Un tout petit peu de géo et d'histoire pour présenter le Laos.
Le Laos, république populaire du Lao, est un pays entouré par la Birmanie, la Thaîlande, le Cambodge, le Vietnam et la république populaire de Chine. Il fait presque penser à la Suisse. Petit pays au milieu de tant d'autres... La Suisse s'étire en largeur, par contre le Laos, dans la longueur.
Pour une superficie totale de 236'800 km2 pour environ 6'000'000 d'habitants. Environ 24 hab. au km2.
Vers le 12ème, l'arrivée des populations Thaï arrivant du sud de la Chine. En 1333 est fondé le Lan Xang, pays du millon d'éléphants. En 1550 Vientiane devient la capitale. Dans l'ère du 18ème, le pays se morcelle, les provinces passent sous la domination birmane, chinoise ou, en 1798, siamoise. Vientiane est prise par le royaume siamois.
Le royaume siamois (Thailande) contrôlera le pays jusqu'au 19ème. En 1902, 1904, un traité est signé, reconnaissant le protectorat français. Le 19 juillet 1949 le Laos se libère du protectorat français.
Les traits en noir sont les déplacements en avion et ceux en bleu sont les déplacements en bus ou bateau.
Les villes entourées sont celles où je m' arrêterais quelques jours afin de visiter les alentours.
Départ lundi 5 mai 2008 - Bonne fête maman !
Genève-Paris Charles-De-Gaulle
1530 - 1640
Attention, Air France n'enregistre pas les bagages 24 heures à l'avance mais 12 heures à l'avance, en tout cas pour la Thaïland. J'en fait l'expérience dimanche soir. J'ai tranquilement installé mon sac de voyage sur mon scooter et me suis rendue à l'aéroport de Genève, vers les 1800. De plus pour la France il faut d'abord passer aux passeports et si on vous annonce qu'il faut revenir le lendemain, vous êtes bon pour faire tout le tour, comme si vous descendiez d'un avion.... Très pratique !
Air France s'arrache du tarmac genevois à 1535 pour environ 45 minutes de vol. J'ai même pas réalisé que je m'étais endormie depuis mon entrée dans l'avion, jusqu' au décollage... Une fatigue que je traîne depuis plusieurs mois, suite à cette préparation du Duathlon des Evaux !
En arrivant sur Paris, la campagne ressemblait à un immense "Mandala tibétain". Du jaune, sans doute les champs de colsa, du vert, pour les pâturages et forêts, du brun pour les champs déjà labourrés et soudain Paris... La Seine et ses multiples ponts qui l'enjambent. L'avion effectue un large virage, ce qui nous permet d'apercevoir Montparnasse, un peu plus loin, seule, isolée mais du force de fer, la Tour Eiffel. Les ronds-points vu d'avion font penser aux grandes roues des fêtes forraines. On volait si bas, que l'on pouvait observer une planque de la "Gendarmerie Nationale" juste après un virage avec un panier à salade... Appelez ONE FM pour les avertir !!
Je crois que c'est la première fois que je survol Paris avec le soleil, aussi je peux l'admirer et constater sa grandeur ! Une vraie fourmillière !
Départ lundi 5 mai 2008 - Bonne fête maman
Paris Charles-De-Gaulle - Bangkok
2120 - 1145
L'aéroport de Charles-de-Gaulle est immense, une mini-ville. Un train nous amène au satelite 2E, étant arrivée au 2F (Suisse et Schengen). A l'embarcadère on peut charger son natel, son PC ou même aller sur internet.
Une petite vietnamienne, d'un âge certain, était perdue dans cette immense aéroport et ne parlait ou que très peu, le français. Voyant, sur son billet qu'elle prend le même avion que moi, sauf qu'elle continuera sur Hochi Min, je lui indique le chemin et l'attend afin qu'elle ne se perde pas, car malgrès mes instructions, je comprends qu'elle n'a pas compris. Une fois arrivée à bon port, ma petite vietnamienne, continue à me suivre et je lui explique que je vais traîner mes baskets dans les boutiques histoire de faire passer le temps. Elle ne semble pas rassurée alors je l'accompagne jusqu'au salon tout en lui montrant l'écran du départ.
1930, l'avion décolle. C'est le grand luxe, chaque siège à son écran où l'on peut choisir différentes fonctions. Les jeux, la musique, les Films, les séries TV ou TV, la boutique et la situation de notre vol.
Je me suis faite une overdose de films.
27 robes avec Katherine Heigl - Eduard Burns
Jumper avec Hayden Christensen - Samuel L.Jakson
Le rêve de Cassandra avec Colin Farell (pas vu en entier)
La guerre selon Charlie Wilson avec Tom Hanks - Jullia Roberts (pas vu en entier)
Astérix aux JO (pas vu en entier)
Le vol c'est bien passé, j'avais juste un voisin qui sentait un peu beaucoup la transpiration et des pieds.
Arrivée mardi 6 mai 2008 à Bangkok à 1145, 35° et nuageux.
Nuageux de pollution ou est-ce d'authentiques nuages... Après 2 heures dans la ville, les yeux et les bronches brûlents malgrès les lunettes, la casquette et le krama cambodgien pour protéger mes voies respiratoires, surtout en Tuk Tuk.
Une fois débarassée de mes sacs à la guesthouse, je me suis rendue au Vat Phom où se trouve le plus grand Bouddha allongé ! Je ne l'avais pas encore vu et pourtant ça n'est pas la première fois que je passe par Bangkok et m'y arrête. Un petit crochet par le Palais Royal, puis une petite balade, à pieds, dans les environs pour terminer ma route dans la fraîcheur du centre commercial, MBK.
Là-bas, j'avais une mission. Regarder à combien revenait la DS de couleur pink. Avis aux amateurs ça ne vaut pas la peine, elle coûte environ 5`000 baths suivant la couleur, ce qui fait dans les 250.- J'ai profité quelques heures de la climatisation de ce centre et pour manger tout en consultant mes mails. La jeunesse Thaì est leur natel ! C'est quelque chose, à mon avis la future génération aura la greffe du natel !
2000 au dodo car demain je me lève pour prendre l'avion direction le Laos et je dois y être deux heures avant le départ de l'avion. Ma réservation a été faite via internet et payée à l'avance avec Visa card.
Départ mercredi 7 mai 2008 pour le Laos - Bonne fête Pil !
Bangkok - Luang Prabang (Nord du Laos) avec Bangkok air line
1240 - 1440
Levée à 0830 avec une nuit très mouvementée de peur de ne pas me réveiller. La ruelle où je suis est déjà en pleine activité, depuis de nombreuses heures. Les petits restos ou cuisines sur le pouce sont déjà installées et les Thaî y sont attablés. Ils mangent des soupes de nouilles, d'autres du riz avec un peu de boeuf grillé, quand aux touristes, ils émergent gentiment, pour ceux qui sont déjà debout et mangent, boivent, café-croissants.
En asie vous verrez souvent se genre de petits restos installés en bord de route, car l'asiatique commence la journée très tôt (4-5 heures) et la termine tard. La plupart d'entre eux ne rentrent pas chez eux pour se restaurer et ils mangent sainement de petits plats. Pas comme chez nous, des sandwitches, kébabs, MC donald ect...
L'avion est un petit avion à hélice et quand je vois en grande lettre "Siem Reap" inscrit sur la queue de l'avion je m'inquiète et j' interroge une des charmantes hôtesse Thaî afin de m'assurer que l'avion se rend bien au Laos à Luang Praban. Ouf ! Oui!
Deux heures plus tard, nous attérissons au Laos, au Nord, à Luang Praban.
Waouhhhh ! Désolée mais je ne peux que dire ça pour le moment !
La piste d'atterissage se trouve entre plusieurs collines et tout autour n'est que forêts, montagnes, jungle et petits village. Sans oublié ce long vers qui prend sa source d'eau au plateau glacial Tibétain, sur l'Himalaya, qui traverse la Chine, le Myanmar, le Laos, la Thaîlande, le Cambodge et le Vietnam pour enfin se jeter dans la mer de Chine méridionnale en passant par le delta large du sud de HCM ville.
Les gens sont accueillants, un peu comme au Cambodge, peut-être même plus. Ils harcèlents moins ! Une fois mes bagages déposés à la guesthouse Oudomphone, j'ai fait un petit tour à pieds dans cette mini-ville de 26'000 habitants. Il faut savoir que la province de Luang Prabang possède l'un des paysages les plus divers de la région. A l'ouest, le Mékong traverse une jungle épaisse entre des berges sablonneuses. Dans le sud de la province, d'imposants massifs se dressent au nord de Vientiane, tandis que la Nam Ou coule vers le nord à partir de la ville de Luang Prabang, encadrée d'abruptes falaises karstiques. A l'est, le paysage se transforme en douces collines mordorées. Fleurs nacrées des frangipaniers au parfum entêtant, floraison écarlate des arbres qui longent les berges, robes safran des centaines de moines et de novices, vats resplendissants de tons rouges et or.
Luang Prabang est vraiment jolie et on sent que le peuple vit en harmonie avec la terre et le Mékong. Ils sont paisibles.
Sur le coup des 1700, la faim m'appelant à l'aide, j'ai opté pour un petit resto au bord du Mékong. Ils ont fixés des immense balcons en bois, sur le bord de la digue, longeant le Mékong, ombragés par des palmiers,ce qu'il fait que l'on a une vue imprenable sur le Mékong. J'ai opté pour un riz curry laotien avec légumes. Il y a de délicieux Milk sake banane, coco, manga etc...
Quel silence, seul le vent qui souffle dans les palmes, les cuis, cuis, de poussins passant par là avec leur mère, le miaou, d'un jeune chaton ignorant totalement les poussins.... De nouveaux bruits, de nouvelles couleurs, de nouvelles odeurs et le soir des étoiles... C'est comme si on retrouvait ses sens! Toutes ces petites choses que l'on perd dans les grandes villes...
Jeudi 8 mai 2008 à Luang Prabang
Après une nuit un peu agitée entre la guerre déclarée aux moustiques, la chaleur et même le ventilo qui par moment me donnait froid... Les FA18 ne vont pas me frôler les oreilles bien longtemps. J'ai perdu une bataille mais pas la guerre...
Le lendemain, j'ai découvert une moustiquaire dans un coin de la chambre, je l'ai donc accrochée au-dessus de mon grand lit et ma couche c'est soudain transformée en un conte de fée... Puisque du coup je me retrouvais avec un lit à baldaquin ! Les kamikazes n'ont cas bien se tenir pour la nuit prochaine....
