Cette année, dès que j'arriverai à Bangkok, je sauterai dans un avion pour Phnom Penh. D'habitude je sautais dans un bus et rentrais dans le Cambodge par la voie terrestre du côté de Poipet. J'adorais m’imprégner du pays en le découvrant petit à petit. Montagnes par montagnes, rizières par rizières ....
En arrivant à Phnom Penh, je compte rejoindre Séb et Sarah de "Sakodo", qui je vous le rappelle ont quitté la Suisse définitivement pour le Cambodge, le 14 janvier 2009. Je vais également voir le refuge de AVEC dans la région de Battambang et Patrik, le président, Theavy son épouse et leur petite fille, Heidi.
Mon voyage me mènera au Vietnam par la voie fluviale, de Phnom Penh jusqu'au Delta du Mékong. A Can Tho, je prendrai le bus jusqu' à Ho Chi Minh.
Genève - Amsterdam- Bangkok - Phnom Penh - Ho Chi Minh - Phnom-Penh- Battambang et Phnom Penh - Bangkok - Amsterdam - Genève.
Lundi 4 Mai 2009
Départ de Genève aéroport à 0940 avec KLM.
L’avion s’arrache du tarmac genevois à 0940. Le temps est à nouveau pluvieux. L’année passée des trompes d’eau s’écrasaient sur la piste et des éclairs déchiraient le ciel dans un concert fracassant.
Un vol à moitié vide avec deux sièges libres à mes côtés. Si seulement je pouvais avoir la même chose sur le vol, Amsterdam-Bangkok. Le vol a été rapide, le temps d’avaler quelques « TUC », un verre de jus d’orange et l’avion entamait sa descente.
Aéroport d’Amsterdam :
Arrivée à 1106 dans un immense est très bel aéroport moderne. Décidément Genève, tu as encore beaucoup de travail…
Il y a des boutiques partout mais il faut avouer qu’elles sont toutes identiques. Aux abords de chaque satellite elles sont présentes.
Mon vol avec Air China est affiché pour 1445 mais je dois me présenter à la porte d’embarquement à 1345, soit une heure avant. C’est une première pour moi, avec cette compagnie. Je découvre à travers la vitre du satellite que c’est un Boeing 747 de deux étages. Il en jette. Deux tunnels d’accès à l’avion, en fonction de votre numéro de siège. Intelligent, au moins là, il n’y a pas de bouchons !
Dire qu’il y a une semaine je voyageais sur Flybaboo pour Vienne et l’avion était minuscule, de type autocar et à hélice…. J’avais oublié que c’était aussi bruyant !!
J’ai dû acheter un adaptateur pour mon PC, eh, oui, par hasard j’ai réalisé que la prise pour recharger mon PC était une prise à trois fiches et mon adaptateur pour l’Asie est à deux fiches….
J’ai passé un bon vol, d’autant plus que j’ai eu l’agréable surprise, deuxième de la journée, de voyager avec trois sièges rien que pour moi. J’ai pu me vautrer. C’était mon jour de chance, ça ne m’était encore jamais arrivé. Mon voisin de derrière a eu la même chance et il m’a souhaité une très bonne nuit !
Sur ce vol, il y avait plusieurs sièges de vides mais comme il fait escale à Bangkok pour terminer son voyage à Tapei, il y aura certainement du monde à Bangkok. Premier achat dans un avion également. Je me suis achetée un de ces colliers qui sont censés vous faire passer vos mots de nuque… Celui-ci a le fermoir qui s’aimante, il vient directement d’une firme japonaise spécialisée en Nano technologie. On peut les trouver dans quelques pharmacies chez nous, sinon via le net. Certaines personnes m’ont dit qu’elles ne remarquaient aucunes différences. D’autres du milieu sportif, triathlètes, m’ont vantés les biens-faits. On verra bien si je constate une différence. Depuis une chute en patin, il y a une année, j’ai deux vertèbres cervicales qui ont tendances à se bloquer régulièrement.
Un petit repas nous a été servi juste avant les petits achats, aux alentours de 1600. C’est tôt pour manger un repas complet. Une fois les denrées avalées, tout l’avion s’est rapidement endormi et les stores des hublots sont descendus subitement par les hôtesses de l’air. Et si je ne veux pas encore dormir ?!
Quand à moi, ne me débrouillant pas assez en anglais et encore moins en chinois, j’ai opté pour un film sur mon PC. Le dernier James Bond. Chouette, il est sympa, sauf qu’après 58mn, la batterie de mon portable était HS. Décidément il faudra que j’écrive aux fabricants afin qu’ils nous confectionnent des batteries de plus longues durées. En plus c’est un mini PC, de 10’. Ma console a pris le relais. Cette année je me suis équipée, pas de lecture cette fois-ci, les bouquins, mes différents guides sont dans mon sac à dos au frais, ils se rafraichissent les idées dans la soute.
J’ai dû m’endormir vers les 1700. A 1830, une vieille douleur à ma hanche gauche m’a réveillé. Je me suis retournée et rendormie jusqu’à 2045. Puis je suis restée éveillée pendant une à deux heures pour finalement somnoler jusqu’au repas de 0015. Des pâtes chinoises au poulet, un cake, un jus d’orange et un café, tout ça pour le petit déjeuner… Je vous rappelle qu’il est 0515 à Bangkok. L’avion devrait atterrir à 0630 et mon vol suivant, le 3ème en 24 heures, avec Air Asia à 1450. J’imagine déjà, je me traîne jusqu’aux passeports où je serais accueillie par des spécialistes en chirurgie, muni de leur masque, à moitié endormie je patienterai que leur caméra m’ausculte sous tous les angles et je tenterais deux trois sourires de béatitudes, puis j’attendrai que mon sac termine ses petits tours en manège afin que lui aussi se dégourdisse les pattes car dans très peu de temps il va retourner sur un de ces manèges mais pour un nouveau départ et avec une nouvelle compagnie. Avant de l’y emmener, je fais un crochet par les toilettes pour « la petite fauvette » qui doit avoir une haleine de « Druide » comme dirait « Nico » ou de vieux « Fennec » du désert ! Se rafraichir, se peigner, se parfumer et un peu de Nivea. Voilà, on est déjà un peu plus réveillée !
Mardi 5 mai 2009 - Bonne fête maman !
Je pense à Maman qui a son anniversaire aujourd’hui, toutes mes pensées vont vers toi maman !
0825, heure locale, je m’installe sur un banc, dans le but d’y rester jusqu’à midi, car bonne nouvelle, je ne peux pas enregistrer mon sac. Maximum 3 heures avant le départ. J’ai déjà fait tous les étages, retiré des baths afin de m’offrir un café froid ou un Mocachio. Ces noms de cafés me font sourires car ils me font penser au w-end dernier à Vienne. Nous cherchions désespérément un café viennois avec la chantilly et à la fin du w-end, c’est dans un fast Food japonais que nous avons trouvé ce qui ressemblait en tous points à un café avec de la chantilly, que j’ai nommé le Mocachio. Pardon, revenons à nos moutons.
Le reste de mes baths je les ai changés en dollars. Pour le Vietnam on verra en temps voulu. Ils ne peuvent pas avoir la même monnaie dans toute l’Asie, comme l’Euro… Je repense au magnifique spectacle auquel j’ai assisté depuis l’avion à 0145 (0545 à BKK) avec vue imprenable sur la mer… Un point rouge vif, a surgi de nulle part, derrière les nuages et tout doucement, on a l’impression que cette lumière monte, monte pour finalement se transformer rapidement en une grosse boule de feu. C’est un très beau spectacle et tout ça dans un immense silence.
Le temps est au beau fixe dehors. Le simple fait d’être passé de l’avion au tunnel qui nous digère dans le satellite, l’humidité s’est tout de suite faite sentir, elle se jette sur vos habits qui se collent à votre peau.
Je cherche en vain, une prise pour charger mon PC et pourquoi pas, regardé la fin du dernier James Bond. Finalement j’en trouve une, à moitié sortie du mur. J’hésite à aller me faire masser en attendant, 300 baths, ça n’est pas cher ! On verra au Cambodge je suis certaine que Séb et Sarah auront une bonne adresse. Voilà, j’y suis, en vacances, à Bangkok et dans quelques heurs à Phnom Penh. Pardonnez-moi mais je ne réalise toujours pas c’est pourquoi je vais lâcher les écrits pendant un instant afin de savourer pleinement ce moment et penser à vous qui dormez encore profondément, il est 0400 chez vous.
Ce flot de gens, venus des quatre coins du monde. Je ne me lasse pas de les regarder. Je m’amuse à imaginer leur vie, une vie… Finalement je trouve une prise murale de libre et qui fonctionne.
1200, je suis devant les guichets d’Air Asia afin d’enregistrer mon bagage. Sur mon ticket d’achat, ah, non ce n’est pas mon ticket des courses, ça y ressemble à s’y m’éprendre, il y a inscrit en anglais ; N°Gate, 10mn avant embarquement ! Chouette ça c’est du timing ! Une fois le contrôle passé, je découvre que mon vol est retardé d’une heure. Après un sms à mes deux suisso-cambodgiens pour annoncer mon arrivée retardée je me suis avalée des sushis et un café glacé. Jusqu’à l’embarquement, 4 heures plus tard, j’ai somnolé sur des chaises pas du tout confortables.
Un vol sans problèmes, le principe est le même que pour easy-jet, rien à boire et à manger sauf si vous sortez des dollars…
Séb et Sarah m’emmène dans leur quartier non loin du Mékong (2mn) et de la poste principale ou du Vat Phnom. Je loge une nuit dans la guesthouse d’une de leur connaissance française. Elle s’est ouverte le 9 avril 2009. Les chambres sont belles, très classes, surtout les salles-de-bains. Il faudra compter 25 dollars pour la petite avec TV écran plat, climatisation ou hélice et 65 dollars pour les grandes qui sont très grandes, avec un balcon donnant sur la rue, un écran plat et lecteur DVD, une magnifique et immense salle-de-bain, la climatisation et l’hélice. J’ai essayé de négocier en assurant 5 nuitées, la chambre m’a été proposée à 20 dollars. J’y ai passé une nuit et le lendemain me suis installée dans la guesthouse « Diamond’s » au carrefour, avec une grande chambre double lit, la fenêtre donnant sur la rue, l’hélice, douche avec eau chaude pour 7 dollars au lieu de 8 dollars. Maintenant je ne suis pas là pour juger et comparer, je dis juste que j’ai pour habitude de prendre des chambres entre 4 et 7 dollars, car je n’ai pas besoin du grand luxe. Je passe mes journées dehors et j’y viens juste pour dormir, l’important c’est que la chambre, le lit soient propres.
Premier souper dans un petit resto typiquement khmer avec une délicieuse cuisine et une terrasse ombragée. Pour ma part la salade khmer avec du bœuf, un régal et piquante à souhait.
Mercredi 6 mai 2009 - Bonne fête Danilo !
Phnom-Penh
Je vous ferais grâce des détails, de la superficie de la ville, du nombre d’habitants car je ne voudrais pas être répétitive, j’en parle déjà en détails dans le journal 2007-08.
Je vous conte l’histoire de chaque ville visitée, pourquoi Phnom-Penh par exemple : Phnom veut dire colline et Penh était le nom d’une dame qui avait trouvé 4 statues de bouddha au pied d’une colline, la ville s’appelle donc : la colline de Penh. Si vous désirez avoir ce genre de détails, je vous invite à lire le journal 2007-2008.
