-ci. Moi qui ne déjeune même pas. En faite, comme je l’ai déjà dit, ils mangent souvent et à toutes heures, mais de petites portions. Après ce bon repas, nous nous quittons, encore une fois, en nous nous souhaitons tout de bon. Je contourne le Psar Nat, car j’y ai repéré un bancomat et il faut que je retire un peu de liquidité, car je n’ai plus rien. Me revoilà à l’internet café, le patron me dit que le problème est réglé. Je vais y passer 3 heures. Alors que je veux régler mon temps de connexion, le patron voit ma coupure de 20 dollars, car je n’ai pas pu obtenir de plus petites coupure et m’invite à payer la prochaine fois. Je lui explique que je pars demain et il sourit l’air de dire : - A demain alors !

A 1900, Séb, Sarah et Natha partent souper à trois, toujours sur une moto et sans casque ! Encore une fois le souper était une réussite. Le serveur était un jeune garçon âgé de 10-12ans. Il prenait son travail très au sérieux et l’effectuait avec beaucoup de professionnalisme. Il ne manquait pas de vous corriger si vous prononciez un mot dans un mauvais anglais. Celui-ci va faire du chemin !

Des gens, dans la rue, attendent de voir si vous terminez votre assiette et si ça n’est pas le cas, ils viennent avec un petit sachet en plastique pour prendre vos restes. Le petit patron vous demande si vous êtes d’accord et si vous voulez emporter vos restes vous le pouvez aussi ! Les adultes respectent ses ordres. A savoir, ne pas déranger le client et attendre qu’il ait fini de manger.

Cette fois-ci, devant l’hôtel, nous nous faisons nos adieux.

 

Samedi 19 mai 2007 – Départ du Cambodge pour Bangkok


A 0700, je suis déjà à la réception pour payer mes nuitées, mes repas, le pressing et mon billet de bus avec « Capitol », pour Bangkok. Le départ est prévu à 1200 de la station de bus Capitol. Je m’en vais pour l’internet café afin de payer ma facture de la veille et surfer un moment.

A cette heure-ci c’est l’idéal, le réseau est moins surchargé. Au fond de la salle Patrik est déjà installé devant son portable. Un quart d’heure plus tard, Séb et Sarah sont également là, la Suisse est au complet. Theavy arrive elle aussi, avec quelques petites victuailles car elle connait Patrik, quand il est là, il en a pour un bon moment.

Je m’en vais la première, car ils ont tous du boulot sur leur site internet. Le mien attendra mon retour en Suisse. Cette fois, c’est la bonne, dans moins d’une heure je vais devoir me rendre à la station de bus et quitter cette magnifique région. Pour la première fois, je m’évade avec Enya sur les oreilles, pour ma dernière circulation dans les rues de Battambang. Elle m’accompagnait chaque fois, le soir avant de m’endormir, lors de trajets en avion ou en bus depuis la frontière Thaïlandaise jusqu’à Bangkok. Assise pour un instant, le long de la rivière, Stung Stangker, je savoure ces derniers instants à Battambang, au Cambodge. Je regarde cette grande fourmilière, toutes ses petites ouvrières qui courent à droite et à gauche et qui klaxonnent à tout vent ! L’odeur du jasmin vient chatouiller mes narines. En retournant à l’hôtel, tous mes sens sont en ébullition. Comme si ils devaient emmagasiner un maximum d’odeurs, d’images. Une jeune femme prépare du curry, un peu plus loin un porc grillé, là du riz et là l’odeur du Jaque… A la hauteur du marché, des relents de déchets pourrissant sous la chaleur. Des odeurs d’épices, de moisi, de poisson, d’humidité. Non loin de l’hôtel, je revois ce jeune garçon, d’à peine 9 ans, sniffant de la colle dans un sachet en plastique. Il est déjà complètement allumé ! Il parait que les jeunes enfants vivant dans la rue se choutes à la colle. La drogue du pauvre ! Si vous lui donner de l’argent, il n’ira même pas s’acheter à manger, il ira s’acheter de la colle… Dans son regard il n’y a plus cette petite lueur qu’ont les enfants de son âge.