Aujourd'hui, j'ai décidé de monter au Phu Si. On pourrait l'appeler le mont Phu Si. Le sommet offre certes une vue splendide sur toute la ville et quelques Bouddhas ainsi que temples abandonnés. Au sommet, autour et redescendant vous découvrirez ces différents temples et surtout celui qui est visible de partout en ville avec sa coupole dorée, haut de 24m. Bâti en 1804 et restauré en 1914. A part la vue, rien de bien extraordinaire, il vaux mieux vous y rendre, pour que votre souffrance en vaille la peine, lorsque le temps est au beau fixe. Avec un ciel bleu si possible et non blanc, pour vos photos. Bien entendu tôt le matin ou vers la fin de l'après-midi, muni d'une bouteille d'eau, serait plus judicieux.... (36° à 0800).
Une fois arrivée sur l'autre versant, j'en ai profité pour visiter l'autre côté de la ville, puis, je suis rentrée en longeant le Mékong. Des enfants jouaient dans l'eau pendant que les plus grands lançaient des filets de pêche au large.
Comme je vous l'ai dit, tout le long du Mékong, au bord de la digue, des restaurants se sont installés. Quelle vue magnifique ! Comme si vous étiez installé sur votre balcon, entourés de palmiers et en contre-bas, le Mékong qui n'en fini pas de s'étirer. C'est apaisant !
A nouveau, puisque le soir je mange plutôt dans la rue, j' opte pour un de ces restaurants afin de manger un peu mais surtout de m' hydrater et profiter du spectacle. Cette fois je vais prendre un plat végétarien façon Lao. Un plat avec des légumes de chez eux. D'après ce que j'ai compris, les spécialités laotiennes sont très piquantes. Se sont des adeptes de piment et de viande façon barbecue. Une fois repue, j'ai continué ma route le long du Mékong et je me suis faite alpaguer par des Tuks-Tuks. Tous me proposaient une excursion dans les coins les plus primés de la région. Comme, Pak Ou Cave, Waterfall avec ses magnifiques lagons, un trek à dos d'éléphants, puis viennent les tarifs et le marchandage... Evitez de vous déplacer seul dans ces endroits où de nombreuses personnes s'y rendent, car vous payerez toujours le prix fort. A moins de louer un vélo où une moto et de vous y rendre par vos propres moyens.
A ce jour, il n'y a plus de locations de moto car trop d'accidents et même pour les vélos, seuls, certaines guesthouse et Tour opérateur vous en loueront à la condition que vous ne sortez pas de la ville. La police auraient donnés des ordres bien précis, à savoir, plus de locations pour les touristes.... Attention aux contrôles!
Finalement pour 150'000 kips, j'ai pu me rendre en bateau, sur la jetée d'en face, pour visiter 2-3 temples abandonnés. Une personne vous attend quand même, malgré sa longue sieste et l'abandon total de l'endroit, pour vous encaisser 7'000 kips. Vous pourrez en profiter pour regarder comment vivent les villageois du coin, en pleine végétation, tout en restant discret, en respectant leur intimité, car vous êtes chez eux et les touristes se font rares de ce côté là.
Dans le prix est compris mon voyage pour les cascades et lagons. Une heure plus tard, je suis installée à l'avant d'un Tuk Tuk, à côté d'un jeune chauffeur et nous avons papoter tant bien que mal, en anglais. Nous avons également beaucoup ri. Son vieux, très vieux, Tuk Tuk, vient de Thaîlande et sa famille a payé cet engin, d'occasion, 5'000 $US. Une énorme somme pour lui et sa famille et encore plus vu l'état pitoyable du véhicule. Chez nous il irait directement à la démolition et ne pourrait circuler... Sur le retour, il s'est mi à pleuvoir. Son Tuk Tuk n'avait qu'un seul essuie-glace, minuscule qui fonctionnait très lentement et tremblotait. On ne voyait rien ! L'eau rentrait vers les connections électriques du volant et bien entendu, du contact ...
Il n'arrêtait pas de lever la jambe pour ne pas être trempé. La buée s'y est mise. J'avais beau lui essuyer le pare-brise au fur est à mesure. Son minuscule essuie-glace a finalement rendu l'âme. D'une main, il conduisait et de l'autre, manuellement, il bougeait le balai ! Pendant un temps, j'ai pris le relais. Sur une heure de route nous avons essuyé 30 mn de pluie diluvienne. On était à une roue d'écraser 2 chiens et de se prendre un buffle.
Les cascades étaient magnifiques ainsi que ses lagons. Je vous explique pas ma souffrance ! Dès que je vois un peu d'eau j'ai envie de m'y baigner, mais là, je n'avais pas de tenue adéquate. J'ai hésité à m'y baigner, en slip et soutien-gorge ou complètement habillée, avec mon bermuda et t-shirt, mais par respect je ne l'ai pas fait. Je vous rassure il n'y a que des touristes en maillot de bain ou bikini pour certaine. Pas les indigènes, bien entendu !
L'entrée est de 20'000 kips.
Je me suis alors concentrée sur la photographie et j’ai tenté diverses prises de vues, dans l’ensemble je suis contente du résultat. Parfois, il a fallu que je me cache dans la végétation pour avoir des angles bien précis et éviter d’avoir des photos blanches (ciel blanc et eau) ! J’ai joué avec les éléments naturels.
Ayant peur que le Tuk Tuk et les cinq autres personnes attendent sur moi, je me suis rendue tout en haut de la cascade, par le sentier, dans la forêt. Résultat, mes amerloques faisaient encore baignade et j’ai attendu plus d’une heure qu’ils reviennent, pendant que notre chauffeur jouait au billard avec les autres Moto Dup.
Des enfants sont vite venu m’entourer lorsqu’ils ont vu que je prenais des photos. Comme à l’accoutumée, ils rigolaient et se moquaient des un-et des autres en se découvrant sur l’écran de mon appareil. Je n’ai pas dérogé à mes habitudes, j’ai distribué des ballons jaunes « Athéticum », ce qu’il restait du Duathlon des Evaux 1ère édition, et une partie de balle a commencé entre eux et moi. Une maman montrait à son fils de 2 ans comment faire. Il restait là, les yeux au ciel, à fixer cette grande boule jaune dans le ciel, tout émerveillé.
Comment un véhicule, notamment un camion, dans ce cas précis, annonce qu’il est en panne, sans triangle de panne bien entendu ?
Le chauffeur disperse sur la route, depuis l’arrière de son camion, sur une longueur de 10m environ, des branches qu’il a, au préalable. Nous en avons croisé un sur la route à l’aller et au retour, 3 heures plus tard, il était toujours là mais un autre camion lui portait secours.
Waouhh ! Un magnifique couché de soleil sur le marché du soir ! Ce rouge, tirant sur le rose, au travers les feuilles de palmiers. Quel magnifique spectacle, digne des films hyper "Rome en Toc" !
Quand je pense que je suis dans un des pays les plus pauvres au monde et que son marché est magique. L’horrible marché de Plainpalais devrait prendre exemple, il me fait du reste honte. Désolée mais je suis honnête et dans un pays comme le notre, oser, exposer un tel marché, je trouve ça honteux ! Il ne donne même pas envie d’y aller.
Chaque petits exposants à une tente et toutes, sont rouges. Ils sont bien alignés, rien ne déborde, les étalages sont beaux à regarder. C’est homogène. En un coup d’œil, on voit tout et toute la marchandise est belle, artisanat ou pas. Même les câbles qu’ils doivent tirer, jusqu’au système fabriqué pour allumer une ampoule se trouvant soit au sommet de la tente, soit sur un support en bois, ce qui donne une petite lampe de chevet est fait proprement.
Je profite de cette balade pour souper, en mangeant au stand se trouvant en bord de route près du marché. Une belle grosse grillade, normale, peut-être du chien, ça on ne peut le savoir, avec un peu de riz, pour 20'000 kips.
Vendredi 9 mai 2008 à Luang Prabang
Ce matin, alors que je me promenais dans la rue du marché du soir, mon Tuk Tuk de la veille me croise, me reconnais et s’arrête. La veille je ne suis finalement jamais partie avec lui, car beaucoup trop cher. Ce matin, il tente une deuxième offensive… Je ne suis pas très en train à marchander, il ne lui faut donc pas longtemps pour me faire céder à 150'000 kips (1.- c’est 8177 kips). Sachez que c’est cher, même si il m’a transporté seule. Ne comparez jamais aux prix de chez nous, vous devez comparer au coût de la vie du pays. Si jamais, marchandez plus bas, si vous êtes seul ou regardez avec un autre, il y en a dans toute la rue et si vous êtes plusieurs vous arriverez à obtenir un joli prix.
Les fameuses grottes de Pak Ou se situent à l’embouchure de Nam Ou, à 25km de Luang Prabang par bateau le long du Mékong. Dans la partie inférieure d’une falaise calcaire qui fait face à la rivière, les deux grottes sont remplies d’effigies du Bouddha de tous les styles et de toutes les tailles. Beaucoup d’enfants vous attendent, le long des escaliers qui montent à gauche, vers la grotte supérieure. Tous, ont des petits oiseaux, dans des cages en osier. Les oiseaux des vœux, comme je les surnomme. Vous payez pour les libérer de leur cage, tout en faisant un vœu. On dit qu’il se réalisera, seulement si l’oiseau n’est pas repris, le problème c’est qu’ils ne vont jamais bien loin, comme si ils étaient dressés pour revenir dans leurs cages « d’orées » !
Les enfants vous voudront encore des petites choses, comme des boissons, des morceaux de fruits ou vous réclameront des $US. J’ai distribué mes ballons « Athléticum » et fais quelques belles photos. L’un d’eux n’arrivait pas à souffler dans son ballon et il m’a sauté dessus, par derrière et m’a collé son ballon mâchouillé dans la bouche ! J’espère qu’il est en bonne santé ! Pas d’hépatite ou de Tutu (tuberculose) ?! ça n’est pas être parano, il faut être conscient que ce genre d’enfants, malheureusement, sont très souvent atteins de se genre de maladie…
Le petit vieux qui m’a fait traverser la rivière sur sa petite barque à moteur, m’a réclamé 20'000 kips (2.-). Il a rempli son réservoir à l’aide d’une petite bouteille de 500 ml, dans laquelle il stockait un peu d’essence et nous avons démarré.
Mon chauffeur Tuk Tuk m’attendait de l’autre côté de la rive et nous sommes rentrés. La route est très abimée pour accéder au village se trouvant non loin des grottes. Par contre, vous pourrez profiter d’un magnifique paysage. Du Mékong, aux plaines de rizières, aux montagnes, aux forêts ou jungle. Se sont à chaque fois des vues différentes mais elles sont toutes tellement belles… ça fait tellement de bien de pouvoir regarder à perte de vue sans avoir un bâtiment gris ou un obstacle…
Samedi 10 mai 2008 - Bonne fête Cédric !