Mes yeux essaies de s’ouvrir vers les 0830, grâce au réveil ou à cause… Les multiples plis accumulés du manque de sommeil se remarque à des kms à la ronde.
Un petit sms à Sarah pour l’avertir de mon réveil et lui fixer rdv dans 30mn. La douche fraîche ne m’a pas plus déplissée mais bon c’est comme ça !
Pendant que j’attends Sarah, une vieille cambodgienne fait du scandale sur la voie publique. Ma série TV khmer commence… Les motos-dop me hèlent, les klaxons reprennent le son quotidien de la ville, je me sens planer. Sarah arrive, un petit crochet au bankomat et un petit café sur une terrasse khmer. Attention au café, les cambodgiens sont friands du lait condensé en boîte qui est hyper sucré. Ils vous en mettent une sacrée dose et c’est très écœurant. Sur la table des sortes de beignets, trempés dans le café c’est très bon, sinon c’est trop fade. Je fais partie de ceux ou celles qui n’aime pas tremper de la nourriture dans la boisson.
La chaleur est étouffante et le soleil cogne. Il fait entre 37-38° à l’ombre. Nous nous sommes trainées d’une rue à l’autre, la langue pendante, le front perlé de sueur et le teint pâle. Nous nous sommes rendues à un stand de vente de cartes sim où je me suis achetée une prepaid à 10 dollars. Tenez-vous bien, je peux appeler en Suisse pour 19 ct la mn, même sur un natel, envoyer des sms pour 10ct, me connecter sur internet GPRS/EDGE pour seulement 2ct les 10Kb. C’est une nouvelle carte sim, Mettravel avec le N°097…. Vous avez l’option à 5 $ pour 3 $ de crédit et 7 jours de validité ou alors celle à 10 $ pour 8 $ de crédit et 15 jours de validité. Bon plan pour les gens du voyage !
J’ai testé, j’ai appelé sur un natel en Suisse et la déduction correspondait bien à du 19ct la mn. Idem pour le fixe.
En face du vendeur de carte sim se trouve la guesthouse Diamond’s. Nous sommes allées voir s’il y avait une chambre de libre et on m’a proposé une double pour 7dollars au lieu de 8 dollars. Celle dont je vous ai parlé un peu plus haut. J’en ai profité pour m’acheter mon billet de bus Phnom Penh-Vietnam pour 10 dollars et 6 heures de route. Visiblement la descente en bateau ne se fait pas trop et comme peu de monde l’effectue, elle est plus chère. Je vais donc me rendre à Ho Chi Minh en bus et j’irai au delta du Mékong depuis Ho Chi Minh.
Nous sommes allées au marché acheter quelques desserts pour ce soir. Je ne connais pas tellement les desserts khmers et j’ai envie d’y goûter. Nous achetons donc diverses petites portions. Du riz gluant à la noix de coco avec un soupçon de Durian (un fruit que je n’aime vraiment pas, déjà rien que son odeur). Une espèce de pudding noir qui pourrait ressembler de loin à des bestioles noires mais non je vous rassure. C’est une sorte de pudding aux herbes khmers (pas fameux). Une autre gélatine verte et blanche qui a un goût de cacahuètes (une sorte de tourte Thaì de différentes couleurs). Un autre riz gluant noix de coco et haricots rouge (très bon mais bourratif) !
Non loin du Vat Phnom nous avons échangés quelques mots, des sourires avec des enfants khmers. Sarah s’entraîne avec eux pour apprendre le khmer. Elle et Séb ont pris des cours privés de khmer. J’adore l’écouter parler surtout quand le khmer est tout heureux d’entendre un « bareing » (étranger) parler le khmer, il raconte toute sa vie et parle très vite. Sarah en perd son khmer !!! Nous nous sommes promenées au gré des rues. La circulation est encore plus dense que les années précédentes. Il y a toujours plus de voitures, de motos, de motos-dop, de cyclos-pousse et de piétons. Tout ce petit monde sur la route et dans tous les sens. Les trottoirs n’existent pas, ils sont occupés par tous les marchands de rue. Les places de parques auto-moto n’existent pas non-plus. Je n’ai pas trop fais de photos car j’en ai déjà fait beaucoup à Phnom Penh auparavant.
Sarah a un petit creux. Bien qu’elle soit toute maigre elle mange plus que moi. Du reste elle m’a dit, afin de me convaincre : - Mon père disait. « Mange, car tu ne sais pas qui te mangeras » ! Nous avons donc mangé dans le quartier chinois différents Dim Sum, se sont des bouchées vapeur. Elle a commandé différents plats afin que je puisse goûter un peu de tout ! Il y avait les galettes de radis (pas mon truc), les crêpes à la farine de riz aux crevettes séchées (pas mal du tout), les pains vapeur naturs (très bon) et ceux aux légumes. Des moines sont passés devant la terrasse et j’ai souris. Sarah m’a dit : - Qu’est-ce qu’il y a Lanath ? Je lui ai répondu : - En voyant les moines, j’ai pensé à une personne que je connais bien, qui les surnomme les « paresseux » ! Nous avons rigolés et démarré un petit débat à ce sujet. Il est vrai que le khmer est pauvre et trime toute la journée et tous les jours pendant que le moine vient mendier sa nourriture et de l’argent. C’est vrai ! Il faut quand même savoir qu’il y a plusieurs catégories de moines ! Je vous avais du reste parlé de mon étonnement, l’année passée, lors de mon voyage au Cambodge et au Laos, quand j’ai vu des moines avec des natels, des appareils photos numériques, des DVD etc… En tout les cas, pas, comme le veut la tradition, juste un bol en bois… Il faut aussi savoir que dans la vie d’un homme khmer le passage dans un monastère, sauf erreur est d’une année, en tant que moine, est obligé. Vous imaginez donc bien que grand nombre ne sont pas forcément motivé. Il y a donc ; la catégorie des voyous, ceux qui sont envoyés dans un monastère comme punition. La catégorie de ceux qui sont orphelins ou que les parents ne veulent plus ou ne peuvent plus nourrir. La catégorie des familles aisées et pour finir celle où se sont des moines par conviction et qui apprennent le khmer ou les langues étrangères aux autres khmers et aux analphabètes. Ils aident également les pauvres.
En fin d’après-midi nous sommes montées à l’appart de Séb et Sarah qui se trouve sur les toits. Une fois arrivées en haut nous étions trempes. Les escaliers ne sont pas comme chez nous, la largeur des marches sont pour un petit 36, comme moi et encore. Elles sont raides. On monte presque en rampant. Une position à la verticale, limite de tomber en arrière. Il faisait 37° dans leur salon. Elle me raconte qu’avant c’était pire car le toit était en tôle, ils ont atteint les 43°. Grâce aux grosses pluies qu’il y a eu, il y a 2 semaines, le toit a pris l’eau. Séb et Sarah ont proposés aux propriétaires de construire un faux plafond dans le salon et cimenter le dessus. Aussitôt dit aussitôt fait. Depuis, ils revivent. Les propriétaires tiennent le petit magasin du rez de chaussée et sont très gentils.
Nous avons dégustés un grand verre d’eau grâce à leur super frigo qui en sort de l’eau très fraîche. Leur appartement est sympa avec une jolie terrasse, d’où on voit le Mékong. Assises sur des chaises près d’un ventilateur, j’ai inauguré ma carte sim khmer en appelant Patrik Roux, le président de l’association que je soutien (AVEC), dont je suis marraine de deux enfants, afin de lui annoncer ma venue. Il m’a proposé un super plan et je pense que ça va être une excellente expérience. Je vais dormir aux refuges des enfants et familles pauvres. Je mangerai avec eux et je dormirai et vivrai à la khmer, parterre sur une natte, par contre dans ma propre chambre. Je me réjouis déjà de vivre au milieu d’eux. De les suivre à l’école, dans leurs jeux, à table dans leur vie quotidienne au milieu des rizières en pleine campagne. Je sens déjà les rires quand je vais tenter de parler du khmer mais c’est ça qui est super !
Du coup, mon planning va être short. Quand vous dites à votre entourage je pars 19 jours, on vous dit que c’est beaucoup de jours, mais quand vous commencez à planifier, c’est autre chose. Je m’explique. Vendredi 8 mai je vais partir en bus à 0845 pour Ho Chi Minh, au Vietnam, pour environ 6 heures de route. Pour que mon déplacement vaille la peine, je vais quand même rester 4 jours afin de visiter les environs et faire une balade sur le delta du Mékong. Il faudrait que je remonte sur Phnom Penh, le 13 ou 14 mai où je passerai une nuit et reprendrai un bus pour Battambang à 6 dollars et pour également 6 heures de route. Si les vols sont bon marché je rentrerai sur le Cambodge en avion depuis le Vietnam pour gagner du temps. Au refuge je vais passer 3-4 jours et ensuite je vais redescendre sur Phnom Penh en bus. Le 20 mon avion quitte le Cambodge pour Bangkok et le 23 je quitte le Bangkok pour Amsterdam puis la Suisse. Aie ! Aie ! On verra bien !
J’ai quitté Sarah chez elle pour aller me prendre une bonne petite douche avant d’aller nous faire masser, puis souper.
Un massage divin façon khmer, c'est-à-dire sur les habits. Des pieds à la tête pendant 1 heure pour seulement 6 dollars. En plein massage il y a eu une panne d’électricité pendant environ 10-15 mn et les bougies ont dû être allumées. C’était encore plus relaxant car la TV ne fonctionnait plus non-plus. Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés dans un resto khmer et avons mangés une soupe khmer au bœuf (bœuf bouilli, pâtes chinoise, légumes et épices). A table, même au restaurant, les hommes sont toujours servis avant. Nous avons dû attendre un petit moment Sarah et moi pour être servies. Si vous avez des sacs à la main (hommes et femmes) le moto-dop khmer portera, aidera, l’homme et vous la femme vous pouvez porter vos affaires toute seule….
Les desserts achetés au marché ont été dégustés chez eux avec un petit thé chaud. Je les quitte aux alentours de 2345 et trouve porte close à ma guesthouse. Je ne peux pas rentrer et la sonnette ne fonctionne pas. J’ai donc dû taper sur le grillage à l’aide du gros cadenas se trouvant sur la serrure.
Jeudi 7 mai 2009
Mon réveil sonne à 0900 mais impossible de me lever. Mes yeux sont collés à la glue de riz de noix de coco. Je reste dans un semi-coma jusqu’à 1000 et me jette sous la douche. J’envoie un sms à Sarah et lui file rencard à ma guesthouse. J’avale un thé chaud Lipton en l’attendant. En me voyant elle rigole et me dit : - « Oh, Lanath, on a des petits yeux !».
Elle a siroté un limon glacé et nous avons alpagué un moto-dop. Sarah à baragouiné quelques mots en khmer ou plutôt marchandé notre déplacement en khmer. Nous savourons ce moment, celui de se faire transporter. Une légère brise chaude vient nous brûler la peau. Notre expédition aura pour terminus le marché russe. Nous sommes venues ici pour que Sarah puisse s’acheter deux sacs, un faux GUCCI et un soit disant vrai autre sac pour la modique somme de 19 dollars, puis nous sommes allées à la recherche d’une moustiquaire et d’un sac de couchage en soie pour moi. Elle me sera très utile, la moustiquaire quand j’irai dormir à Battambang dans le refuge ainsi que le sac de couchage en soie. Je l’appelle ainsi car c’est un bout de soie cousu dans la forme du sac de couchage. Le but est de dormir dans quelque chose de propre, à vous, mais de très léger et de complètement fermer pour vous protéger un peu des moustiques. Le haut, à la hauteur de la tête, au lieu de se rabattre sur votre tête, vous le rabattez autour de l’oreiller ce qui fera une sorte de taie d’oreiller. Le morceau de tissu en soie pour 10 dollars et la moustiquaire de 1m20, 4 dollars. La petite dame du stand à moustiquaire vendait également des hamacs. J’ai hésité longuement à m’en acheter un, j’adore ça ! Pour dormir au refuge !