1130, je me rends à pied à la station, elle se trouve à 200 mètres. Le bus arrive à midi et nous le chargeons de nos sacs. A la craie, le responsable bagage, inscrit un le numéro de mon siège sur mon sac.

Le voyage jusqu’à Poipet s’est bien passé. A 57 km de la ville on a failli avoir un accident, une vache se prélassait au milieu de la route. On découvre que la campagne, les rizières sont bien inondées. Par endroit l’eau à atteint la cime des arbres et même les maisons montées sur pilotis. Le fils du chauffeur, installé à côté de moi, s’est endormi sur moi, je n’ose plus bouger de peur de le réveiller. Nous arrivons à Poipet, il faut débarquer à la frontière. Pour ceux qui ont payé jusqu’à Bangkok, un badge nous est délivré afin de le présenter à la compagnie se trouvant de l’autre côté de la frontière. Après avoir présenté son passeport, il faut faire environ 200m à pied pour rejoindre le contrôle passeport Thaïlandais. Je rejoins le parking où se trouve le départ de tous les bus. Pendant plus d’une heure, nous attendons, à l’ombre des palmiers, les éventuels retardataires.

L’arrivée à Bangkok s’est faite aux alentours des 20 heures. A Battambang, lors de mon dernier jour, j’ai consulté le net pour trouver un endroit où dormir et pas trop cher, à mon arrivée à Bangkok. J’avais retenu la guesthouse « A ONE INN ». Non loin, du magasin MBK et du complexe de cinéma. Là, où quand vous levez les yeux au ciel, vous ne voyez que des artères de voies pour le métro aérien. Un couple de français monte avec moi dans le taxi et nous commençons à marchander le prix du transport. Notre chauffeur essaie de nous voler, on lui demande d’enclencher le tachymètre mais il refuse, alors nous descendons et partons avec un autre taxi. A 2200, nous faisons à pied toute la rue où se trouve la guesthouse « A ONE INN » qui malheureusement est complète, comme toutes celles de la rue. N’en pouvons plus nous acceptons la pension où la chambre simple me revient à 630 bahts. A 2230, je me promène dans les rues adjacentes pour trouver quelque chose à manger. Depuis 10 heures ce matin, je n’ai ni bu, ni mangé. Pratiquement tous les stands le long de la route sont fermés, les restaurants avec filles de joies et bière à gogo battent leur plein. En revenant à ma pension, j’ai entendu des cris, provenant du stand où des chauffeurs de tuk tuk faisaient la pause et jouaient aux cartes. Etant obligée de passer devant, je fais attention, je ne voudrais pas être prise dans une bagarre. Des chauffeurs de tuk tuk étaient en train de gifler un autre chauffeur, qui avait un look de garçon manqué mais c’était une fille. Les gifles étaient de plus en plus forts, elles ne se laissaient pas faire et leur riait au nez. Ils se sont acharnés, coups de poings, coups de pieds et coups de poings. Ils nous l’ont faite à la boxe Thaï. Elle restait stoïque et très fière. Je me faisais violence pour ne pas intervenir, car dans ces pays, on ne sait ce qu’il peut vous arriver. De plus ils avaient tous l’air sous l’influence de l’alcool et elle aussi.

Leur fierté de mâle était définitivement touchée, ils se sont donc jetés à trois sur elle, en la bousculant violemment, elle est tombée au sol et là ils l’ont rouée de coups de pieds… Elle s’est relevée a rigolé très fort, l’un d’eux à voulu à nouveau levé la main sur elle, mais les autres sont arrivés derrière lui pour le retenir et l’emmener plus loin. Un peu plus loin, j’ai reconnu, cette femme. C’est celle qui trainait devant ma pension et quand elle m’a vu, elle a hurlé et fait de grosses grimaces… 

A 2300 je mange enfin, au restaurant de ma pension, une soupe Thaïlandaise.