Luang Praban - Vientiane par avion avec Lao Airline 1855-1940
Ce matin j'ai décidé de me laisser dormir, mais c'est au petit matin, qu'un orage a décidé d' éclater. J'adore dormir avec le bruit de la pluie mais pas trop sur des toits en tôle, le bruit est totalement différent. Je me demandais surtout si mon vol allait être annulé avec ces petits avion à hélice... Ma réponse arriva rapidement quand j'entendis le bruit du moteur d'un avion au-dessus de moi...
J'ai réussi à dormir une heure de plus que d'habitude, soit jusqu'à 0800, j'ai bu mon café et mangé une mini banane (banane Laotienne-Cambodgienne), gentiment offert par la guesthouse devant la maison, tout en regardant les enfants du coin s'amuser.
Ah, oui, nous sommes samedi, il y a pas école. Vélos, tricycles, ballons, scooters, cris d'enfants se courant après, chantier en construction, pour une future guesthouse et au loin, le tube "No,no,no" de Amy Winehouse... Tout le monde chantait dans la cour "No, no, no" ! Je ne m'attendais pas à entendre ce tube ici.
Aujourd'hui j'ai décidé d'aller au café internet, histoire de mettre à jour mon journal, car je sais que si je laisse passer les jours après c'est beaucoup plus dur de les rattraper.... J'ai dû laisser tomber, 10 minutes plus tard ma vue se troublait, je ne voyais plus correctement. Pendant un temps j'ai agrandi l'écriture mais rien n'y fit. Je jetais un oeil par dessus mon épaule pour regarder la rue et tout semblait normal. De plus en plus ma vue déclinait, s'était très bizarre et stressant en même temps. J'ai donc arrêté d'écrire. A ce moment là, je voyais comme si je regardais à travers la serrure d'une porte. Pas de vertige mais mon oeil gauche, plus atteind, ne voyait pas ce qui se passait sur les côtés. J'ai bougé mon bras de côté et mon oeil ne remarquait rien, le bras monté à moins de 180° sur le côté, se trouvait dans le noir. Bizarre !
En chemin je me suis achetée une brochette de poulet et à boire que j'ai dégusté à la guesthouse. Il m'a fallu plus de deux heures pour retrouver ma vue d'origine.... Comme mon avion n'était qu'à 1855, je suis retournée à l'internet afin d'avancer dans mes écritures et charger quelques photos... Après quoi, je suis retournée à la guesthouse et j'ai discuté avec la fille de la patronne. Elle trouvait mes photos des cascades jolies, je lui ai donc placé ma SD card dans son PC et elle a recopié toutes les photos désirées, entre autre celles de sa famille. Sur mon natel j'avais une photo du jet d'eau de Genève avec le fameux ballon, pour l'Euro foot, que j'avais prise lors du prologue du Tour de Romandie. Elle a effacé 2 photos de la mémoire de son natel afin que je lui envoie via Bluetooth la photo du jet d'eau. Puis le temps d'appeler un Tuk Tuk était venu et je m'en suis allée en direction de l'aéroport.
Vientiane 1945.... Autre ville, autre style, autre rythme... 234`000 habitants.
Vientiane s'étire le long d'un méandre du Mékong selon un axe nord-ouest-sud-est, le quartier central de Méuang Chanthabuli occupant le milieu de la boucle. La plupart des visites se situent dans Chanthabuli, près du fleuve (restaurants-hôtels-temples-administrations). Quelques bâtiments coloniaux (français) et d'anciennes maisons de négoce sino-vietnamiennes avoisinent des structures massives. L'aéroport se trouve à 4km au nort-ouest du centre-ville. A 2km au nord-ouest, la gare routière Nord d'où partent la majorité des bus.
Il fait déjà nuit quand j'arrive dans cette ville. Je demande à un taxi de m'emmener à la guesthouse repérée sur mon guide... Je n'ai pas envie de marchander alors je lui paie le tarif demandé de 40'000 kips qui est de 5 $US environ. Il me dépose devant la guesthouse et il s'en va, dommage ! Je fais les guesthouse de toute la rue, chargée comme une mule et tout est complet... Full, full, full..... au bout d'une rue, je me retrouve vers des travestis qui font le tapin, un chauffeur de Tuk Tuk qui veut absolument m'emmener à une super guesthouse, il pue l'alcool. Il insiste, en me disant qu'elle se trouve à 2km environ et quand je lui demande le nom de cette dernière, il n'en sait rien ! Je lui montre un plan, où nous nous trouvons et lui demande où se trouve sa guesthouse, soudain il est devenu super ignorant !! Un black, façon "Yo man, do you want my cheat man" ? est venu se mêler de la conversation, en me disant de me méfier des chauffeurs Tuk Tuk, qu'ils étaient très dangereux et me voulaient moi... Il m'a demandé de le suivre...
Me voilà bien entourée tout d'un coup..... Des folles dingues qui crient, un fumeur de je ne sais quoi, un chauffeur Tuk Tuk alcoolisé et ils veulent tous m'emmener je ne sais où ? En anglais je demande au black, où veut que je vienne et pourquoi je viendrais ? Vexé il est parti en m'insultant. Mon Tuk Tuk était persuadé que j'étais australienne, allez savoir pourquoi, peut-être la tenue kaki... Ce matin, devant la guesthouse un français m'a dit en anglais que je ressemblais,dans cette tenue et avec mon appareil à Jakie Kennedy.... Ouais, je pense que l'opium marche bien chez certaines personnes....
Finalement un Pakistanais me hèle et me propose de dormir dans son hôtel, pour 10$US. Je le suis en lui précisant que le lendemain je chercherais une guesthouse... No problem !!! Je ne suis pas rassurée à 100% quand je vois que sa femme vit visiblement comme une esclave et l'hôtel semble vide, peut-être à cause de sa position. Il se trouve en retrait à l'arrière d'autres guesthouses et les enseignes ne sont pas visibles depuis la rue. La porte de la chambre se ferme à l'aide d'un cadenas et les draps n'ont visiblement pas été changé. Je vous épargnerais les détails mais étant moi-même sale, transpirante, j'ai décidé d'étaler un de mes linges sur le lit et de dormir dessus tel quel, tout habillée.... La nuit fut longue et pas des plus confortables ! J'étais sans cesse sur le qui vive !
Dimanche 11 mai 2008 à Vientiane, la capitale :
Levée à 0700, alors que toute la maisonnée dormait encore profondément, je suis allée à la recherche d'une guesthouse. Sachant qu' à 1100, les éventuels départs quittaient leurs chambres. Finalement j'ai trouvé une grande chambre, double, dans la guesthouse que j'avais consulté la veille au soir. Grande chambre, grande salle-de-bain, pour 70'000 kips, environ 8$US. Une fois toutes mes affaires déposées dans la guesthouse, je suis allée louer un vélo à l'hôtel d'en face pour la journée (8'000kips - 1$US). Comme Vientiane est pratiquement toute plate et que la plupart des sites à visiter se trouvent au même endroit, c'est le meilleur moyen de visiter la ville... La plupart des sites peuvent même se visiter à pied.
1.Patuxai
2.That Dam
3.Pha That Luang
4.Promenade du Patuxai au Mékong
5.Marché Talat Sao
6.Fontaine Nam Phu
7.Palais Présidentiel (extérieur)
8.De nombreux Vats
Patuxai
Evoquant l'Arc de Triomphe de Paris, le Patuxai est le monument le plus marquant de Vientiane. Contrairement à son homologue parisien, il compte quatre arches de même largeur et fut édifié dans les années 1960 avec du ciment américain qui était censé servir à la construction d'un nouvel aéroport - d'où son éventuel surnom de "piste verticale". De loin il ressemble indégnablement au monument qui trône en haut des Champs-Elysées, en arrivant à proximité, on distingue ses caractéristiques lao.
Il y a possibilité de monté au sommet de la tour mais je n'en pas eu envie, car de nombreux stands de T-shirts envahis l'endroit et les photos sont interdites.... Je ne voulais donc pas me faire envie pour rien ! J'ai donc repris la route sur mon vélo pour me rendre à un peu plus de 4km de là, pour Pha That Luang.
Pha That Luang :
C'est le symbole par excellence du Laos, le monument national le plus important du Laos, par conséquent je ne permettrait pas de le critiquer...
Il symbolise à la fois la religion bouddhique et la souveraineté lao. Son nom officiel est, Pha Chedi Lokajulamani, qui signifie, "stupa sacré et mondialement précieux", et l'image du stupa central apparaît sur les armoiries nationales et dans d'innombrables endroits.
La légende dit qu'il abrite un morceau du sternum du Bouddha au 3ème siècle av.J.-C. Les armées birmane et siamoise lancèrent à plusieurs reprises des assauts destructeurs au cours du 18ème, puis, en 1828, une invasion siamois mit la ville à sac et la vida de la population. Le Pha That Luang à l'abandon fut démantelé et pillé, avant que les Français le restaurent (maladroitement) en 1900. Ils tentèrent de réparer leurs bévues, entre 1931-1935 en démolisant l'ancien et en le reconstruisant en forme de bouton de lotus dans son style lao d'origine. Une statue du roi Setthathirat lui fait face.
A la sortie, il y avait bien entendu, comme partout, de petits stands. Certains vendaient, des légumes, des soupes aux fourmis, des nids d'abeilles (j'en ai mangé au Cambodge alors j'en ai acheté ici), se sont les larves du nid d'abeilles et des bananes flambées...
Sur le coup des 1500, j'ai décidé de me rendre dans un petit resto, Soukvemarn, typiquement laotien, non loin du That Dam, afin d'y déguster quelques plats .... Une soupe pour commencer. Quand je l'ai vue arriver, je me suis demandée si elle contenait le fond d'un canal coulant non loin de là ! Des algues, des cadavres de poisson, des fourmis et les larves de ses dernières..... Je pouvais voir les pattes, têtes, antennes des fourmis, il faut dire qu'elles sont plus grosses que chez nous, alors je vous laisse imaginer les larves ! Les cadavres de poisson ok, mais bon, quand soudain, un oeil à surgit du fond, d'entre les algues, ça pas été facile de faire abstraction.... Le deuxième plat est arrivé, de l'émincé de poisson, sur un lit de verdure pimenté ! Délicieux mais dans le style, je te désinfecte la bouche, le nez et les yeux il y a pas mieux ! Voilà, c'était deux des plats principaux laotien...
Ma balade s'est terminée le long du Mékong, en direction de Chanthabuli où des démonstrations de basket, de rap et de tagues avaient lieu. J'ai passé plusieurs heures à les observer.
Le matin, avant de partir en balade j'avais dejà pris quelques photos des jeunes en pleine action de basket. Il y avait un joueur qui n'avait rien du laotien que l'on croise dans les rues. Il était immense et musclé... Un seul panier et deux petites équipes qui s'affrontent pendant 10 minutes. Tout le monde pouvait participer. Un groupe de touriste à joué contre de jeunes laotiens. Les rapeurs sont venus jouer contre les basketeurs, s'étaient incroyable. Ils sautaient sur une main, en tournant sur celle-ci, tout en gardant le ballon sous l'autre bras...