A Battambang les moustiques sont voraces et friands de viande blanche surtout celle de Lanath. Sarah me dit de faire gaffe car elle a attrapé la dengue là-bas !
Sarah à marchandé à nouveau, (c’est une tradition, vous n’achetez rien sans marchander) pour les sangles qu’elle a acheté afin de fixer leur hamac plus solidement sur leur terrasse. Alors que Séb se détendait hier soir dans le hamac, les cordes qui le tenaient, bouffées par le soleil ont cédés et Séb s’est retrouvé les 4 fers en l’air ! Plus de peur que de mal. Quand Sarah a expliqué ça à la marchande, un petit vieux assit derrière nous s’est mi à rire de ses 3 dents.
La chaleur est telle à l’intérieur du marché que nous longeons ce dernier par l’extérieur en plein soleil. Je commence à me sentir mal, la tête de me cogne et des sueurs froides commencent à apparaître. A cet instant elle m’annonce que nous allons rejoindre Séb dans un petit resto juste à côté pour le midi. Séb travaille à « Cambodge Soir » un journal franco-khmer mais écrit en français. Il est le webmaster du site. Tous les jeudis un numéro sort et aujourd’hui Séb m’a fait l’honneur de m’apporter un exemplaire qui est relativement cher, environ 2,5 dollars. N’en pouvant plus, je commande un thé froid et j’en avale deux pendant qu’ils mangent. Oui je sais Sarah, - « Mange car tu ne sais pas qui te mangera ! ».
Nous sommes rentrés en direction de la guesthouse. Sarah est partie en direction de l’aéroport pour accueillir sa maman qui vient pour la première fois au Cambodge. Séb est retourné travailler et je suis allée dans ma chambre pour mettre mes notes à jour sur mon portable. Du reste il faudra que je mette ce que j’ai déjà écrit sur mon site, sinon vous allez imaginer que je n’écris pas. Nous avons convenu de nous retrouver plus tard pour aller manger tous ensemble.
Pour le souper nous nous sommes rendus à l’association ROMDENG. Un français, grand cuisinier, a voulu contribuer à aider les jeunes khmers démunis, se trouvant à la rue et très souvent délinquants en créant une école d’hôtellerie. Les plats servi sont des plats typiquement khmer repris des campagnes et parfois légèrement modifié ou adapté. Vous êtes servi par de jeunes khmers et les plats sont également cuisinés par les membres de cette école ! Les plats varient entre 5-7 dollars, certes plus chers que dans la rue mais d’une part vous êtes très bien servi et d’autre part vous aurez le droit à de très belles présentations. Le plus important dans tout ça, en dégustant des plats khmers vous contribuez à aider cette ONG des plus sérieuses.
Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le plat Khmer Muslim beef and Pemut Curry. C’est un plat que le khmer mange le matin au petit déjeuner. Une soupe de curry rouge avec des morceaux de bœuf bouillis. Vous pouvez aussi découvrir un autre plat traditionnel comme le fameux Amok. Poisson khmer servi dans une feuille de banane au curry.
Je suis passée chez Séb et Sarah afin d’essayer de mettre sur internet mes petits récits. Aux alentours de 2330, sur le chemin du retour, les rues sont comme à l’accoutumée, déserte. Les cyclos-pousses se sont installés pour la nuit dans leur cyclo. Quelques motos-dop dorment en équilibre sur leur moto et d’autres, à même le sol le long des stores fermés, des boutiques. C’est entre ces dormeurs que je slalome et vais pratiquement à taton car la rue est sombre, peu éclairée.
A nouveau ma guesthouse est fermée et la sonnette ne fonctionne pas. J’appelle, car deux khmers dorment dans le couloir sur des lits d’appoint ou à même le sol. Au Cambodge c’est une chose courante, vous découvrirez le soir, dans les couloirs de votre guesthouse, des petits lits ou des nattes à même le sol. La plupart vivent à plusieurs dans une seule pièce et pas une grande. Cette dernière fait office de chambre, de cuisine, de salon. Parfois, ils cuisinent dehors sur un petit balcon, sur le toit d’une maison ou à même le trottoir. Un réchaud à gaz avec une seule plaque, une bassine en plastique pour laver la vaisselle, les légumes etc.… Les grandes familles cuisinent mais pour la plupart, les petites ou les couples, ne cuisinent pas et mangent dans la rue, aux stands restaurant.
Vendredi 8 mai 2009
Phnom-Penh – Ho Chi Minh au Vietnam
Mon bus démarre à 0838 au lieu de 0845… Quel miracle ! Je voyage avec la compagnie SORYA, l’année passée également celle-ci mais aussi la CAPITOL. Les voyages de plus de 380km, 6heures de route reviennent à 10$. Eh, oui, ça n’est pas comme chez nous, entre 2 et 3.- l’heure. Ici vous loué une moto à ce prix pour toute la journée !
J’ai dû remplir un formulaire sur mon état de santé, pour rentrer sur le territoire Vietnamien. Merci la grippe porcine !
A l’entrée de Bangkok et de Phom Penh j’ai aussi dû remplir un formulaire, c’est bien la première fois. Sur le formulaire tous les symptômes de la grippe sont énumérés.
Nous sommes arrivés au bord du Mékong où nous devons le traverser à l’aide d’un ferry pour rejoindre l’autre rive où se trouve le village ou mini ville Noeung Loung, il est 1015. Les petites vendeuses affluent de tous les côtés, elles savent qu’elles n’ont que quelques minutes pour vendre deux trois petites choses. Les graines de fleurs de lotus, qui sont excellentes, en passant par des fruits, des boissons ou des brochettes de toutes sortes d’insectes. Je ne vois pas de crickets, dommage !
La plupart des vendeuses sont de très jeunes filles de 6-7 ans à plus. Elles portent en plein soleil et ce toute la journée, des protections pour les bras. Une sorte de long gant, des pantalons, des masques pour la poussière, des chapeaux et installés dessus, d’immenses plats rempli à ras-bord ou dans la hauteur en pyramides. Tout ça, avec le sourire alors que l’on devine qu’elles crèvent de chaud. La sueur perle sur leurs jolis minois.
A 1250 nous sommes à la frontière et nous attendons on ne sait qui, on ne sait quoi. Tout d’un coup, un « Minimois » vêtu d’un uniforme et d’un masque sur le nez et la bouche, ausculte tous les blancs du bus et rien que les blancs. La petite « Minimois » nous demande à travers son masque si nous avons bien répondu aux questions et nous enfile une sorte de thermomètre dans l’oreille. Sans mot elle passe au blanc suivant. Elle s’en est allée aussi vite qu’elle venue, visiblement satisfaite des résultats de nos oreilles. Les khmers et les vietnamiens du bus, quand à eux, ont bien ri mais étaient également très soucieux et se protégeaient le nez et la bouche lors de notre sommaire auscultation. Trop tard ! Nous vous avons contaminé !
1321, enfin nous passons la dernière barrière de la frontière ou plutôt nos sacs, doivent passés les rayons X et me voilà sur sol vietnamien à la frontière de Moc Bai. A nous le Vietnam ! Xin Chào Vietnam ! Bonjour Vietnam !
Je me suis rendu à mon hôtel, à l’aide d’un moto-dup. On peut compter sur eux, ils sont toujours présents à une descente de bus… Il m’a donc emmenée à l’hôtel Blue River, qui d’après mon guide est bien, rapport qualité prix. Sur place une charmante vietnamienne m’accueille et me signale que les chambres sont à partir de 18$. Je lui explique mon étonnement, que dans mon guide, le Lonely Planet, parle de chambre à partir de 10$. En faite, elle me dit qu’ils ont un Blue River 2, qui vient d’être construit et qu’il y a des chambres à 10$, mais qu’il ne se trouve pas dans la rue touristique. Elle m’offre un rafraîchissement et m’emmène sur sa moto au Blue River 2ème du nom. Pour 10$ j’ai un grand lit, une grande douche, un mini-bar, la TV, le wifi et le déjeuner tout inclus. Visiblement l’ouverture est récente, il est propre avec un ascenseur et pendant les 3 nuits que j’ai passé, je n’ai pas vu un seul client, pas âmes qui vivent. J’étais la seule. Par contre la chambre méritait un coup de balai ce qui n’a jamais été fait pendant les trois jours. J’ai même enlevé le linge qui faisait office de sortie de douche, il était sale et pleins de moisissures.
Le réceptionniste, un lady-boy comme ils disent en Asie, m’a confisqué mon passeport jusqu’à mon départ et m’a donné différentes brochures pour des sorties organisées.
L’une d’elles a retenu mon attention, une journée de visite, bus, bateau dans le delta du Mékong, tour en pirogue, balade à vélo, repas compris, visite de différentes manufactures, pour 14 dollars. Le rendez-vous est pris pour le lendemain à 0730, quelqu’un viendra me chercher.
Il m’a fourni un plan du centre ville. Il se trouve à environ 10-15mn à pied d’où je me trouve. Je me rends donc au Bên Thanh Market. Construit en 1914, il était appelé « les halles centrales » par les français. Parmi les nombreux marchés couverts de HCMV, il est incroyablement vaste. Il déborde dans les rues avoisinantes. Sa coupole centrale mesure 28m de diamètre. L’entrée principale est montée d’une horloge et face à celle-ci, se dresse une statue équestre de Tran Nguyen Hai qui fut le 1er Vietnamien à utiliser des pigeons voyageurs. A sa base un petit buste blanc représente Quach Thi Trang, une femme bouddhiste tuée lors des manifestations antigouvernementales de 1963.
Bon, avant de raconter ma vie, un peu de généralité sur Ho Chi Minh. Un tout petit peu promis très succinctement…
Ho Chi Minh anciennement Saigon, est le moteur et une des plus grandes métropoles du Vietnam. Tout le monde continue de l’appeler Saigon, hormis les officiels.
On est tout de suite frappé par les embouteillages, le chaos généralisé et l’absence d’espaces verts. 6,3 millions d’âmes vivent à Ho Chi Minh (10 millions à Bangkok). Il y a pratiquement que des motos, 3 millions circulent dans les rues tous sens en éveil. Les rares feux ne sont pas respectés. Sauf, si la police est en planton sur le trottoir. Même dans les gros carrefours, tous les véhicules y compris les piétons, s’entrecroisent sans se toucher, sans freiner comme dans une valse interminable. Au Cambodge et visiblement ici également, le but quand vous êtes piéton et de ne pas s’arrêter mais de marcher lentement afin que les chauffeurs anticipent tous vos mouvements et vous évitent. Ne jamais courir ! Le port du casque est obligatoire depuis peu et vous pouvez trouver toutes sortes de casques d’une grande originalité. Ils sont de type jet avec une visière. Beaucoup ont des décorations. Du coup votre casque ressemble à une casquette, à un casque de l’armée, de pilote etc... Leurs casques ressemblent aux casques des skateurs ou des hockeyeurs mais avec une visière. Au Cambodge, le casque en tant que passager n’est pas obligatoire, allez savoir pourquoi ?