 

 

 

 

Dimanche 20 mai 2007


Bangkok ou «  La Cité des anges » 560km2, plus de 6 millions d’habitants, est une ville dense et animée qui ne laissera pas le voyageur indifférent. Au bruit assourdissant, à la pollution et à la chaleur s’ajoute parfois le désagrément d’une inondation. Malgré la foule, les gratte-ciel et les autoroutes à douze voies, vous dénicherez de petits villages aux ruelles étroites, où règne la véritable identité thaïlandaise.

A 0715, j’arpentais déjà les rues à la recherche d’un endroit pour faire de la monnaie. D’une part il était trop tôt et ensuite, nous étions dimanche. Je devais payer ma deuxième nuit tout de suite si je voulais conserver ma chambre. Un peu plus loin, j’ai trouvé un bancomat qui  a accepté les cartes visa et j’y ai retiré du liquide.

A l’ouverture des guichets, j’ai profité d’acheter une carte journalière pour le métro aérien, le Skytrain, car je comptais me rendre au marché du w-end de Chatuchak. Il se situe au nord de la ville, près du parc Chatuchak et du terminal Nord des bus. La station Moh Chit du Skytrain se trouve presque en face du marché. Il y a deux ans, j’ai voyagé en Thaïlande, dont à Bangkok, mais je n’avais pas visité le marché du w-end.

Pfff… pfff… j’ai traversé la passerelle qui surplombe la route et tout en avançant j’ai découvert le marché du w-end ! Monstrueux, gigantesque, impressionnant ! Je suis restée quatre heures dans ce monumental marché, il parait qu’il faut prévoir une journée complète. Personnellement 4 heures c’était déjà bien assez !

15'000 étals attirent 200'000 visiteurs chaque samedi et dimanche. On y vend de tout, des poulets aux serpents vivants en passant par les pipes à opium et les herbes médicinales. Des vêtements traditionnels, des instruments de musique, de l’artisanat des tribus montagnardes, des amulettes religieuses, des fleurs, du matériel de camping et des surplus américains. Les prix de la vaisselle et les ustensiles de cuisine sont imbattables. Deux banques, DHL pour expédier vos achats, meubles… Vers les 12 heurs, j’ai quitté les lieux et je suis allée me réfugier dans le Skytrain qui était un vrai frigo comparé à l’air extérieur. J’ai fait toute une ligne comme ça et parfois je m’arrêtais, descendais pour faire quelques photos de la ville. Comprenez que j’avais déjà visiter Bangkok, bien que j’étais loin d’avoir tout visiter, j’étais fatiguée de mon voyage, je n’allais donc pas faire de grandes prouesses pour mes 2jours et demi à Bangkok. Je suis descendue au terminus, Saphan Taksin, pour me pauser un moment le long du fleuve, Mae Nam Chao Phraya et regarder cette impressionnante circulation fluviale. J’ai repris ma trame, jusqu’à Siam Square où j’ai changé de train pour prendre la trame qui m’emmenait au Monument de la Victoire. Pour terminer, dans la direction opposée, au magasin MBK où j’ai flâné pendant 2 heures, puis j’en ai profité pour manger un morceau à 1630, enfin !

A 1730 j’étais de retour à la pension avec deux chemises et un jeans dans les cabas. Epuisée, je suis allée me manger un riz et du bœuf au rez-de- chaussée, pour aller me coucher le plus vite possible.

 

 

 

 

 

Lundi 21 mai 2007- Dernier jour et départ pour Genève

 

 

Dernière journée, la plus longue de ma vie ! Mon avion quitte Bangkok à 2355.