Les démonstrations du break-dance, du rap et des tags étaient impressionnants. Se sont de vraies marionnettes et ils sont d'une agilité ! Les rappeurs étaient plutôt costauds, mais gras, portant des habits très amples, de grosses chaines en or avec comme pendentif, Bouddha... Certains ont rappés en français. Le français et les français sont encore très présents dans cette ville. Vous y trouverez de nombreux restaurants et même boulangerie. Avant de retourner à la guesthouse et rendre le vélo, j'ai fait une petite halte au Sabadii Coffee. Le Ice coffee Sabadii est excellent. Le café laotien mérite le détour...
Lundi 12 mai 2008 à Vientiane :
0730, je suis déjà en route... C'est à pied que je me rends à la compagnie Lao Airline afin de voir si il y a la possibilité de changer mon vol. Je suis censée partir de Vientiane, le 14 mai, à 0630 et j'aimerais partir demain, soit un jour plus tôt.... Le changement a été effectué plus vite que je ne le pensais, je partirais donc demain matin à 0630, pour Paxsé.
Après quoi, je me suis rendue à la gare du Nord, à pied, afin de prendre un bus, le N° 14 pour Xieng Khuan, le parc du Bouddha à 24km au sud du centre de Vientiane. Si vous prenez ce bus, le bus des indigènes, vous payerez 4'000 kips au lieu de 10$US un Tuk Tuk bruyant... Un petit bus, d'environ 30 places, mais bien entendu il y a plus de personnes que de places et il fait le trajet en 1 heure, environ. Il s'arrête au bridge Lao-Thai, ne descendez pas et vous payez le chauffeur à l'endroit où vous descendez. Quand je suis montée dans le bus, il restait encore quelques places assises mais les laotiens avaient de la peine à bouger afin que je m'y installe, ils faisaient semblant de ne pas me voir où de réserver la place... J'étais la seule petite "blanchette", quoique les laotiennes ne sont pas très foncées, certaines sont bien plus blanches qui moi ! Signe de beauté et de richesse ! (citadine et non paysanne).
Le parc est magnifique, on retrace par endroit la vie du Bouddha et plusieurs sculptures se mélangent. Hindoues-khmers-bouddhiques. Le parc se trouve dans un champ bordant le Mékong. C'est l'oeuvre d'un excentrique à l'ambition étrange, comme très souvent. C'est un chaman- prêtre-yogi qui fusionna les philosophies, les mythologies et l'iconographie hindouiste et bouddhique en un tout énigmatique. Shiva, Vishnu, Arjune, Avalokiteshvara, le Bouddha et bien d'autres divinités. Un édifice de forme sphérique, comprend trois niveaux (l'enfer, la Terre et le Paradis), reliés par un escalier intérieur. Le sommet offre une vue panoramique sur le parc et vous y trouverez l'arbre de vie.... Pour y accéder vous devez vous engouffrer dans la grande bouche ouverte, l'enfer.
Ma visite terminée, j'ai à peine attendu 10 minutes que le bus 14 arrivait. Attention, c'est à vous de vous mettre au bord de la route et de faire signe, il n'y a pas d'arrêt, de plus vous êtes en pleine campagne...
De retour à Vientiane, je me suis arrêtée dans un petit resto, longeant le Mékong, pour y manger, une autre grande spécialité, la salade papaye au piment (chili). Maintenant je sais ce qu'est l'expression, "Lèvres en feu", on peut ajouter, bouche en feu... Mon dieu, j'ai cru mourir ! A part ça, super bon, un peu moins épicé peut-être ! Mes intestins, eux, ne vont pas aimer du tout, je le sais déjà et je sens qu'il ne faut pas que je m'éloigne des WC... Le nez coule un peu et je dois avoir des poussières dans les yeux, je vous explique même pas ! C'est que ça souffle dans le coin !
Je suis allée acheter 2-3 cartes postales et les ai écrites en sirotant un ice coffee Sabadii, histoire de tout raffraichir ! La suite vous la connaissez, je suis allée remplir mon journal sur mon site. J'ai vu tout ce que je voulais voir, maintenant je peux partir dans le sud ! Sabadiii!
Paksé - Mardi 13 mai 2008
Paksé une petite ville de 66'000 habitants environ, au confluent du Mékong et de la Se Don, la capitale de la province de Champasak fut fondée par les français en 1905. Depuis l’ouverture du pont lao-japonnais, sur le Mékong, en 2002, les échanges commerciaux avec la Thaïlande sont plus faciles. C’est une étape quasi obligée pour tout voyageur désireux d’explorer le sud du pays.
La ville en elle-même n’a rien de bien exceptionnel, par contre les alentours attirent la plupart des voyageurs. C’est aussi le dernier endroit où vous pourrez retirer de l’argent à un distributeur de billet avec votre Visa.
A propos la Traveller card ne fonctionne dans aucun distributeur (ATM), dans tout le Laos, malgré le petit autocollant « Maestro ». Cette année je me suis dites essayons cette carte gratuite afin d’éviter de me trimbaler avec des chèques et de me faire piquer des frais importants, suivant où je les change… Oubliez, par contre au Cambdoge, à Phnom Penh, Battambang aucun problème !!
J’insiste, n’oubliez pas de faire du change ou de retirer du cash avant de quitter cette ville pour descendre dans le sud, car vous ne trouverez plus un seul bancomat…. J’en ai fait l’expérience.
Quelle journée ! Journée Formule 1
Mon avion a quitté le sol de Vientiane à 0630 et à 0745 j’étais non seulement dans une autre ville, mais également dans une autre région. Mon bus taxi, me dépose devant ma guesthouse en me disant qu’il doute que je trouve une chambre car c’est toujours complet. C’est vrai que « Sabaidy 2 » à sa réputation est visiblement elle pourrait bien être complète… On me propose une double, mais avec WC et douche à l’étage inférieur. C’est à l’étage inférieur, dans l’arrière-cour pour 46'000 kips. J’accepte en me disant que le lendemain il y aura certainement une single with shaower qui se libérera. La chambre est grande, avec deux petits lits une place, un matelas super fin, pratiquement une natte, posée sur un lit en métal, avec le sommier en métal. Il n’y a pas de vitres aux fenêtres, juste une moustiquaire en lieu et place. On verra ce qu’il se passe en cas d’orage ?!
0830, je suis déjà à la recherche du plus offrant pour m’emmener vers le plateau des Boloven. Il s’étend au nord-est de la province de Champasak jusqu’au Salavan et au Sékong, il est réputé pour son climat agréable, ses cascades spectaculaires, son sol fertile et son excellent café. Il compte aussi parmi les régions les plus bombardées au cours de la seconde guerre d’Indochine.
Les Laven (Boloven signifie «patrie des Laven » constituent le plus important groupe ethnique du plateau, où vivent égalment plusieurs autres groupes môn-khmers, dont des Alak, des katu, des Ta-oy et des Suay. Se sont les français, qui à l’époque, commencèrent à planter des caféiers, des hévéas et des bananiers, dans le 20ème siècle. Ce plateau était considéré comme vital pour les Américains et les Nord-Vietnamiens, à en juger par le nombre d’engins explosifs non désamorcés qui s’y dissimulent encore. Le lent processus de déminage se poursuit et, dans les zones sécurisées, des fermiers et de grandes entreprises cultivent le café. Kaa-Féh, est le café Lao. Le haut plateau est idéal pour la culture du café et la région produit des grains parmi les meilleurs et les plus chers de la planète. Des robusta, arabica typica et arabica poussent essentiellement aux alentours de Paksong, « ville du café ». L’arabica typica c’est le champagne des cafés. La Jhai Coffee Farmer Cooperative, créée en 2004 avec l’aide des associations californiennes Jhai Foundation et Thanksgiving Coffee, compte aujourd’hui 500 membres provenant de 12 villages et de plusieurs groupes ethniques. Pour le moment le café Jhai n’est disponible qu’aux Etats-Unis ou par Internet.
A la guesthouse ils organisent des visites d’un jour au minimum, mais également avec au minimum 4 personnes, autrement dit, je vais devoir faire sans eux et partir avec un Motodup. Elle propose également de supers Treks, sur plusieurs jours, où vous dormez en haut, sur le plateau, mais je n’ai pas trop envie de me retrouver coincée là-haut avec des gens qui se « la jouent hippies » ! Il y en a pas mal !
Je décide de partir ave mon petit chauffeur de Tuk Tuk, avant de partir je me paie à boire et lui offre un verre. Nous partons pour les cascades de Tat Yuang et Tat Fan, je n’irais pas jusqu’au plateau, c’est trop loin, il faut beaucoup plus de temps. J’ai réussi à baisser le prix à 200'000 kips (25$US) au lieu de 240'000 kips (31$US). C’est quand même encore cher, mais encore une fois je suis seule à plusieurs c’est moins cher et je constate que les prix ont explosés depuis l’augmentation du prix de l’essence.
Ce fut une très belle balade, les paysages sont vraiment magnifiques, malgré les nuages et même le brouillard non loin du Plateau des Boloven. Il s’est arrêté vers une plantation de thé vert afin de me la montrer. 2 hectares de thé vert, deuxième grande production de la région après le café. J’ai rencontré le grand papy qui se trouve sur les emballages de thé vert vendu dans toute la région. En chemin, mon jeune chauffeur à ramassé différents fruits afin de me les faire découvrir.
Le téléphone sonne, il baragouine dans sa langue, raccroche et s’arrête au bord de la route. Il me dit de l’attendre car il doit aller acheter quelque chose. Le revoilà avec des fleurs de Jasmin dans un petit cornet, acheté, à la cahutte d’une jeune fille, en bord de route. Il me regarde avec un grand sourire et me dit, en me désignant le cornet ; - « C’est pour Bouddha » ! D’accord ! En chemin il m’explique qu’il doit s’arrêter dans un temple prier Bouddha et lui offrir ses fleurs. J’ose un pourquoi, timide.
-« J’ai perdu mon alliance et le malheur risque de s’abattre sur mon couple et comme je ne la retrouve pas, il faut que j’aille prier Bouddha » !
Voilà qui est beaucoup plus tard, ok, pas de problèmes, va prier ! Dans un coin de la pagode, un singe, un petit Gibon, noir et blanc, enchaîné à un arbre… J’ai le même en peluche à la maison, ils ont des immenses bras que vous pouvez « vélcroter » ensemble ! Il m’a tout fait ce petit singe. Il m’a prit la main et s’est couché au sol pour dormir tout en me tenant la main. J’avais cette minuscule main dans la mienne, pratiquement de la grandeur d’un nouveau né. Il s’est agrippé à ma jambe et n’en descendait plus. Deux trois fois il s’est agrippé à mon bras et essayé de me sauté dessus, à la taille, tout en faisant mine de me mordre le bras. A ce moment là, craignant d’être mordue (rage et autres maladies) je le balançais et le lâchais en l’air. Je lui ai donné des fruits à manger, j’avais envie de le détacher… Il est monté sur la plus haute branche pour s’y balancer et tout d’un coup, un petit jet d’urine ! Monsieur faisait pipi dans les airs…
Revoilà mon chauffeur, visiblement pardonné par Bouddha, il semble moins stressé et plus rassuré. Il me présente son père qui, pour les circonstances s’est déplacé.