Ho Chi Minh est à elle seule une petite province qui s’étend de la mer de Chine méridionale à la frontière cambodgienne, ou presque. 90% de la superficie de HCMV sont des régions rurales et accueillent 25% de sa population. HCMV est divisée en 16 districts urbains et 5 ruraux. Par exemple : Le district 1 s’appelle Saigon, le district 5 quand à lui est le quartier Chinois ou Cholon, qui signifie « grand marché ».
Saigon, fut prise en 1859 par les français qui en firent la capitale de la colonie de Cochinchine. Elle devient capitale République vietnamienne à partir de 1956 et tomba aux mains des forces du Vietnam Nord en 1975 et fut rebaptisée HCMV. Sans doute un tiers des habitants vivent-ils à HCMV illégalement. Il faut être en possession d’un permis de séjour.
Bon, revenons à mes découvertes. Je suis donc allée manger au marché Bên Thanh. J’ai mangé le plat le plus courant, le Phô Bô Viên. C’est une soupe avec du Bœuf bouilli, des herbes et des épices. Je n’oublie pas de vous parler des plats que l’on peut manger mais comme je mange une fois par jour, je n’ai pas de grandes occasions.
Après ce festin de roi, je suis allée digérer dans un immense parc, se trouvant en face du marché où un grand nombre de vietnamiens se retrouvent en fin de journée pour jouer à ce jeu dont ils sont si friands. Une plume et au bout de celle-ci, plusieurs rondelles de caoutchouc superposées qui font office de ressort. Les joueurs se mettent en rond et se l’envoie avec les pieds et uniquement avec les pieds. Un peu comme notre petite balle pleine de sable ou de riz enfermée dans du coton crocheté. Un peu plus loin, un groupe de femmes, comme au Cambodge, font de l’aérobic sur une musique bien de chez nous et très entraînante. Un ou une prof, donnent le rythme et montre les mouvements à exécuter.
Je m’installe un peu plus loin, au bord de la route et j’observe ce flot de véhicule incessant qui est vraiment impressionnant. Quelques feux, pas de stop, quelques rares passages piétons, rien n’est respecté et rien pour les piétons. Une personne âgée traverse cet immense carrefour où plus de 8 artères se rejoignent, avec ses cannes sous les aisselles. Rien ne lui est arrivé, tout le monde l’a évitée. Même les handicapés en fauteuil roulant. Avec ce principe, tout le monde doit faire attention à tout et à tous. Très souvent, les motards transportent, des frigos, des TV ou sont à 4 sur la moto et le conducteur est au téléphone et pilote sa moto à une main. C’est un vrai spectacle. Chez nous, nous sommes assistés pour tout et quand il n’y a plus de feux c’est la panique et des agents doivent se dépêcher sur place pour faire la circulation.
Ici aussi, comme au Cambodge, les femmes tiennent le porte-monnaie et donnent l’argent de poche à leur mari. Pour les visites à l’intérieur de la ville, se sont des femmes qui servent de guides. Dès que c’est à l’extérieur, les hommes s’en charge !
Je suis rentrée de jour à mon hôtel car je n’avais pas encore mes points de repères.
Samedi 9 mai 2009
A 0645, je me suis levée afin de me préparer pour ma longue journée. Elle a débuté par 3heures de bus jusqu’au Delta du Mékong à Cai Be. C’est un petit village au bord du Mékong, les habitants sont essentiellement des pêcheurs. De là mon groupe et moi-même (27 personnes) sommes montés à bord d’un joli bateau avec des chaises en osier, pour nous rendre au marché flottant. Je déteste faire les sorties en groupe mais parfois c’est le seul moyen, surtout quand on a peu de temps, de visiter différents endroits et à moindre coût. En faite c’était plutôt les marchands vivants sur le bateau que nous avons vu. Bref, notre bateau est passé entre eux et nous nous sommes arrêtés dans un petit village Vinh Long, pri entre deux bras du Mékong et nous avons pu découvrir différentes petites manufactures. L’une d’elle fabriquait la pâte de riz pour faire par exemple la pâte des Nems ou des nouilles. J’avais observé cette technique au Cambodge à Battambang et vous avais détaillé les principes avec des photos afin que se soit plus explicite (2007-2008). Un peu plus loin, la fabrication de bonbons à pâte molle, coco, caramel ou chocolat. Dans une bassine, du jus de coco, du sucre de canne (si chocolat on l’ajoute ou jus de fruits) une machine mélange le tout, comme un mixer, jusqu’ à ce que le tout devienne une pâte molle. On prend cette pâte molle et on fait des petites boulettes grandes comme une cuillère à café. Une autre personne étale ces boulettes dans les différentes rainures d’une grande plaque en bois, c’est une sorte de gabarit et on obtient un long spaghetti de presque 1m de long, 2cm de large et 5mm d’épaisseur. Une fois la pâte sèche et qu’elle est devenue dure, à l’aide d’une machette le long spaghetti est coupé en petits carrés de 2 sur 2. Chaque carré va être emballé séparément dans un papier et le tout sera placé dans une sorte de pochette en plastique, de la grandeur et de la largeur d’une plaque de chocolat. Voilà vos bonbons à la noix de coco sont prêts ou avec les saveurs désirées. Ils sont vraiment très bons.
Un stand plus loin, on trouve la fabrication de galettes ou gâteaux de riz soufflé ou popcorn. Dans un immense Wok du sable noir cuit depuis déjà 15 bonnes minutes, ce qui dégage une grande chaleur, un peu comme des braises. Un homme y déverse à l’intérieur, sur le sable noir, des grains de riz non décortiqués où l’écorce est encore là. Le résultat ne se fait pas attendre, au contact du sable noir, les écorces de riz sautent, explosent tel du popcorn. Même bruit, même réaction. Effectivement dans le Wok, nous avons du popcorn de riz. Le tout est ensuite déversé dans une sorte d’énorme passoir pour séparer le popcorn riz du sable noir et les éventuelles écorces qui auraient échappé à la cuisson. Un atelier plus loin, on découvre, de grands sacs en plastique rempli de popcorn de riz et à côté, des sceaux rempli de différentes pâtes collantes (chocolat-caramel-noix de coco-de fruit). Ces pâtes vont être chauffées jusqu’à ce qu’elles deviennent liquide. Le popcorn riz y sera alors mélangé et le tout se collera ensemble, ce qui vous donnera les galettes de riz ou gâteaux de riz sucrées ou pas. Nous avons pu y goûter et franchement c’était très bon, celles aux riz étaient bien meilleur que celles au popcorn de maïs. Un peu plus loin, ceux qui le désiraient, pouvaient goûter au Ruou Ran (vin de serpent) n’est autre qu’un vin de riz dans lequel macèrent un ou deux serpents, en général un cobra. Cet élixir réputé pour ses vertus toniques est censé tout guérir, de la diminution de l’acuité visuelle à la tombée du jour à l’impuissance.
J’ai acheté quelques bonbons à rapporter afin de les faire découvrir à mes proches.
Nous sommes montés à bord du grand bateau et nous avons remontés un des bras du Delta du Mékong jusqu’à Can Tho où nous avons changés d’embarcation. Il en fallait des plus légères et sans moteur. Sur cette île nous avons mangé et fait un tour à vélo pour ceux qui le désirait. Ne mangeant pas, j’ai enfourché un vélo, pseudo vtt et me suis baladée sur l’île. De retour à mon point de départ, je découvre, rampant au sol, un gros python. C’est celui de la famille où nous avons mangé. C’est une femelle, elle est en cage mais en ce moment elle fait une balade de digestion. Je ne suis pas une fan des serpents mais ils m’intriguent et j’ai demandé à l’homme qui la surveillait si je pouvais la toucher puis la porter. Aussitôt dit, aussitôt fait, elle s’est retrouvée sur mes épaules, autour de mon frêle cou en moins de deux. Claque elle m’étouffe et me casse ma petite nuque. D’une main je lui tiens sa tête qui ne cesse de venir à la hauteur de mon visage. Elle a une de ces forces ! La tête est petite mais une partie du corps où il doit y avoir des souris où je ne sais quoi et relativement grosse. Quand elle rampe au sol, on dirait qu’à l’intérieur quelque chose court le long de son corps. Une souris qui essaie de se faire la tangente. Vers 1430, nous avons pris le chemin du retour. A 1900 nous arrivions au terminus à HCMV.
L’entrée et la sortie de la ville, aux heures de pointes, un vrai enfer ! Les bouchons chez nous sont du pipeau ! Ils ont même fait des voies réservées à tous les deux roues.
Imaginez, 3 millions de motos et ça va en augmentant. Des bouchons de camions et de bus qui entrent et qui sortent de la ville. Je vous épargne les détails, j’ai tellement d’anecdotes à vous conter, sur ce que j’ai pu voir, qu’il m’en faudrait des pages et des pages. Sur le chemin du retour alors qu’il fait nuit noir, n’en pouvant plus de fatigue, je me suis arrêtée à une boulangerie où je n’ai jamais vu autant de pâtisseries, même à Vienne ! Elles sont occidentales pas vietnamiennes ! Oui, je sais ça n’est pas très vietnamien mais je suis exténuée, je n’ai pas vraiment faim mais je n’ai rien mangé de la journée ! Un petit pain à la vanille fera l’affaire. Le guide de la journée m’a mise en garde contre les attaques de jeunes à moto. Vol de caméra, de sac, d’argent. Je lui réponds que je serais prudente. Comment voulez-vous être prudente en marchant dans des rues peu éclairées jusqu’à son hôtel. Une moto me fonce dessus et c’est terminé de Lanath, ni vu, ni connu. C’était alors mon destin ! On ne peut pas aller contre, un jour ou l’autre il nous rattrape. Je n’ai pas le choix et faut pas penser à ça, il faut juste en être conscient.
Dimanche 10 Mai – Bonne fête Cédric F !
Aujourd’hui, j’ai décidé de me faire un tour du centre de HCMV en cyclo-pousse. Un bon moyen de visiter un maximum la ville et pas à vive allure. De plus, j’ai lu que la ville désirait bannir les cyclo-pousses très prochainement. Ils n’auront donc plus de travail. Le réceptionniste me rend mon linge propre, une culotte a disparu. Pour 1kg de linge, 1$.
Pour une fois, je n’ai pas lu mon livre, seulement dans les grandes lignes, voir même en diagonale. Grave erreur ! J’aurai dû lire l’encadré « Escroquerie » mais je n’aime pas trop les lire afin de ne pas voir le mal partout. Au Cambodge, ça ne m’est jamais arrivé. Ici, régulièrement. Ils arnaquent pour faire du change du $ aux Dongs ou je mange la même chose que mon voisin mais lui ne payera pas le même prix.
Alors que j’arpente le boulevard principale se trouvant le long du parc, en face du marché où sont censés se trouver les cyclo-pousses, l’un d’eux me hèle avec un sourire jusqu’aux oreilles et les dollars qui s’alignent au fond des yeux. Les tarifs sont de 100'000 à 200'000 dongs pour une demi-journée/journée de circuit. Je ne sais pas pourquoi mais lui je ne le sens pas. De plus il n’a pas du tout un physique de cycliste. Plutôt bien en chaire. Bon, Lanath, arrête d’être médisante, discute avec lui et on verra bien. Il me vente les mérites de son tour, que je serais très content et me sort son livre d’or pour me prouver ses dires. Je suis bluffée, il a même un livre d’or illustré attention ! Ça sent l’arnaque à plein nez ! On dit toujours que la première impression est la bonne, hein ?! Ecoutez-la alors ! Nous parlons enfin des tarifs, il m’annonce 150’000d à l’HEURE ! What ?! Il est fou celui-là ! Elle est où la caméra ? Maintenant il baisse à 100'000 parce que je suis une amie ! Ah, bon, nous sommes amis ?! Et pis quoi encore, tu ne voudrais pas me faire un massage tant qu’à faire ?!