 

Levée à 0800 et à 0830 je suis déjà dans le Skytrain, en direction du nord de Siam Square, pour le Pantip Plaza. Magasin spécialisé dans le matériel informatique et les logiciels. J’avais envie de voir ce qu’il faisait dans les portables Sony et si les prix en valaient la peine. Arrivée devant porte close, car le magasin ouvrait à 0930, je me suis engouffrée dans le café d’à côté pour attendre l’ouverture. J’ai profité de déjeuner un peu et de lire mon guide sur la Thaïlande. Ce magasin est vraiment pour les férus d’informatique, qui cherchent des pièces ou logiciels, par contre pour acheter un PC, par rapport à la Suisse, ça ne vaut pas la peine, de plus le clavier ne sera pas adapté. La plupart des PC viennent des USA.

Comme je suis déjà habillée pour mon retour en Suisse, à savoir un pantalon, des chaussures fermées et une chemise, je voyage dans le Skytrain et me promène dans les magasins pour fuir la chaleur écrasante. La pension a bien voulu garder mon sac de voyage jusqu’à ce soir, moyennant quelques baths.

De retour au MBK, j’ai décidé de me faire du bien et d’aller chez le coiffeur, l’oréal. L’occasion de faire quelque chose pour mes cheveux et de prendre soins de moi. J’ai pu me reposer un moment et me détendre. Au résultat, j’avais une jolie coupe, pas cher, deux fois moins qu’en Suisse et l’heure avait tourné !

De 1600 à 1900, j’ai bouquiné dans le salon à la pension en attendant mon départ. A 1900, le taxi qui m’était attitré, c’était présenté à la réception et m’a emmené au nouvel aéroport de Bangkok. Nous avons effectué le trajet en 45 minutes pour 120 bahts au compteur. La réception m’avait averti que le trajet me reviendrait à 400 bahts. J’ai effectivement dû payer 400 bahts, dû à la distance, des péages et que nous sommes sortis de la ville.

2045 check in. 2355 départ du vol Lufthansa. Pendant tout le trajet, j’ai eu un monstre derrière moi. Il n’a pas cessé de secouer le siège, de donner des coups dans le dossier, infernal ! C’était un adulte !

Mardi 22 mai 2007,  à 0600, mon avion se pose à Frankfurt et à 0925 mon vol pour Genève quittera l’Allemagne. Quand le bus nous a amené sur le tarmac afin de monter dans l’avion en direction de Genève, les gens étaient complètement stressés. On aurait dit des chevaux de courses avec leurs œillères sur les yeux. J’étais encor imprégnée des sourires cambodgiens, alors je souriais. Certain vous regarde, comme si il vous manque une case et d’autres pensent que vous dragués ! Bienvenue chez nous !

A l’ouverture des portes automatiques du bus, les gens se sont précipités dans l’avion. J’ai dû louper un truc ?! Y a-t’il un concours ? Le premier arrivé à l’avion à le droit à une place en 1ère classe ? Bousculade dans le couloir de l’avion… Je regarde mon billet, non, les places sont belles et bien numérotées ! Un costard cravate me bouscule, m’envoie son attaché case dans le genou pour vite aller s’asseoir. Voyant qu’il s’installe dans ma rangée, côté couloir, je le laisse s’installer, s’asseoir, puis je me présente à sa hauteur, en lui montrant que ma place est côté hublot… Nous avons l’art de stresser pour pas grand chose !

Voilà, mon aventure se termine ici, j’espère que vous avez eu autant de plaisir que moi, à vous la conter. Excusez si des fautes ont échappés à ma vigilance et à l’année prochaine, pour d’autres aventures !

 

 

Lanath

 

 

L’eau qui goutte sans cesse                                                                                                                           
Remplira les quatre océans.                                                              

Des particules de poussière qui ne sont pas ôtées                                                                                     
Deviendront les cinq montagnes.                                                                   

Wang Ming

 

 

Se sont les gouttes d’eau qui font les océans !