Rentrée à Paksé, je mange sur le coup des 1300 un petit plat indien, vraiment délicieux et visite un peu la ville à pied. Je m’ennuie ici et comme je n’ai pas assez de temps pour visiter les contrées lointaines, je pense que je peux, dès demain, quitter cette ville pour descendre au sud à Champasak.
Un petit saut à internet, ma boîte e-mails s’ouvre et paf, à nouveau une panne d’électricité, mais celle-ci ne dura pas 2 heures comme les deux précédentes mais tout l’après-midi, toute la nuit et ce jusqu’à 2330.
Je croise une valaisanne dans les couloirs de la guesthouse, elle vient de rentrer, elle et son amie, d’un trip de trois jours à moto. Me voyant à une des fenêtres de la guesthouse, à regarder dehors, silencieusement, visiblement, elle s’inquiète et m’accoste en me demandant la main posée sur mon bra ; - « ça va, tu vas bien ? ». Comme fait quelqu’un qui vous connaît, puis elle me raconte…. 7 mois qu’elle a quitté le Valais et son job, son voyage de trois jours à moto dans la région, le nord du Laos. Sa copine remonte les escaliers qui donnent accès aux portes des chambres et du coup notre valaisanne lui dit ; - « Eh, regarde, j’ai trouvé une compatriote, c’est plutôt rare ! ». Sa copine ne semble pas aussi enthousiaste et marmonne un ; - « Super ! ».
Je décide d’aller me coucher puisque l’électricité n’est pas revenue et en principe demain je quitte les lieux.
Mercredi 14 mai 2008 – Paksé-Champasak
0800 je demande à un Tuk Tuk de m’emmener à la station de bus pour Champasak. Je vois bien qu’il fait mine de comprendre mais je monte quand même. En chemin il prend dans son Tuk Tuk des ouvriers qu’il déposera à leur chantier quelques kilomètres plus loin. En chemin il les a questionné sur l’endroit où je devais me rendre. Il me dépose à un marché où des vielles ISUZU ont été transformées pour devenir des mini-bus. Il découpe tout le véhicule, de façon à le transformer en pickup. Ils fixent trois rangées de bancs à l’intérieur, dans la longueur du véhicule. Ils vont ensuite remettre un toit avec porte bagages. Sur les côtés, entre le toit et le reste de la carrosserie, des barres sont soudées. Ce qui fait de grandes fenêtres ouvertes sur toute la longueur du véhicule avec barreaux… A l’arrière, à l’extérieur du pare-chocs, ils soudent une plate-forme avec des barres, comme ça, elle peut servir de marche pied afin de monter dans le véhicule ou une fois que toutes les places sont prises, vous vous tenez debout, sur cette plate-forme. Sur tous les côtés du véhicule, à la hauteur du toit, des barres où vous pouvez, vous tenir. A l’arrière de barres, de chaque côté, partent du toit pour venir jusqu’à la hauteur de la plate-forme, en forme de canne. De se fait, quand vous êtes sur la plate-forme, sur les côtés, vous pouvez vous laissez tomber en arrière et vous vous trouverez entouré par cette barre en forme de canne…
Bref, je mettrais une photo. Il y a pour environ 15 places assises, mais pour des minces. Nous étions un peu plus de trente, sans compter, les bagages sur le toit, avec les chèvres, la cage avec les canards, les poules, les provisions. J’avais une grand-maman assise sur une de mes cuisses pendant tout le voyage. Le bus et déjà plein, nous espérons partir et attendons que le chauffeur se décide. Lui ne l’entend pas de cette manière, il espère encore du monde, c’est tout ça d’argent dans sa poche… Cela fait maintenant une heure que nous sommes entassés dans ce mini-bus transformé, en plein soleil. Une maman arrive avec ses deux gamins et trois tonnes de sacs. Les sacs sont balancés sur nos genoux, sous ou sur nos pieds. Je commence sérieusement à me sentir mal, légèrement claustro ! On est comme du bétail.
0930, le chauffeur décide enfin à démarrer, il était temps, l’hypotension commençait sérieusement à se faire sentir. Roule, roule, roule afin d’avoir un peu d’air non d’un chien ! Il ne roule pas à plus de 30-40km/h. Quelques kilomètres plus loin, j’ai dû passer un de mes bras derrière une barre métallique pour gagner quelques centimètres. Elle fait maintenant office de ceinture. Plus de 2 heures comme ça. Les jambes commence à réclamer une petite extension, impossible, alors les genoux donnent également l’alerte ! Une petite halte pipi est la bienvenue, non pas pour se soulager mais pour détendre les jambes. Je transpire tellement et bois si peu que Dieu merci, le petit pipi n’existe pas pour moi. Le chauffeur profite de cette pause en pleine forêt où personne ne peut s’enfuir, pour réclamer son argent. 20'000 kips pour un voyage en bétaillère… Il y a rien à dire c’est pas cher, mais à quel prix ! Le départ se fait sentir, certaines personnes profitent pour s’asseoir ailleurs, pensant que c’est plus confortable. Quand à moi, je décide de rester dehors, sur la plate-forme arrière, appuyée contre la barre en forme de canne. Le chauffeur au début, n’est pas très chaud et demande aux autres de se pousser pour que je puisse m’asseoir. J’explique que je n’en ai pas envie, que pour moi c’est ok comme ça et je suis de toute manière certaiene que nous ne sommes plus très loin.
Nous arrivons au bord du Mékong et les véhicules, comme les humains, s’entassent sur un « Ferry » afin de traverser le fleuve pour accéder à la rive d’en face, où se trouve Champasak. Je vous ai mis Ferry entre les Guimet parce que ça n’est pas vraiment un ferry… Comment vous expliquer, le mieux c’est une photo mais je vais quand même essayer. Imaginez, 3 immenses barques, stationnées côte à côte, parallèlement. Un écart de 5m, entre chacune d’elles. La proue faisant face à la rive d’en face. Des planches pausées sur ces dernières afin d’en faire une immense plate-forme. Chaque extrémité à une sorte de pont levis en bois. Un homme le monte et le descend à l’aide de l’huile de coude, en tirant une grosse chaîne, passant dans un système de poulie. Le pont levis permet aux véhicules de monter et descendre du Ferry. La barque centrale, la plus longue, contient une mini, pseudo cabine de navigation. C’est lui qui démarre le moteur et dirige son ferry.
Sur le Ferry des femmes montent à chaque voyage, afin de vendre des petites choses à grignoter. Sauterelles, cafards, grenouille, scarabés, brochettes de viande, boissons ect… Pendant ce temps, les chauffeurs des différents, super pickup modifiés, changent les roues du véhicule. Pour Champasak, ils mettent les roues qui ont beaucoup plus de profil, de crampons. Les pneus quasi lissent c’est pour la route goudronnées, la principale. Le ferry met environ 10 minutes pour traverser.
Champasak est exactement comme j’aime. Pas immense, à la campagne, avec de magnifiques paysages de rizières, de buffles se baignant dans la boue, pour se rafraîchir. Des enfants courants dans les rizières où en direction de l’école. Les montagnes sont toutes proches ainsi que la jungle et le Mékong est toujours là… Champasak et Luang Prabang sont mes régions préférées. Après plus de 2 heures de route épouvantable, j’ai posé mes sacs, dans une guesthouse, celle où le bus s’est arrêté, pas celle que je désirais au préalable. Ça n’est pas grave étant donné que je risque de rester une seule nuit. J’ai loué un vélo et fais un peu plus de 20km entre 12h et 1400 sur une route à peu près correcte. Je suis donc allée rendre visite au Temple Vat Phou. Ancien sanctuaire khmer et un des joyaux du Laos. Edifié à 1400m sur les contre-forts de la chaine du Phu Pasak (familièrement appelé Phu Khuai ou mont Pénis), le vat Phu est petit comparé aux grandioses temples d’Angkor, près de Siem Reap, au Cambodge. Vous y découvrirez un crocodile de pierre, un rocher portant une sculpture profonde et stylisée d’un crocodile, qui daterait de la période d’Angkor. Il y a également un éléphant de pierre, un énorme rocher sculpté de la silhouette d’un éléphant qui daterait du XVIème siècle.
Avant la visite du site, une petite pause « Green Tea » s’imposait. Je crois que j’ai enfin pris du soleil, malgré la crème solaire. Une grande balade vous attend et une bonne escalade de marches également. Une fois arrivé au sommet, une vue exceptionnelle sur la région et un petit havre de paix… Tu parles, c’est tout juste si je n’ai pas visité le site en courant, tellement que les acharnés de la piqure me harcelaient… Ils sont super agressifs là-haut !
Une fois de retour à ma guesthouse, j’ai pris une bonne douche et visité les alentours. J’ai terminé ma soirée, après avoir regardé des enfants jouer aux jeux de la « schlape », une sorte de pétanque avec des sandales, sur la terrasse de la guesthouse qui surplombe le Mékong. Une vue grandiose sur le Mékong et sur les rives de ce dernier. Des photos s’imposent, le ciel se transforme en une palette de couleur, dans les tons pastels, rose, mauve, jaune,rouge. Les pêcheurs observaient le moindre mouvement de l’eau et parfois retirait un filet, pensant avoir fait une prise.
1800, je check mon sac pour mon départ de demain à 0700 pour Muang Khong, puis je m’installe sur la terrasse pour écrire quelques lignes et soudain, à 1833, plus d’électricité. J’écris alors, à la lueur d’une bougie et les pêcheurs quand à eux continuent de bosser. Ils éclairaient l’eau à l’aide de lampe de poche dans le but d’attirer le poisson.