Je lui explique que je connais les tarifs et qu’ils sont de 100'000 la demi-journée à 200'000 la journée. D’abord il rigole jaune, c’est le cas de le dire et puis tout d’un coup il me tire par le bras m’attire vers son cyclo-pousse, rigole et me dit ok 100'000, je te fais un tour tu vas être très contente. Je ne parle pas très bien l’anglais mais alors lui, il doit connaître une dizaine de mots ou plutôt de chiffres, ça il les connait bien ! Bon, ok, en plus vous avez bientôt plus de boulot.
Après 5h de vélo où j’ai visité ; la cathédrale Notre Dame, l’église de Ona Tom, Deux magnifiques temples, le bureau de poste (bâtiment époque française), le palais de la Réunification, le marché de Binh Tay, il me réclame 80$. J’ai cru que le soleil m’avait trop tapé sur la tête. Donc, je vous rappelle les tarifs sont entre 100'000 et 200'000 ce qui fait entre 10 et 15$. Je me suis assise, j’ai enlevé le masque que je portais afin de protéger mes poumons de la pollution et j’ai enfilé le masque de : « Tu te fou de ma gueule ! ». Il me réitère son tarif, 6h à 100'000 ça fait 80$. Non, ça fait 600’000d, environ 40$. En plus t’es nul en math. Je lui réponds par la négative car on avait dit 100’000dongs. Je reste de marbre, assise à ses côtés. J’attends. J’hésite à lui filer 10$ et tourner les talons mais je suis dans un pays communiste et je ne sais pas comment ça marche ici. Quelqu’un m’a dit : « la prochaine fois tu dis, que tu veux voir la police et que tu vas appeler ton ambassade » ! Il semblerait que se soit radical mais je ne tiens pas à le faire. Il est descendu à 40$, je lui ai dit que c’était exclu que je paie une telle somme et finalement il est arrivé à 20$ mais ne voulais plus descendre plus bas. J’ai fait toutes les banques afin de ne point lui donner 1$ de plus. Ses 20$ en poche, il s’en est allé fâcher et moi écœurée. Ce n’est pas pour les 20 $ sinon je m’amuse à les lui donner comme ça. C’est plutôt qu’il réclame 8x la somme.
Bref, je suis allée au marché pour souper, j’ai demandé du bœuf-riz et on m’a apporté une soupe avec du beef. Elle me sort par les oreilles cette soupe. Au moment de payer on m’arnaque sur le prix et sur le change, décidément c’est la journée ou alors le pays, enfin, HCMV. Je ne tiens pas à avoir ce souvenir là du Vietnam, pardon, ce n’est pas le Vietnam, je parle de HCMV. Pour moi, les gens étaient froids et magouilleurs. Toujours en train d’essayer de vous voler de l’argent. Je le répète, je suis allée 6x au Cambodge et un peu dans tout le pays, au Laos également et jamais je n’ai été arnaquée de la sorte. Un moto-dup qui essaie de vous demander un peu plus pour une course. La première fois vous vous faites avoir puis gentiment on connait les tarifs. Mais c’est à 1$ près. Jamais un Khmer ne m’a arnaquée en me faisant du change. Du reste depuis plusieurs années ils font le même tarif dans la rue. Pour 4'000 riels, 1$.
Pour terminer mon voyage sur HCMV, je voulais finir avec une jolie et triste histoire…
Un temple a été dédié à Quan Am Thi Kinh, la gardienne des mères et des enfants…
Quan Am Thi Kinh fut injustement chassées de son foyer par son mari. Elle se déguisa en bonze et, se faisant passer pour un homme, s’en alla vivre dans une pagode, où une jeune femme l’accusa bientôt d’être le père de son enfant. Quan Am Thi Kinh accepta cette responsabilité et se retrouva de nouveau dans la rue, cette fois avec son « fils ». Bien plus tard, se sentant proche de la mort, elle retourna au monastère pour révéler la vérité.
L’empereur de Chine, ayant entendu parler de son histoire, la proclama alors Gardienne spirituelle de la Mère et de l’Enfant. La croyance veut qu’elle puisse donner une descendance mâle à ceux qui la vénèrent. Elle est donc particulièrement vénérée par les couples sans enfant.
Lundi 11 mai 2009
Retour pour le Cambodge. Je dois me racheter un visa à la frontière car le mien n’est plus valable étant donné que c’était pour un simple passage et non un multiple.
Mon bus part à 0800, depuis la grande rue touristique D Pham Ngu Lao. Le moto-dup de l’hôtel m’y dépose un peu plus tôt afin que je puisse aller retirer de l’argent au bancomat ATM. Je ne suis pas censée le payer pour la course mais il est gentil et je lui donne 2$ (un petit trajet et de 1 à 2$). Aucun Bancomat ne distribue des dollars. Je retire 500'000 dongs et les change dans l’agence de voyage juste à côté. Il me donne 25$ et me prends mes 80’000dongs restants. Encore un arnaqueur, même si il se prend une commission. Je m’en fiche, j’en veux plus de vos Dongs et mon bus est là. Encore un voyage de 6heures dans l’autre sens, exactement le même que pour l’aller. En ouvrant les yeux, par la fenêtre du bus, je découvre le paysage cambodgien que j’ai tout de suite reconnu. Il est vraiment beau.
Une fois de retour j’expose à Séb et Sarah, de grand voyageurs, mes impressions et ils sourient. Ils ont vécu la même chose. Il semblerait que dès que vous organisez vous-même, c’est l’enfer. Ils devaient restés un mois et au bout de 2 semaines ils ont quittés le pays. Des gens froids, agressifs et moqueurs. Il semblerait que ceux qui aime le Vietnam, n’aime pas le Cambodge et inversement. Je récupère les affaires que j’avais laissées chez eux et vais me faire masser. Mmm, très agréable, à la manière khmère, à même le pyjama que vous devez enfiler. Sur le chemin du retour, je me suis arrêtée manger, car lors de la pause de midi, sur le trajet du retour avec le bus, je n’ai pas mangé mais par contre j’ai bu un thé froid. J’ai mangé un délicieux riz khmer, du bœuf grillé et quelques légumes pour 2,5$. Un petit saut par internet, que j’abandonne tout de suite, car attendre 15mn pour qu’une page s’affiche. Je change de café internet, j’opte pour celui qui est pris d’assaut par tout le quartier et là, la connexion est bonne. J’en profite pour faire des modifications sur mon site.
Mardi 12 Mai 2009 - Bonne fête Pascal !
Mon réveil sonne à 0600, je suis censée me lever pour aller voir la cérémonie orchestrée par le roi en personne, comme chaque année, devant le Palais Royal pour la bénédiction de l’agriculture. Deux vaches sont placées devant 3 grandes mangeoires, où il y a ; des haricots, du maïs et du riz. Elles ont mangés les haricots et le maïs ! Ce qui veut dire que cette année, sera l’année prospère pour les haricots et le maïs mais pas pour le riz.
Je ne me suis pas levée finalement, j’ai envoyé un sms à Séb et Sarah afin qu’ils ne m’attendent pas, j’étais trop fatiguée. Je suis quand même en vacances et il faut que je me repose un peu. C’est Sarah qui m’a raconté ce que les vaches avaient mangé. En plus, cerise sur le gâteau, Sarah et ses parents on pu rejoindre l’estrade des étrangers se trouvant aux côtés du roi, à l’ombre. Quand à Séb, il devait rapporter quelques clichés pour le journal « Cambodge Soir », il a donc passé la matinée sous un soleil de plomb.
Quand à moi, j’ai daigné me lever à 0900 et suis allée à la terrasse de la guesthouse, écrire et boire un thé chaud. J’ai pu suivre à nouveau la cérémonie en direct à la TV. Sarah m’a raconté qu’un petit khmer en grande tenue était tombé dans les pommes d’un coup, à cause de la chaleur. J’ai écrit jusqu’à midi, entre 2 verres de citronnelle.
Aujourd’hui, je déclare cette journée, journée pour l’écriture et la détente, je ne ferai rien. Le problème pour se détendre ici, il fait tellement chaud, que vous restez cloitré à l’intérieur au frais.
Demain, je prends à nouveau la route, en bus, pour Battambang avec Sorya, pour environ 4-5heures et 12$. Je suis retournée dans ma chambre pour mettre mes écrits sur PC. Une chambre sans fenêtre pendant plusieurs heures, vous laisse penser qu’il fait nuit dehors ou que le temps est couvert.
Vers les 1500, je suis sortie faire un petit tour au marché et prendre de l’argent.
A 1800, je suis allée manger chez Séb et Sarah, ses parents étaient aussi de la partie. Ils m’ont racontés leur matinée à la cérémonie. Je leur ai parlé de HCMV. Nous avons comparés nos expériences et puis l’un d’entre nous a commencé à parler de l’Italie. J’ai dit que je l’aimais beaucoup, surtout la Toscane. Florence, Pise, Sienne, Livorne et San Remo sont des villes que j’ai visité et beaucoup apprécié. Nous étions tous d’accord sur le fait, qu’en Italie on mange bien, les gens sont accueillants et le pays regorge de bels endroits. – « Eh, c’est bon, calmez-vous les italiens que je connais, je vous entends jusqu’ici ! ». On m’a demandé si j’étais déjà allée à Naples et que c’était une ville pleine de vie. Sarah et moi nous nous sommes regardées en souriant et j’ai dit : - « Non, toujours pas, pendant des années j’ai espéré, qui sait peut-être bientôt ! ».
Nous sommes tous allés nous coucher car nous devions tous prendre un bus demain pour des destinations différentes. Séb, quand à lui reste à Phnom Penh car le journal dont il est le webmaster s’est fait Acker leur site. Sarah et ses parents partent pour Kep, au sud du pays, non loin de Sianoukville. Quand à moi, du côté de Battambang, au nord, non loin de Poipet, à l’association que je soutiens. On se revoit le 17 ou 18 à Phnom Penh. Merci pour ton délicieux repas à la japonaise.
Mercredi 13 Mai 2009
A 0700 je me retrouve au rez-de-chaussée de la guesthouse nez à nez avec Sarah et ses parents. Ils attendent la navette qui doit les amener à la station de bus. Je m’acquitte de ma facture pour mes deux nuits passées à la guesthouse, des boissons et du billet de bus. Je me joins à la table de Sarah et ses parents mais la navette est là nous devons y embarquer. Nous nous retrouvons à un nombre supérieur que de places assises et ça n’est pas fini car nous entamons la tournée des guesthouses. A la station, chacun par dans des directions opposées. Une grande majorité part pour Siem Reap, par contre dans mon bus je suis la seule petite blanche !
Le voyage s’est bien passé. Environ 5heures plus tard j’étais à Battambang et Patrik est venu me chercher en voiture cette fois-ci. La dernière fois il était en moto. Il m’a invité à aller manger un petit truc avant de rentrer chez lui ou Theavy et Heidi nous attendent. On en a profité pour papoter un peu de tout et de rien, en français puis principalement du refuge. Quand nous sommes arrivés chez lui, la maman de Theavy était déjà là pour me saluer avec grand enthousiasme. Theavy et la petite Heidi sont apparues derrière elle. Qu’elle adorable fille ils ont. Un vrai bijou, une vraie petite perle. Des yeux en amande, de couleur bleu-gris, la peau relativement claire et des cheveux châtains clairs.