Jeudi 15 mai 2007- Champasak-Muang khong - Bonne fête Michèle
0700, le même genre de mini-van que pour l’arrivée. Ah, non, je ne vais pas à nouveau me farcir des heures comme des sardines. J’apprends que le mini-van va à Paksé et que moi, qui descend dans le sud, je devrais descendre à l’embranchement de la R13 et celle pour Champasak. 0745, mon taxi de fortune me dépose au carrefour de la R13 et je vais devoir héler tous ceux susceptibles, d’être un taxi ou bus se dirigeant à la frontière Khmer. A 0813 un bus, un car, arrive, plein de jeunes moines. L’un d’eux cherchait un CD de musique dans sa mallette qui en débordait. Una autre faisait des photos avec son appareil numérique et encore un autre, passait son temps au natel. Ils ont ensuite achetés des bananes flambées, des petits scarabés, cuits. Un sac plein de biscuit et à boire. Ils ne se laissent pas mourir de fin en tout les cas. L’un des moines m’a proposé de goutter ses petits scarabés, pas mal, mais j’aime mieux les crickets. Ils en vendaient en brochette, elles étaient monstrueuses. Le chauffeur m’appelle, en faite c’est plutôt tout le bus qui vous fixe… Je le regarde et je regarde tout autour de moi et lui demande s’il est bien sûr. Il me répond par la positive et m’indique une direction à suivre. Un chemin qui n’en fini pas et me dit que le ferry est là-bas. Ok ! Le bus part et je me sens soudai, comme abandonnée au milieu de nulle part. Je marche un peu plus de 600m, avec mon gros sac qui menace de me faire tomber en arrière.
Je distingue des Farengs et un Lao qui visiblement est là pour nous faire traverser. 10'000 kips la traversée en « gondole laotienne ». Quand j’arrive sur l’île, des pétards éclatent dans le ciel. Que se passe-t-il, ils font ça à chaque visite de toutous ?! Plus tard, dans la soirée j’apprendrais qu’ils sont en train de fêter la venue de la pluie. Des femmes, grimées, de peinture blanche au visage, de rouge à lèvre, de lunettes à soleil et casquettes déambulent, en chantant, dans le chemin principal du village et s’arrête devant chaque maison. Certaines sont à califourchon sur de grands morceaux de bois, taillés en forme de verges, d’autres en ont fait des colliers. Devant chaque maison elles s’arrêtent et chantent une maison tout en faisant des mouvements de va et vient avec leur verge en bois… L’une d’elle fait la tournée avec une petite bouteille d’eau et un verre pour faire boire 2-3 personnes. Elle me propose un verre, tous les regards sont tournés vers moi, je n’ose refuser et pourtant tout le monde boit au même verre… Ce n’est pas bien ça ! Bon, allons-y d’un trait. Pouahhh ! C’est de l’alcool, on dirait du rhum. Le patron m’explique que c’est de l’alcool de chez eux, à 80%. Des hommes tiennent deux marionnettes en bois qui sont couchées l’une sur l’autre et qui par moment font des vas et vient en simulant un acte sexuelle. Je demande au patron si c’est un enterrement de jeune fille !! Non c’est la fête de la pluie, afin qu’elle vienne, pour le riz. D’accord et quel est le rapport avec les verges en bois ? Les verges représentent la semence, la fertilité et nous voulons de la pluie pour que le riz soit fertile…
Le patron m’apprend qu’il n’y a plus de banque dans tout le sud, donc plus de possibilité de retrait d’argent même pas un bureau, comme la « Western Union » qui vous fait des retraits sur votre carte après vingt mille copies… C’est une sacrée nouvelle ça, car il ne me reste pas assez d’argent pour le reste de mon voyage au Laos. Il faut encore que je paie ma ou mes nuits et un billet de bus pour descendre jusqu’à Kratie, au Cambodge. Je lui demande combien est le prix du billet en mini-van VIP, c’est ce qui différencie de l’autre mini-van que j’ai pris. Je dois compter 230'000 kips le voyage ce qui me semble super cher mais bon, j’ai envie de m’offrir un déplacement un peu plus confortable pour le reste du voyage. 60'000 kips une nuit, 10'000 kips le tampon sur le passeport à la frontière… Il me reste environ 200'000 kips en tout ! Je suis mal barrée. Je lui demande s’il prend les baths (monnaie Thaï) vu que dans tout le Laos c’est le cas. Dieu merci, il me reste 600 baths, qui me feront 150'000 kips environ. Je voulais dormir ailleurs, pour dormir un poil moins cher, mais si je prends mon billet chez lui, il me reste plus que 50'000 kips pour dormir et manger. En dormant chez lui, il me propose, que je paie le voyage, 50'000 de plus pour que le chauffeur fasse un tout petit détour dans un patelin où se trouve une « Western Union » qui me fera un retrait sur ma carte et à ce moment je payerai ma chambre au chauffeur. Comme ça, il me reste de l’argent pour la journée, pour souper et demain matin. Une fois ces tracasseries financières résolues, je me suis installées sur la terrasse de son restaurant qui comme toujours donne sur le Mékong. J’ai commandé à manger, vers les 1300 sachant que j’allais avaler mon dernier repas et boire mon dernier verre jusqu’au lendemain midi. Pas bien grave, j’ai l’habitude. J’ai mangé un délicieux chicken curry avec du riz en sticker. En faite en sticker, c’est façon Lao. Servit dans un petit panier en osier. Les photos seront plus explicites. Les laotiens se promène avec leur petit panier de riz, c’est comme certain chez nous avec le boxe à sandwiche. Le riz est minuscule et relativement dur. Le riz gluant comme il l’appelle ici.
Muang Khong, la capitale du district, la vie s’y déroule plus que paisiblement et vous ne risquez guère d’être dérangé par la circulation. A défaut d’y faire la fête, il faut aller plus au sud pour cela, le rythme nonchalant et les paysages alentour en font un bon endroit plaisant pour s’y attarder un jour ou deux. Don Khong (île khong), 13'000 habitants, du nom du fleuve, cette grande île mesure 18 km de longueur et 8 km dans sa plus grande largeur. La plupart des habitants vivent dans et autour de deux villages, Muang khong, sur la rive est, et Muang Saen, à l’ouest ; une route de 8km les relie.
J’ai donc loué un vélo pour faire le tour de l’île où je me trouve mais après 15 minutes je suis rentrée car je ne me sentais vraiment pas bien. Des envies de vomir et les intestins complètement retournés ainsi qu’une poussée de fièvre. Dommage, des paysages splendides, de belles photos rizières, de buffles, des habitants…
C’est avec grande peine que j’ai réussi à rentrer et à peine arrivée dans ma chambre, j’ai pu courir aux WC. Je me suis douchée pour me rafraichir mais rien n’y fit, même l’hélice au plafond. Après avoir lavé 2-3 chemises et un bermuda, je me allongée sur le lit et me suis endormie jusqu’à 1700. Au réveil, je ne me sentais légèrement mieux. J’entendais que le vent se levait, alors j’ai couru dehors afin de récupérer mon linge qui séchait. Le ciel était noir et les palmiers nous faisaient une « Lambada » endiablée. Il était magnifique, sombre avec des traînées rouge, rose du couché de soleil par-dessus qui se détachaient derrière les palmiers… Soudain, l’orage éclate et la soufflerie se met en marche. A demain.
Vendredi 16 mai 2008 – Muang khong-Kratie
0730, il pleut à verse depuis plusieurs heures, j’espère que je vais pouvoir partir. Le ronronnement d’un moteur se fait entendre au loin et se rapproche pour finalement se faire entendre devant ma porte. Le patron est venu me chercher pour m’amener au ferry et m’accompagner jusqu’au mini-van Vip.
Nous roulons sous une pluie battante depuis 10 minutes environ quand soudain le mini-van s’arrête devant la « Western Union ». 10 minutes pour faire comprendre ce que je désire car visiblement pas un seul des employés ne parlent anglais. Après trois tonnes de paperasserie, pour un retrait de 100$US sur ma carte, l’employé me donne 874'000 kips ! Hein, mais je ne veux pas des kips, je me rends au Cambodge où les kips ne sont pas pris… Je voudrais 100'000 kips et le reste en dollars ou alors que des dollars. Après tout sur ma carte, c’est un retrait de 100 dollars… Rien à faire, c’est 874'000 kips ou rien… Super, je ne sais pas où je vais pouvoir les changer, puisqu’à Stung Treng il n’y a aucune banque et à Kratie ils refuseront mes kips. Les dollars étaient pour dormir, manger, boire, à Kratie et payer mon billet de bus jusqu’à Phnom Penh, capitale du Cambodge… Sans dollars, c’est comme si je n’avais pas un radis sur moi !
Mon mini-van s’arrête dans un patelin complètement inondé, pour aller se parquer vers d’autres mini-van qui visiblement sont en attente… D’autres petits blancs sont là et d’autres arrivent… Je profite de ce moment d’accalmie pour aborder un des chauffeurs de mini-van, qui visiblement parlait anglais. Je lui explique mon problème et se propose de me changer mes kips. Pour 800'000 kips il m’a donné 80$US (1$US – 8177 kips) au lieu de 90$US, mais c’est les règles du jeu. Il me dépanne bien !
Rassurée, avec les quelques kips qui me reste je vais m’acheter à boire, enfin ! J’apprends que je change de bus, car mon chauffeur n’étant pas cambodgien, il ne peut m’amener jusqu’au Cambodge. Nous nous retrouvons à 6 dans le bus.
Le bus s’arrête à la frontière, se parque et le chauffeur nous demande de nous rendre à pied au poste frontière afin de nous faire tamponner le passeport en échange de 10'000 kips (tarif du tampon). La cahute est à 20m de là. Nous attendons pratiquement une heure vers le bus. Les chauffeurs sont en train de discutailler sur une stratégie de transport. Voilà, la solution est arrivée. L’équivalent de deux minis-van, sacs compris, dans un seul mini-van…. C’est reparti pour le transport de bétail ! 15 minutes pour entasser les sacs de chacun, dans un coffre qui était déjà plein avec 6 personnes et il n’y pas de galerie sur le toit…
Enfin le départ ! Nous repartons sur la même route que pour venir, nous nous éloignons du poste frontière, c’est quoi se trafic ! Soudain, le fourgon bifurque à droite sur un chemin et roule sur une longue route goudronnée. Quelques minutes plus tard, nous sommes à la frontière du Cambodge. Il y a déjà pleins de baroudeurs qui courent dans tous les sens, comme stressés par une horloge interne… Vers la barrière se trouvant en travers de la route, une petite cahute où les toutous de pressent… Un peu plus loin, entourée de chèvres, une plus grande, celle pour faire la demande de Visa d’entrée. Ceux qui ont déjà leur visa, comme moi, se rende directement à la cahute de la barrière, pour une étude approfondie de votre passeport et un tampon en échange de 1$US. Je constate immédiatement qu’il ne sert à rien de se presser, car la moitié de mon bus, doit faire une demande de Visa, ce qui peut prendre un certain temps !
Deux petites anglaises me posent plusieurs questions sur le Cambodge, je dois leur demander, de parler plus lentement, elles sont de Londres et parle super vite avec un sacrés accent. Dans l’ensemble on a bien pu communiquer et j’ai pu les renseigner. J’attends à l’ombre d’un arbre, vers une autre passagère du bus, Odile, une française, de 25 ans, qui vit une année à Singapour, l’année suivante à Vienne, en Autriche et ainsi de suite. Elle a un mois de vacances avant de déménager à Vienne. Elle se réjouit, elle me dit adoré vivre là-bas. En discutant on découvre que l’on va se rendre dans la même guesthouse à Kratie et que l’on part le même jour, en bus, pour Phnom Penh.