Ils m’annoncent que finalement je dormirai chez eux. Au refuge il fait trop chaud, il n’y a pas de matelas et il faut aller se laver dans le Lac qui se trouve derrière le refuge. Après la distribution de cadeaux pour Heidi, des petits habits provenant de chez H&M, nous nous sommes rendus au refuge. Je le voyais pour la première fois terminé. Les enfants sont arrivés en courant, se sont alignés et m’ont tous salués à la manière khmère. Je leur ai donné les plumes que j’avais achetés au Vietnam. J’ai joué pratiquement 1heure avec eux, j’étais trempe. Le ciel est devenu noir d’un seul coup et il s’est mi à pleuvoir très fort. Patrik m’a fait faire un petit tour du propriétaire mais nous avons dû rentrer avant que nous soyons coincés dans la boue à cause des inondations. Mes habits étaient trempés et la climatisation marchait à fond dans le véhicule. Nous sommes descendus en ville tous les quatre pour acheter à manger à Patrik et Theavy, parce que Theavy avait envie de rester tranquille et ne pas cuisiner. Quand à moi, ayant mangé à midi je n’avais pas faim. J’ai mangé de la Mangue. Patrik nous a passé un film « The Punisher » puis sur ces belles images nous sommes tous allés nous coucher.
Jeudi 14 mai 2009
Levée à 0730 alors que la maisonnée est déjà levée depuis un plus d’une heure. Theavy est en train de donner à manger à Heidi. Cette dernière n’en loupe pas une, elle me fixe au moment où j’essaie de passer discrètement dans le couloir et sa mère surprise par le visage de sa fille, suis la direction de son regard et tombe sur moi. – « Good morning Theavy ! Bonjour Patrik ! ». Lui, il se trouve déjà affairé sur son ordinateur. Lavage de dents, une douche à la Khmer. Il n’y a pas de douche, un grand bassin plein d’eau et à l’aide d’un gros récipient je me déverse de l’eau sur le corps. Par contre quand il faut se laver les cheveux longs, c’est encore un peu plus sport. Pour se rincer c’est la même chose. La première vague d’eau qui vous arrive dessus, vous réveille de suite, car l’eau est relativement froide. Patrik tient à m’emmener en ville pour manger des pains de cake. C’est surtout histoire de sortir un peu et de pouvoir parler le français. Quand à Theavy elle est restée avec Heidi. Nous sommes donc allés boire un café au « Kéko », un café vietnamien, comme il l’appelle. C’est un café froid avec du lait.
Dès notre retour nous sommes tous parti pour le « Refuge ». A notre arrivée, les enfants étaient tous là et nous ont accueillis à bras ouverts. Patrik m’a fait visiter le Refuge. Il y a donc 16 enfants actuellement. Le plus petit a 2 ans et le plus grand à 12 ans. Un gardien, avec son épouse et ses trois enfants, 1 garçon et deux filles dont l’une a un handicap. Elle a 7 ans et on dirait qu’elle a une année. Elle ne tient pas debout et ne parle pas. Elle sourit beaucoup. L’épouse travaille à la cuisine du Refuge. Ils vivent tous les cinq dans une petite maison khmère, juste derrière le bâtiment principale.
L’aile principale est composée de plusieurs pièces. D’une petite classe réservée aux élèves en rattrapage, avec la réserve de jouets et une pièce tout au fond où vivent le couple de professeur du Refuge, avec leur deux fils. Ils sont au Refuge, 24-24heures. La pièce suivante est celle où dorment tous les enfants. Des lits à deux étages avec des nattes comme matelas. Chacun a une moustiquaire, une étagère pour ranger leurs habits. On se croirait en colonie. Les deux femmes cuisinières, dorment dans la même pièce, car les enfants ont des cauchemars de part ce qu’ils ont vécu auparavant. L’une des cuisinières est une veuve qui se faisait battre par son mari. Elle vit au Refuge avec ses deux fils.
La pièce suivante est une grande classe où les tout petits du jardin d’enfants sont assis au premier rang sur des chaises en plastique. Les plus grands ont des bureaux. La dernière pièce est également une salle de classe.
Derrière le bâtiment centrale, on y trouve 4 immenses guéridons (immenses jarres) où l’eau est stockée, pour se laver les mains, faire la vaisselle, la douche, la lessive. Juste à côté de la réserve d’eau, un petit bâtiment où se trouvent les toilettes.
Toujours dans la même direction, un bâtiment plus loin, nous trouvons la cuisine et une chambre d’invité. Tout autour il y a de la végétation. Patrik, Theavy et les enfants ont plantés des fleurs, des arbres (bananiers) et au fond du terrain un petit lac où les enfants vont se laver.
Après la visite des lieux de ce magnifique endroit, j’ai commencé à prendre les enfants en photo. Ça n’est pas évident, ils veulent tous être pris et sautent devant l’appareil à la dernière minute. Ensuite vient le moment de, je te tire les cheveux, je te file un coup de pieds, un coup de poing, les coups fusent, pour pouvoir regarder les photos sur l’écran de mon appareil. J’ai pu faire quelques jolies photos. J’ai essayé de les prendre à leur insu ce qui donne souvent un bien meilleur résultat.
Vers les midis, Theavy, Patrik et Heidi ont mangés à l’ombre, dans une salle de d’étude, vers un ventilateur. Heidi souffre de la chaleur, elle n’a pas hérité ça de sa maman. J’ai mangé avec les enfants, à même le sol, devant la cuisine. Afin de ne point vexer, froisser les professeurs, j’ai dû manger à leurs côtés. Je m’étais déjà assise au milieu des enfants mais Patrik m’a suggéré de m’installer vers les professeurs. Il y avait du riz, du poulet grillé, de la soupe à je ne sais quoi avec des légumes. Le professeur me dit en anglais : « – Tu manges la soupe toi, Patrik ne veut pas en manger ! ». Plus tard Theavy me demande si j’ai mangé la soupe et si oui, est-ce que j’ai aimé ?! Trouvant bizarre toutes ces questions je l’interroge et elle m’annonce que la soupe était faite avec des vers ! Si on me l’avait dit je n’aurais peut-être pas mangé…
Après le repas, Patrik leur a passé « Schrek » sur l’ordinateur. Un grand silence s’était installé dans la pièce et les visages des enfants ont commencés à se métamorphoser, figer puis des gros yeux ronds, la bouche restait grande ouverte. En prenant une des chaises en plastique je me suis coupée à deux doigts. Rien de bien grave mais ça saigne et ici c’est tellement humide que les blessures mettent du temps à cicatriser. Il faut juste faire attention que ça ne s’infecte pas.
Le film fini nous avons pris le chemin du retour. Les enfants nous couraient après mais une fois arrivés au portail ils se sont arrêtés car ils savent qu’ils ne doivent pas aller plus loin. Une fois chez Patrik et Theavy c’était le moment de détente, de la sieste, à l’ombre, au frais surtout. La pluie menace de tomber. Patrik copie mes photos sur ma carte mémoire. Ils trouvent qu’elles sont belles. Il insiste car il voit que je ne le prends pas au sérieux. Il dit que je devrais me lancer dans la photo car il trouve qu’elles ont quelques choses. Il en a mis quelques unes sur Facebook en précisant sur la photo, photo : lanath. C’était une journée riche en émotions. On voit que les enfants sont heureux au Refuge. Les professeurs sont satisfaits d’eux. Certains sont en retard car ils ont manqués 1-2 années d’école.
Ils ont tous beaucoup soufferts et doivent se reconstruire. Le temps fera les choses gentiment. Certains ont découvert leur maman pendue, d’autres se faisaient battre régulièrement, d’autres abandonnés et ils étaient élevés par le chef ou la cheffe du village. D’autres vivaient avec une grand-mère proche de la fin, pendant que leur maman se prostituait à la frontière et à chaque fois qu’elle revenait elle était enceinte ou elle ramenait un beau-père brutal. Tous ont également souffert de malnutrition.
Theavy savait que je voulais aller chez le coiffeur, à Bangkok pour me faire une petite coupe et me couper un peu les cheveux. Elle m’a donc annoncé que sa sœur allait me les couper. Elle coupait les cheveux dans tout Battambang à une époque. Une coupe pour les hommes est de 1$ et environ 2$ pour les femmes. Elle a refusé que je la paie alors qu’elle m’avait très bien coupé les cheveux, elle me les a même effilé. J’ai insisté car je sais que la vie n’est pas facile pour elle et si je m’étais faite couper les cheveux à Bangkok j’aurai dû payer et en Suisse encore bien plus. Je lui ai du reste parlé des tarifs Suisse. Elle a failli tomber dans les pommes. Elle trouvait que mes 5$ dollars étaient beaucoup trop. Elle a fini par accepter quand je lui ai dit que c’était mon plaisir.
Theavy fait à manger délicieusement bien. J’aime sa cuisine légère et parce que je découvre des plats traditionnels. Ce soir elle nous a cuisiné du Amok (poisson) bien épicé. On pourrait penser qu’il est au curry. Servit sur des feuilles à manger avec du riz.
Vendredi 15 Mai 2009. Bonne fête Michèle !
0800, j’ouvre un œil, puis un autre. Patrik est déjà sur les Start in blocs, il désire aller en ville, toujours pour manger son pain de cake. Nous sommes finalement allés boire un café à la « Villa » avec le couple de gérant qui est lausannois, Adrien et Céline. J’en ai profité pour acheter et lire le journal « Cambodge Soir ». Pendant notre absence Theavy donne à manger à Heidi et après avoir mangé elle fait une petite sieste.
A notre retour, Heidi prend un petit bain et nous partons tous ensemble, en ville, pour acheter des habits aux enfants du « Refuge ». La première fois Patrik et Theavy leurs ont achetés des habits neufs chez une chinoise et ils sont déjà fichu. La qualité n’était pas très bonne. Nous sommes donc allés au marché acheter des habits de seconde main. Nous étions les trois au milieu d’une montagne d’habits et nous avons triés les habits et choisi en fonction des âges, du style, du sexe et bien entendu de l’état. Au bout d’une heure, Patrik, Heidi et moi sommes complètement dégoulinant et nous supplions du regard Theavy pour arrêter en lui suggérant que nous avons bien assez d’habits. Nous avons rempli un sac de riz (110lt) avec tous les habits. Les habits sont vendus à la pièce. Theavy a payé 10$ seulement. Nous sommes rentrés à la maison car Theavy avait la lourde tâche de trier tous les habits avant d’aller au Refuge. Elle devait décider, qui aura quoi. Après avoir étiquetés les habits et les avoir mis dans des sacs plastiques, un pour chacun, nous nous sommes préparés pour nous rendre au refuge. Je me suis installée à l’arrière du véhicule, à l’extérieur. Quelle cuite, dire que la dernière fois, je me rendais au Refuge à vélo et dans les rizières voisines. L’état de la route est tellement mauvais que je n’arrête pas de décoller du véhicule.
La distribution des habits étaient magiques. Ils avaient des sourires pleins les yeux. Ils sont tous allés se changer afin d’enfiler la plus belle tenue qu’ils avaient. Nous leur avons distribués des ballons à gonfler à la bouche. Ils étaient tous très beaux. Bien entendu j’ai fait des photos pour immortaliser l’événement et nous en avons fait avec tout le refuge, enfants et adultes.