Deux heures plus tard, nous prenons enfin la route et entrons dans le Cambodge. La région du Ratanakiri et Mondolkiri est très boisée, c’est un autre style de paysage que dans les plaines.
Nous nous arrêtons 1 heure dans la ville de Stung Treng. 24'500 habitants. Depuis l’ouverture de la frontière avec le Laos, à 50km au nord de la ville, elle a dû accueillir un nouveau flot de visiteurs. La ville en elle-même n’a rien à offrir mais elle est devenue une étape privilégiée sur la route du Ratanakiri. J’avais envie de me rendre dans le Ratanakiri, l’authentique Cambodge. Dans un village au cœur de la jungle, avec un petit lac tout rond, au beau milieu de la forêt, une vraie piscine… Des cascades et possibilité de faire un petit trek à dos d’éléphant, mais le temps me manque et faire un détour dans cette région, me raccourcira celui que je passerais à Battambang auprès de Patrik et Theavy de AVEC.
A Stung Treng, nous changeons à nouveau de bus et 3 personnes de plus nous rejoignent. Trois cyclistes avec de superbes VTT (Scott-Canondale). Les khmers embarquent leurs vélos sur le toit et la panique se lit dans leurs yeux. Du reste l’un d’eux, escalade le bus pour rejoindre les khmers sur le toit du bus et superviser la mise en place des vélos. Il réclame des morceaux de carton afin d’en mettre entre chaque vélo pour qu’ils ne s’appuient pas les uns contre les autres…
Sur la route, entre Stung Treng et Kratie, je constate que les gens sont extrêmement pauvres. Leurs cahutes sont minuscules, à peine une pièce de 5m2 et ils y vivent à plusieurs. Elles sont toutes en palmiers. Le toit et la maison avec des feuilles de palmiers tressés..
Je suis attristé par la déforestation. Arbres déracinés, abattus ou brûlés !
Arrivée à Kratie, après un voyage de pratiquement 7heures, les deux petites anglaises vont finalement dans une autre guesthouse. Quand à Odile et moi, nous nous dirigeons vers la « Startguesthouse ». En chemin nous nous faisons harceler par les motos-dup et malgré nos réponses négatives ils insistent. Pour finir nous les ignorons. Là, je dois dire que le Lonely planet exagère dans sa critique favorable concernant cette guesthouse… Ma chambre n’était pas propre, j’ai dû reste nettoyé ma salle-de-bain, car vraiment trop sale. Comme si quelqu’un y avait séjourné et qu’elle n’avait pas été nettoyée après. J’ai dû revisser la poignée de ma porte, car j’ai failli rester enfermée dedans, tellement qu’elle était maillée. Du reste pour accéder à ma chambre, j’étais obligée de donner un coups d’épaule dans la porte, voire même un coups de pieds. L’hélice au plafond ne fonctionnait pas. Bref, avec toutes ces petites choses j’ai pu baisser le prix de ma chambre à 4$US au lieu de 5$US. Je ne suis pas maniaque mais au moins que se soit propre…
Un jeune allemand, Carsten, qui était dans le même bus que nous est également descendu dans cette guesthouse. Lui et ses 3 copains, connus lors de son voyage au Laos, vont à Siem Reap. Ils repartent demain. Je le croise dehors et il commence à me parler, pour finir nous partons ensemble, faire le tour de la ville, à pied. Ça fait plusieurs mois qu’il est en voyage. Il est allé voir un ami en Chine, un autre en Indonésie, après le Laos, le Cambodge, il ira en voir un autre en Malaisie, Singapour… Nous décidons de souper ensemble et Odile nous rejoint. Nous avons choisi différents petits plats pour découvrir un peu de tout. Nous avons payé 5$US chacun. Avec Odile, nous avons décidé d’aller voir les dauphins demain et plus nous rallierons de monde à notre cause, moins cher sera le bateau. 7$US de 1-2 personnes et à partir de 3 personnes 5$US. J’apprends ce soir-là, sans grande surprise que je me suis faite avoir sur le tarif du voyage en mini-bus VIP (230'000 kips). Les autres ont payés 130'000 kips. Soudain, le ciel devient noir et le vent se lève pour devenir violent… En deux minutes la pluie s’abat sur la ville. Elle qui est déjà sale, inondée des pluies de la veille. Autour du marché, c’est immonde, ça pue et les choses se décomposent.
Samedi 17 mai 2008 – Kratie Bonne fête Olivier
Kratie, c’est 79'000 habitants, c’est le meilleur endroit pour observer les dauphins d’eau douce de l’Irrawaddy, une espèce en voie de disparition. Ville ramassée mais très peuplée, Kratie est bien préservée car elle n’a pas subi les bombardements qui ont détruit tant d’autres villes de province. Elle fut une des premières à être « libérée » par les khmers rouges (en réalité, les Nord-Vietnamiens, mais les Khmers rouges s’en attribuèrent le mérite), durant l’été 1970.
Après une nuit torride. La rue n’est absolument pas calme. Des chiens ont aboyés toute la nuit et les karaokés ont fonctionnés jusqu’à tard dans la nuit. A 4 heures ce matin, je suis déjà réveillée par les bruits venant de la rue et les ouvriers du chantier d’à côté qui commençait déjà le boulot.
A 0630, je bois un café et vers 0700 Odile me rejoint. Je vois tout de suite à sa tête, qu’elle n’a elle aussi pas beaucoup dormi… Notre Moto Dup nous annonce qu’il a trouvé une personne en plus, un Australien de 42 ans. Alors là ! Pendant un moment je me suis demandé s’il parlait vraiment en anglais quand il s’adressait à moi… C’est incompréhensible ! On dirait qu’il marmonne dans une barbe qu’il n’a pas…
0800 nous partons pour l’Irrawaddy. Les gracieux dauphins de Kratie, d’eau douce. Trey Pisaut de l’Irrawaddy fait partie des espèces menacées d’Asie. Il n’en reste que quelques groupes dans certaines parties du Mékong au Cambodge et au Laos et des poches isolées au Bangladesh et en Birmanie. Avant la guerre civile, le Cambodge abritait un milier de dauphins, notamment dans le Tonlé Sap. Sous Pol Pot ils furent chassés pour leurs huiles et leur nombre diminua. La pêche à la dynamite les a également décimés. Il en resterait que 75.
A Kampi, avec un bateau à moteur on peut les apercevoir, une fois le moteur coupé ! Difficile très difficile de prendre des clichés au bon moment ! Au moment où vous en voyez un, le temps de réaction et d’appuyer sur le déclencheur et ils sont déjà en apnée ! ça devait être très drôle pour les khmers de nous voir là, tous, debout dans les bateaux à espérer obtenir « le cliché » ! De temps en temps, ils nous criaient ; - Dolphins ! Le temps que l’on se retourne afin de voir dans quelle direction regarder, il n’y avait plus rien. J’ai finalement quand même réussi à obtenir une belle photo, de face, juste avant une plongée. On dirait même qu’il sourit ! Après une petite heure, nous sommes retournés sur la berge où nos motodup nous attendaient et ils nous emmenés au Phnom Sombok. C’est une petite colline, sur laquelle se trouve un Vat (temple) avec une vue imprenable sur le Mékong et les alentours.
De retour, j’ai fait un petit tour au marché pour acheter quelques fruits. Des Mangoustans (Mong Kut) et Ramboutans (Sao Mao). Hier soir, Odile en avait acheté pour notre dessert. J’adore ces fruits, j’ai pris deux photos pour que vous voyez à quoi ils ressemblent. Je me suis également acheté, une canne à sucre avec à l’intérieur, du riz gluant à la noix de coco. Miam ! Ça m’a duré 3 jours…
Un peu d’internet, histoire de donner des nouvelles et de tuer le temps, car ici, c’est très ennuyant, il n’y a rien à faire. Du reste pratiquement tout le monde vient manger à notre guesthouse.
Après une petite douche, des écritures sur la terrasse, au bord de la route cette fois-ci, en face du marché. J’en ai profité pour faire quelques photos depuis ma chaise. Soudain, une voiture arrive comme un bolide et s’arrête devant ma table grâce au trottoir. Je ne comprends rien, derrière le volant il y a un homme, mais celui qui conduit est à côté de lui en train de tourner le volant (il se trouve entre le passager et celui à la place du chauffeur). Une femme s’extrait de la voiture et se jette sur le trottoir ventre à terre et vomit toutes ses tripes. De l’autre côté de la voiture une portière s’ouvre et un jeune garçon, vident également les siennes dans un petit cornet. La femme vomira à plusieurs reprises. Personne ne s’occupe d’elle. Elle refuse de remonter dans la voiture car elle tient à peine debout et retourner jouer la sardine, quand celle-ci est déjà avariée ne l’excite pas du tout. Les mecs ouvrent le coffre, poussent deux, trois sacs, la bombonne de gaz et demande à la femme de se coucher dans le coffre. Celle-ci s’exécute tout en étant pas rassurée. L’un d’eux, fait mine de fermer le coffre et ça fait rire tous les badauds qui se sont attroupés autour de « cette faible femme qui vomit » ! La voiture démarre en trombe avec le coffre ouvert avec à l’intérieur ce petit bout de femme agonisant !
J’apprendrais plus tard par Patrik, que se sont des taxis et qu’il ne faut jamais monter dans ceux-ci. D’une part parce qu’il bourre un max son taxi quitte à placer quelqu’un d’autre derrière son volant et bien entendu vous imaginez bien que c’est super dangereux. Celui qui commande les pédales n’est pas le même que celui qui tourne le volant et les réflexes ne sont pas les même. De plus, sachez, que tous ces taxis marchent au gaz, la bombonne est à l’arrière dans le coffre et ils roulent comme des fous… Se sont des bombes ambulantes !
Dimanche 18 mai 2008 – Kratie –Phnom Penh
Réveillé à 0400, toujours à cause du bruit infernal de la rue, je décide de me lever sur le coup des 5 heures et décide de tranquillement ranger mes affaires. A 0630, je suis en train de savourer un tea khmer. Odile apparaît, visiblement endormie, elle aussi vers 0640. Nous quittons la guesthouse vers 0700 pour la station de bus GTS Express. Le moteur se met en marche, je rêve, presque à l’heure, 0730 au lieu de 0715.