Patrik a voulu avant de souper, passer au "River side" un petit bar au bord de la rivière. La plupart des expats (blancs vivants au Cambodge), des touristes y viennent pour boire un verre et se retrouver dans un endroit agréable. Adrien et Céline s'y trouvaient aussi. 2 baileys plus tard, pour moi et 2 bières plus tard pour Patrik, nous sommes rentrés.
Le soir nous avons fini l’Amok, il en restait encore de la veille. Ici, les gens se couchent tôt mais se lèvent également tôt. Theavy est souvent au lit vers les 2000-2100 et Patrik aussi. Parfois s’il est sur l’ordinateur il va au lit vers les 2200. Je ne m’endors jamais avant 2300-2400.
Samedi 16 Mai 2009
0800 mon horloge interne me réveille. J’ai du mal ce matin, comme si j’étais cassée, fiévreuse. Les nuits précédentes j’éternuais et mon nez n’arrêtait pas de couler. A chaque fois que je viens à Battambang j’attrape froid. Il fait très chaud, tout d’un coup il pleut, dans la voiture il y a la climatisation alors que vos habits sont encore mouillés et dans les pièces les hélices tournent à fond. Et voilà, parfois il n’en faut pas plus!
Aujourd’hui c’est une journée de sieste. Je ne suis pas à 100%. Je m’endors toute seule sur mon carnet. Après mon réveil du matin nous sommes tous allés en ville déjeuner du riz et du porc grillé avec un thé froid. Certains khmers regardent Heidi en pensant que c’est ma fille et Theavy (sa vraie maman) comme si c’était la nurse qui s’occupait de ma fille. Theavy ne lâche pas sa fille même si elle doit acheter 2-3 choses au marché, elle ne la laissera pas à son mari qui attend dans la voiture son retour. Il faut dire que ça fait 3-4 ans qu’ils espéraient cet enfant. C’est un bonheur de la voir avec sa fille !
Nous avons fait une petite alte à la station de bus pour acheter mon billet pour Phnom Penh. Il m’a coûté seulement 4$ alors que pour l’aller j’ai payé 10-12$. Le bus, pour l’aller avait des toilettes à l’intérieur, mais croyez-moi c’est mieux sans, surtout pour une telle différence de prix.
Avant de rentrer nous nous sommes arrêtés chez une voyante khmère pour moi. Je ne crois pas vraiment en ces choses là mais je suis curieuse et être curieuse au Cambodge me revient seulement à 2$. Chez nous, sauf erreur de ma part, une voyante coûte dans les 100.- Au moins elle ne peut pas me questionner et doit vraiment dire ce qu’elle voit. Certaines choses, qu’elle ignorait étaient juste. Vous comprendrez que cette entrevue restera pour moi. A part ça c’était intéressant.
A notre retour je me suis endormie de 1100-1130. A midi Theavy avait cuisiné un peu de riz. Elle sait que je mange une fois par jour mais elle veut que je mange. C’était très bon, une fois encore. De 1230 à 1530 j’ai dormi comme une marmotte, j’étais écrasée. Je transpirais comme si j’avais couru un marathon en plein soleil et ce malgré l’hélice. Visiblement Patrik et Theavy attendaient le réveil de ces dames, Heidi et moi, pour bouger. Nous sommes allés boire un jus de noix de coco au café « Madison » tenu par un français. Adrian et Céline, les gérants lausannois de la « Villa » étaient également là. Ils nous ont racontés un peu la vie à la « Villa ». Au vu du nombre de réservations, ils se demandent s’ils vont pouvoir partir au mois de juin, pour les vacances à Lausanne.
Nous rentrons et Theavy me demande de lui trouver les paroles de la chanson de « Heidi » de la série TV. Depuis que je la chantonne à Heidi, elle essaie aussi et elle aime bien cette chanson. Theavy comprend très bien le français mais ne le parle pas, quelques mots, quelques phrases. Du reste c’est chou quand elle tente une phrase en français avec son petit accent Khmer (asiatique).
Theavy nous a encore cuisiné un festin. Des cuisses de poulet bien grillées à la poêle pendant une demi-heure environ, une soupe de citron avec du poulet bouilli et des épices. Le poivre cambodgien est divin. Elle le mélange à du sel et un zeste de citron, ça donne un mélange excellent.
La maman à Theavy m’a apporté 2kg de mangue séchée. MMMhh, c’est vraiment trop bon ! 100% naturelle, sans sucre que le jus de la mangue qui a séché au soleil. L’année passée sa maman m’avait préparé un petit sachet, il m’avait tenu à peine une semaine. Comme elle sait que j’adore ça, cette fois-ci elle m’en a préparé un gros sachet.
Nous nous sommes tous couchés relativement tôt. Patrik a regardé le dernier James Bond que j’avais sur ma clé USB.
Dimanche 17 Mai 2009 – Bonne fête Olivier !
0720 mes yeux s’ouvrent ce matin plus facilement. C’est ma dernière journée à Battambang, parmi Theavy, Patrik, Heidi et toute leur famille.
Après le passage obligé à la salle-de-bain, je mets mon linge dans la machine et Patrik, c’est sa lourde tâche, responsabilité, enclencher les machines.
Je profite de sa connexion internet pour lire mes mails et y répondre par la même occasion ainsi que pour ajouter mes textes sur mon site. Les photos je les mettrais depuis la Suisse car c’est plus compliqué !
Quand Theavy est afférée à ses tâches ménagères et que la petite ne dort pas je m’en occupe avec joie. Une fois la machine terminée j’ai étendu mon linge.
Aux alentours de 1000 nous sommes tous partis pour le refuge. Nous avions des bouteilles de sojas, des produits de nettoyage et une immense grappe de bananes à apporter. En chemin, une fois encore, la petite Heidi s’est soulagée sur le jeans de sa maman.
Nous sommes restés au Refuge pour manger et les enfants ont regardés le dernier James Bond avant de passer au sol. Ben oui, je ne vais pas dire à table étant donné qu’ils mangent par terre.
Pendant qu’ils visionnaient le film je suis partie faire un tour dans la campagne, à pieds, espérant pouvoir faire de jolies photos mais je n’espérais pas trop, car ça n’était pas une bonne heure. Il faisait trop claire, le ciel sur les photos ressortait blanc et je vous rappelle que les bonnes heures pour prendre les photos au Cambodge sont de 0600-0800 et de 1600-1800. Il faisait une chaleur étouffante. Après quelques mètres j’étais trempe. Je ne me suis pas trop éloignée car j’avais laissé ma casquette au refuge. Pour une fois, les clichés pris par mes yeux resteront dans ma tête car le soleil est vraiment trop violent. Je savoure ce moment. L’autre soir je suis allée admirer le coucher de soleil sur les rizières, juste derrière chez Patrik.
A mon retour nous avons mangés, du très bon poisson et du riz. Il y a très souvent de la soupe servie avec le reste. C’était très bon, j’ai mangé avec Patrik, Theavy et Heidi dans une des classes, à même le sol sur une natte, à l’ombre. Les enfants prenaient leur repas tous ensemble devant la cuisine, également sur des nattes. Aujourd’hui c’est dimanche, il n’y a pas école et la vie est plus cool, ils vont tous aller faire une sieste dans peu de temps ainsi que les adultes.
En plus c’est un peu férié car le 14 Mai c’était la fête du roi et quand celui-ci à son anniversaire ils font la fête pendant 3 jours. La plupart font le pont et partent de Phnom Penh pour Battambang.
Nous avons pris la route et en chemin Theavy a acheté à une villageoise des petits fruits noir semblables à nos cerises. C’est super bon, j’avais découvert ces petits fruits il y a 3 ans à Siem Reap quand une petite grand-mère m’avait invitée chez elle à en manger. On peut les manger tel quel ou les mélanger avec du sel, du piment et du poivre concassé, c’est excellent !
De retour à la maison, j’ai récupéré mon linge qui était déjà sec et chacun vaquait à ses occupations. Theavy rangeait et s’occupait de sa fille. Patrik regardait un film sur l’ordinateur et répondait à quelques mails quand à moi, je me suis installée dans ma chambre pour rejoindre mon journal de voyage. Plus tard, Patrik et moi sommes descendus en ville se boire un petit jus et m’acheter du poivre au marché car je tiens à en ramener.
Nous sommes allés au Madison Corner où j’y ai dégusté un shake aux fruits et Patrik une bière. De retour à la maison Theavy nous annonce que ce soir nous allons manger chez ses parents. Patrik m’explique que l’on va manger une spécialité, une montagne de viande avec tout autour une soupe aux légumes. Pendant ce temps je prépare mon sac pour mon départ de demain. La sœur de Theavy passe à la maison pour m’écrire les mots en khmer, ceux que je veux rajouter sous mon tatouage. Je ferais tatouer ces mots à Bangkok. Bien entendu en écriture khmère. Chut ! On ne dit rien s’est juste pour finir mon tatouage commencé l’année passée à Bangkok.
Le repas était excellent, nous sommes rentrés car Heidi devait se coucher. Nous avons mangé à 8 par terre sur des nattes, une sorte de fondue chinoise. Un réchaud avec dessus une sorte de cône métallique où l’on y pause les morceaux de viande finement coupés. Au dessus de la viande, des morceaux de gras de porc sont déposés et en fondant ils donnent le goût à la viande et à la soupe qui cuit sur les bords. Celle-ci mijote pendant tout le repas. On y met des carottes, des feuilles de salade, de la végétation, « des cheveux d’anges » et vers la fin on a une soupe avec beaucoup de goût. C’était vraiment très bon. Cette famille est une famille en or. Quatre filles et un garçon, l’une d’elle est partie vivre aux USA. La famille a des origines Khmère et chinoise.
Voilà, mon séjour à Battambang se terminera demain matin, mon bus quittera cette province à midi. Cinq heures plus tard je serais à nouveau dans la capitale, à Phnom Penh. La guesthouse m’a déjà réservé une chambre. Je vais maintenant vous laisser afin de chercher où me loger à Bangkok le 20-21 Mai 2009.
Lundi 18 Mai 2009 – Battambang to Phnom Penh
Levée depuis 0700, j’ai fait ma réservation pour un hôtel à Bangkok. Eh, oui un hôtel, j’ai décidé de passer mes deux dernières nuits dans un hôtel. De catégorie moyenne mais qui chez nous serait de catégorie supérieur. Il se situe au centre ville dans le quartier des affaires et des magasins et il y a même une piscine, dommage je n’ai pas de maillot ! Je peux toujours en acheter un au MBK, on verra bien !
Vers les 0800 Patrik et moi sommes parti pour le Refuge, il tenait à ce que je vois les écoles du jardin d’enfants. Les professeurs leur enseigne principalement l’hygiène afin de les sensibiliser très tôt. Lors de mon entrée en classe tous les élèves se sont levés et mon salués à la manière khmère respectueuse avec les deux mains jointes. J’ai suivi un moment leur cours tout en les prenant en photo. L’institutrice les sensibilisait aux odeurs. Ils devaient, chacun leur tour venir vers elle et renifler dans un sac plastique sans savoir ce qu’il y avait à l’intérieur. Ensuite la maîtresse a sorti une plante du cornet et leur a expliqué comment d’une simple graine, celle-ci, devient une plante. A la récréation j’ai fait mes adieux aux enfants, ceux qui logent en permanence au refuge m’ont fait des grands sourires et mon dit à l’année prochaine.