Lors de notre long voyage en bus plusieurs haltes se feront lors du parcours, notamment à Khompong Cham province, de l’araignée. C’est le seul endroit où vous pouvez trouver des araignées à manger. J’ai décidé de tenter l’expérience. Odile me suis, car elle veut voir ça et surtout se propose pour immortaliser ça… J’en achète une seule, car c’est vendu au poids et je ne sais pas si je vais aimer (1'000 riels / 4'000 riels environ 1.-). Je l’ai regardée un petit moment avant de commencer à la manger. Elle n’était vraiment pas petite et on voyait les deux crochets devant, dans sa gueule, ainsi qu’à l’arrière train. Ok, je me lance, d’abord une patte pour tester. Ça va, pas grand-chose à l’intérieur. Bon, j’attaque la tête avec délicatesse. Pendant ce temps Odile me mitraille, de ce fait je lui fais toutes les grimaces possibles. Je l’ai mangé entièrement et ce n’était pas trop mal, mais je n’en mangerais pas plus de 2.
La campagne est vraiment magnifique. Je constate que de Kratie à Khompong Cham se doit être la région du bois car j’en vois partout. Des arbres abattus, du bois coupé en petites bûches et entreposées devant les maisons. Des usines à briques, je vous en parlerais à Battambang.
Oh, aie, trop tard ! Et un poulet écrasé ! Quel plouc, une fois il part à gauche, s’arrête, fixe le bus et revient en arrière et paf ! Un chicken à manger pour ce soir ! Plus loin, un accident bien plus grave. Un vélo au sol, un camion, du sang partout, une petite fille au corps inerte, sous le camion, une ambulance, des gens qui crient une femme visiblement en état de choc…
Après de nombreuses haltes, à 1545 nous arrivons à Phnom Penh. Une amie, française, d’Odile, vivant depuis quelques mois au Cambodge, car elle a repris le restaurant de ses parents, parlant khmer, chinois, anglais, français, venait la chercher. Nous nous sommes dit aurevoir et bon voyage. Les motodups me harcèlent déjà. L’un d’eux propose de m’emmener à la « Narin » guesthouse pour 3$US. Je ris et lui dit que malgré l’augmentation de l’essence c’est trop cher. Je lui dit que je vais m’y rendre à pieds car ce n’est pas très loin.
Narin est toujours là ! Tout a changé autour d’elle. Les buildings poussent comme des champignons et les petites rues parallèles sont goudronnés. Les buildings sont beaux. Pas trop grands et les 3 ont des couleurs différentes. L’un est de couleur Pink, l’autre pistache et le dernier Orange. Se sont des guesthouses de 2 à 15 $US.
Je décide de me rendre au Central Market où je m’achète une carte sim khmer, 30$US et une carte prépaye à 10$US pour quand j’appelle les guesthouses, motodup ou Patrik. 10mn avec ma carte sim Suisse, 180.- , j’ai eu la grande surprise l’année passée.
De retour, je donne mon linge à laver et comme il fait déjà nuit, je décide de manger à ma guesthouse un bœuf au gingembre. Excellent ! Je téléphone à Patrik pour lui donner des nouvelles et il me demande si il m’est possible de passer au Sorya Market pour faire un ou deux petits achats pour lui. 12mn de communication 1$US.
Une douche et dodo car demain je vais certainement me lever tôt !
Lundi 19 mai 2008 – Phnom Penh
Après une nuit mouvementée de 1100, mais toujours avec de la fièvre, à 0630 je décide de me lever. Réveillée depuis 4-5 heures. Une petite douche pour nettoyer toute cette fièvre qui parasite mon corps depuis 2 jours. J’espère que je n’ai pas attrapé un truc avec les moustiques. Les tigrés, ceux qui filent la « Dengue ».
A Kratie je me suis faite dévorée vivante et j’ai pu voir qu’ils étaient blanc et noir, comme les tigrés, je crois que c’est lui. Ne pensons pas au pire, j’ai peut-être pris froid avec l’hélice qui tourne au-dessus du lit ?! Au cas où, je lis quand même les explications sur ma boîte de « Malarone » (contre le Palu). Les symptômes sont, que l’on croit avoir la grippe, car « Etat grippal » en générale se déclare 1 semaine après les piqûres et même des mois après. Bon, on verra les jours à venir, si jamais je prendrais de la Malarone.
Je décide de me rendre à pieds au Central Market étant donné que le Sorya Market est juste à côté. Mon dernier repas date de la veille à 1700. Je commence à transpirer à n’en plus finir et ça n’est pas la chaleur. Les articulations me font souffrirent et les intestins s’excitent. Je n’aime pas ça, parce que trouver des toilettes ici ! Ouf, il y en a au Marché et une dame pipi est là, elle vend du papier, sauvée ! Je déteste les WC à la Turc, sauf que ceux-ci ne peuvent vous gicler les pieds, car c’est à vous à l’aide d’une louche, dans un bac d’eau de faire évacuer le tout ! Même vos lunettes ! Les miennes sont tombées directement dans le trou. Eh, oui, les dangers des acrobaties au WC ! Soulagée, malgré un symptôme supplémentaire, la riclette.
Je me rends au Sorya Market où j’ai promis d’aller acheter un programme pour le PC de Patrik. Je me traîne littéralement là-bas. Ce n’est pas encore ouvert. N’en pouvant plus, je m’assois sur des escaliers. Je me fais harceler par de : - Motobike Miss ? Et moi de murmurer : - Té Aukun ! En peu de temps ma chemise, mon front sont trempes. Les portes s’ouvrent, je rampe à l’intérieur, espérant pouvoir m’asseoir et profiter de la climatisation. Moi qui déteste ça mais là, j’en ai besoins.
Alors que j’émerge de ma somnolence, les boutiques s’ouvrent gentiment. Je m’achète à boire, du Panadol et j’attaque les 6 étages en escalators. Pendant que les filles cherchent le programme de Patrik je demande à m’asseoir. Ils vendent la DS, 160$US, je rêve, même à Bangkok, elles sont 240$US, ainsi qu’en Suisse. De plus si vous prenez la carte de 1GO, ils vous chargent 20 jeux que vous pouvez choisir à l’aide de petits classeurs. Vous pouvez prendre la carte de 2 ou 4 GO également. Je craque, malgré mon état. Ce fut difficile pour moi de choisir 20 jeux, je ne suis pas une experte en la matière. J’ai pris les grands classiques, comme : Super Mario – Zelda – Sudoku – Cérébral – Sims 2 – Sonic etc.. Les filles mettent du temps à trouver le programme, j’ai même eu le temps de me faire plastifier la vitre de mon natel pour 5$US et de très bonne qualité, pas comme chez nous.
En redescendant l’escalator je vois des ballons. J’en achète 2. Un pour le foot et un autre pour le volley-ball. Se sont des ballons pour les enfants du futur refuge de l’association AVEC. L’inauguration aura lieu le 6 juin mais il ne sera pas complètement terminé ! Patrik et Theavy m’ont dit que c’était vraiment dommage que je ne sois pas là ce jour-là ! Il y aura une cérémonie avec 56 moines bouddhistes.
Au marché Russe j’achète des petites sandales type « croc » pour le futur enfant de Patrik et Theavy. A mon retour je récupère mon linge, beurk, il pue le moisit et ils m’ont perdu 2 culottes ! Je vais tout relaver à Battambang !
Je mange vers les 1700, du riz et une brochette de bœuf. Avant de monter à ma chambre, je vais régler la note, dans sa totalité, ainsi que le bus pour Battambang, qui partira demain à 0730 au lieu de 0630. Le ticket de bus 6$US, les deux nuits plus les repas boissons et le linge lavé, pour un total de 23$US. Le jeune de la réception, m’averti qu’il faut que je sois prête à 0700. Un peu de lecture et de jeux.
Mardi 20 mai - Phnom Penh-Battambang :
Deux jeunes filles et moi-même attendons devant la guesthouse, un bus est censé venir nous prendre à 0700, pour nous amener à la station de bus, Sorya, qui se trouve vers le marché central. En tout les cas en ce qui me concerne. Mon bus doit partir vers 0730, il devait partir à 0630.
En chemin, les deux miss était un peu inquiètes et elles se demandaient où elles nous allions. Il est vrai que le jeune patron de la guesthouse (un des patrons, un des fils, l’aîné) n’est pas du matin ! Il est plutôt très morose et renfermé dans un immense mutisme. Ses lèvres sont scellées, non par un cadenas pour garder un immense secret mais par l’état végétatif que l’on peut avoir, le matin…
Je rassure les filles, en leur précisant, en anglais qu’il nous emmène à la station de bus qui se trouve près du Marché Central. Finalement, il n’y a que moi qui descend à la station Sorya et je découvre que mon bus est encore retardé à 0745, il partira à 0800, soit 1h30 plus tard.
A 1400 le bus s’immobilise à la station de la compagnie Sorya, à Battambang, de l’autre côté d’un des ponts de la ville. En dehors de cette dernière. Comme convenu, je sonne un coup Patrik sur son natel et raccroche. C’est notre signal, qui lui indique, que je suis arrivée à Battambang et qu’il peut enfourcher sa moto afin de venir me récupérer. Je marche environ 1km, jusqu’au pont, que je traverse et appelle à nouveau Patrik pour lui indiquer ma position précise. 5mn plus tard, il est là !
Theavy, son épouse cambodgienne, et les chiens m’accueillent. Je suis tellement contente de retrouver auprès d’eux. En mangeant, nous parlons du Duathlon. De son organisation, de l’aide financière, de nos dettes, des partenaires, du soutien, du jour « J », du nombre de participants, la course des enfants, parents, le parcours, les couacs etc.… Patrik nous félicite et pense que nous avons bien fait de faire cette première ! Il fallait se lancer une fois ! Il nous souhaite pleins succès.
J’ai appris une très bonne nouvelle, il y a quelques jours, Séb et Sarah m’ont envoyé un sms pour me dire qu’un participant du Duathlon à versé une sacrée somme pour l’association AVEC… Je suis heureuse, le but est à peu près atteint !
Pour les jours à venir, ceux passés auprès d’eux, je vous résumerais, car il y a des choses qui ne s’écrivent pas mais qui se vivent et se ressentent et parfois elles deviennent trop personnelles !
Le dimanche 25 mai 2008
Battambang – Bangkok
Dernière matinée auprès de Theavy et Patrik, mon bus part à 1200, pour Bangkok, il est 0630. Je bois un café à l'abri du soleil dans le jardin et je discute avec Patrik pendant que Theavy, pour une fois essaie de dormir un peu (elle est enceinte).
C'est la première fois que nous discutons autant Patrik et moi, surtout sur des choses personnelles.
Theavy nous rejoind et s'active dans la cuisine afin de nous préparer à manger avant que parte. Je suggère à Patrik de lui dire de ne surtout pas se mettre en quatre pour mon estomac car je ne vais pas manger à cette heure-ci de la journée.
Pendant tout mon séjour elle n'a pas arrêté alors que sa grossesse et une grossesse du genre à devoir rester un maximum allongée... De plus en ce moment, il n'y a pas que les repas et les corvées ménagères, elle est en train de préparer tous les petits présents pour les moines qui viendront célébrer la cérémonie