De 0930 à 1000 tout le monde était afféré dans la maison. Patrik préparait une lettre et des photos pour sa maman que je posterai une fois en Suisse. Oui Patrik, en courrier A. Il m’a fait contrôler le contenu de l’enveloppe pour être sûr qu’il n’y avait rien d’autre et que je ne me fasse pas arrêter à frontière en Thaïlande. Ah, il ne faut pas rigoler avec ce genre de choses !
Theavy me prend en photo avec la petite Heidi à croquer et je donne ma carte mémoire à Patrik pour qu’il puisse copier mes photos du matin au jardin d’enfants. Puis nous partons tous en ville pour manger une dernière fois tous ensembles, m’acheter du poivre blanc au marché qui est encore plus parfumé que le noir et de l’encens. Theavy et Patrik m’offre le poivre en souvenir d’eux, du Cambodge. J’en ai 500gr de noir et 500gr de blanc. Je n’aime pas tellement le blanc comme il fait on dirait que je me balade avec des boulettes blanches…
1155, ils me déposent à la station de bus et me disent : - « A l’année prochaine avec qui tu sais ! On va pas faire de longs au revoir on sait que tu n’aimes pas ça et que tu vas pleurer ! ».
1215 le bus est enfin parti. Nous avons mi presque 7heures, un record ! Les derniers kms nous avons eu des problèmes avec le bus. Le chauffeur n’arrivait plus à le faire démarrer car certaines vitesses ne passaient plus ! Nous sommes arrivés à bon port mais sur 20km nous avons roulé à la vitesse d’un tracteur tirant un char, chargé de meules de foin. Mon voisin était ravit, il n’arrêtait pas de me parler, il chuchotait alors je devais me pencher vers lui pour comprendre ce qu’il disait. Les deux fois où le bus avait fait une pause, mon voisin ramenait des victuailles et les partageait avec moi. Il était tout attentionné. Il m’a rangé mon sac au dessus de lui et a placé un de mes sachets de poivre, devant lui dans la pochette de rangement du siège se trouvant devant lui. Plus tard nous nous sommes endormi et il me tombait dessus. J’essayais de le repousser discrètement.
1820 enfin arrivée à Phnom Penh. Il y avait un monde fou. La circulation était dense et dans les parcs les gens se retrouvaient pour une partie de badminton, de foot, d’aérobic ou de tendresse sur un banc…
Mon voisin de siège, m’a demandé si j’avais quelqu’un qui venait me chercher et où j’allais dormir. Une fois arrivée à ma guesthouse, j’ai pausé mes affaires dans ma chambre et suis allée manger une salade de fruits et boire une limonade citron au rez-de-chaussée.
Après ça, je suis remontée dans ma chambre pour prendre une bonne douche et écrire ces quelques lignes. Ce soir je ne vais pas faire tard car demain c’est ma dernière journée complète au Cambodge.
Mardi 19 Mai 2009
Levée à 0700, je me prépare et envoie un sms à Sarah pour l’avertir de mon réveil. Celle-ci me répond 2mn plus tard pour me fixer rendez-vous à 0830. J’en profite pour me rendre au café internet du coin afin de mettre sur mon site mes derniers écrits. Je pense à ce que Céline m’a dit à Battambang : « - Je rêve d’un clavier avec des accents ! ». C’est vrai que ça devient pénible, je voulais modifier une ou deux choses sur mes textes et je ne peux pas car je perds un temps fou à essayer de trouver les touches !! Quand celles-ci ne sont pas encore en chinois !
Bref, j’ai placé mes textes et je n’ai même pas regardé mes mails car c’était vraiment trop long. Je retrouve donc Sarah au carrefour et nous partons boire un café sur le quai, non loin du Palais Royal. Nous avons parlé de Battambang, du Refuge, de l’association, de son projet à elle que je ne peux dévoiler ici. Chaque chose en son temps ! Nous avons décidé d’aller ensemble à son rendez-vous de 1000. Pendant qu’elle sera en rendez-vous je me promènerai dans le quartier, elle en a eu pour une demi-heure. Ayant emprunté des livres à l’Alliance Française, nous y avons fait un saut pour qu’elle puisse les reposer et par la même occasion en prendre d’autres ! J’en ai profité pour faire un tour dans la librairie d’à côté qui vend que des livres en français. Il y en avait de magnifiques, notamment sur le Cambodge, un peu cher à mon goût ! Après cela nous sommes passées au Sorya qui est un immense centre commercial. Plus par besoin de se retrouver au frais un moment que par envie ou besoin d’acheter quelque chose. Nous avons avalés une très bonne glace. Sarah a reçu les foudres du regard, d’une blanche car elle regardait sa copine khmère, d’un coup la blanche a enlacé sa copine khmère pour bien faire comprendre qu’elle était à elle ! On s’est regardé et on a sourit !
Ah, oui petite parenthèse par rapport à ça. Le samedi 16 Mai, la première Gay Pride a eu lieu à Phnom Penh. En faite, à la place de défiler, pendant 6 jours il y a des expositions des endroits où se retrouver, dans des bars etc… C’est un khmer américain de San Francisco qui a organisé ça ! Dans la ville de nombreuses affiches tapissaient les murs des restaurants pour annoncer l’événement et même dans le journal de « Cambodge soir » une grande page en parlait. Comme quoi ils ont l’air moins coincé que chez nous.
Avant de décider de faire un saut chez le coiffeur nous avons fait un saut au marché mais nous en sommes ressorties bredouille. Sarah s’est faite lisser les cheveux une technique qui est censée durer quelques temps. Quand à moi j’ai opté pour quelques mèches. J’étais très contente du résultat. En Suisse je l’ai été rarement mais là, la couleur était parfaite.
Mercredi 20 Mai 2009
Réveillée à 0700 après une douche et le rangement de mon sac, je me rends à la terrasse de la guesthouse pour boire un thé chaud et me réveiller gentiment en observant la vie Phnom Penhienne.
Il s’en passe des choses sur un petit coin de rue, surtout à Phnom Penh. Sarah m’a rejointe vers les 0830 et nous sommes parties boire un café le long du Mékong, sur les quais en travaux. Un petit passage au marché pour que Sarah puisse acheter des légumes, des fruits et un peu plus loin des clous. Par moment je m’évade malgré la présence de Sarah et me dit que dans quelques heures je quitte le Cambodge. Il y a 19 jours je me disais que j’avais énormément de temps devant moi et tout d’un coup me voilà sur le départ.
A midi, Séb nous a rejoins dans une gargote chinoise où nous allions attaquer notre dernier repas ensemble et tout d’un coup le téléphone sonne et les parents de Sarah s’annonce de retour de kep, ils nous rejoignent et nous mangeons tous ensemble. Je leur ai fait mes adieux. Séb et Sarah me demandent de saluer une amie très chère et ils m’ont dit à l’année prochaine, en Thaïlande ou ailleurs mais accompagnée !
Je déguste mon dernier jus de citron sur la terrasse de la guesthouse avant que mon tuck tuck m’emmène à l’aéroport pour environ 20mn de route.
A l’aéroport j’ai envoyé mes cartes postales à qui de droit et mon vol a quitté le Cambodge à 1650 au lieu de 1630.
Un atterrissage plus tard, une douane plus tard, un taxi public encore plus tard, je suis à l’hôtel Palace Bangkok. A mon entrée je sais déjà que les images sur internet ne correspondront pas. Une odeur de moisi circule dans les couloirs. Je suis censée quitter ma chambre le 22 Mai à 1200 mais mon avion est le 23 Mai à 0223 du matin. Je peux garder la chambre jusqu’à 2100 pour une rallonge de 2'000 baths, pratiquement plus cher que pour une nuit ! Finalement je payerai 1'000 baths, jusqu’à 1800. Je traînerai mes baskets à l’aéroport !
Ce soir, je ne ferai pas tard car demain s'annonce une grande journée.
Jeudi 21 mai 2009
0700 je suis levée, pas par envie, mais plutôt parce que dans l’hôtel il y a du bruit. Je suis au 12 ème étage, j’ai une belle vue sur certains buildings de Bangkok. La chambre sent toujours le moisi. En tout les cas je vous déconseille cet hôtel. J’ai été bien mieux logée dans certaines guesthouses. Hier soir, à deux reprises la réception m’a réveillée à 2330 puis à minuit. A chaque fois j’étais dans le cirage et ne comprenais rien. Il faut dire que quand mon cerveau peu enfin se reposer et pas faire sans cesse l’effort de comprendre et de traduire… Visiblement une histoire de change. A la réception on m’aurait donné 1'000 baths de trop ?! Pourtant j’ai signé un papier, j’avoue ne pas avoir contrôlé, j’étais trop pressée de prendre ma chambre. Je leur ai répondu que l’on verra ça demain matin parce que là j’étais en train de dormir ! Du moins j’essaie !
Le déjeuner est compris mais quand j’ai senti les odeurs de grillé, j’ai préféré m’en aller et prendre la route, à pied.
0730, c’est l’effervescence dans les rues de Bangkok et le soleil cogne déjà méchamment. J’ai fait un peu plus de 1km à pied et une fois arrivée à la station du Sky Train (Train aérien), à Chit Lom, j’ai acheté une carte journalière pour 120 baths. Valable bien entendu uniquement avec Sky Train. Je suis descendue à l’arrêt suivant « Siam », le MBK est à la station suivante à « National Stadium » mais je voulais jeter un œil aux centres commerciaux de Siam. Siam Paragon, Siam Center, Siam Square etc… Bref, tous des magasins.
Surprise, j’avais oublié ce petit détail mais qui a toute son importance, les magasins ouvrent à 10 heures et ferment à 2200. En attendant, un peu plus d’une heure, je me suis installée dans un café climatisé.
Je vous éviterai les détails mais j’ai battu mon record de durée dans un magasin. De 1000 à 1730, j’ai passé mon temps dans le MBK et j’ai même oublié de mangé de toute la journée, par contre j’ai bu. Comme prévu, pendant 1h30, j’ai fait compléter mon tatoo de l’année passée (même endroit, mais pas même tatoueur) en y faisant inscrire trois inscriptions en khmères dont la signification restera pour moi ! Ensuite, j’ai cherché désespérément des petites choses que l’on m’avait demandées. J’en ai profité pour m’acheter une petite valise à roulette (60lt) qui peut être prise, en haut, dans l’avion. J’en ai marre, je l’avoue, du sac à dos ! En plus ça vaut vraiment la peine. De retour à l’hôtel, j’ai pu mettre tout le contenu de mon sac à dos.
Cette ville m’impressionnera toujours autant. Cette population, cette circulation, ces buildings, ces carneaux, ces câbles, ces métros, ce bruit… Je l’aime mais à très très petite dose !
Je suis rentrée avec le Sky train en sens inverse et à pied. Le ciel est devenu noir d’un coup. Il me restait 20m jusqu’à l’hôtel et une pluie battante s’est abattue sur Bangkok et sur moi. J’étais trempe jusqu’aux os.
La réception m’a relancé pour le problème de la veille. Il semblerait que lors du change de mes dollars, la réceptionniste m’a donné 1'000 baths de trop. Je ne mets pas leur parole en doute, de plus je n’avais pas vraiment contrôlée, trop pressée de prendre mes quartiers. Je leur ai donné 1'000 baths, malgré le reçu que j’avais signé et la fille mise en cause est venue me remercier plusieurs fois en s’excusant et en rougissant.
De retour dans ma chambre j’ai transvasé toutes mes affaires dans ma nouvelle valise, préparer ce que j’allais mettre demain pour le voyage tout en gardant une autre tenue pour la journée de demain. Je me doucherai vite fait une dernière fois demain avant de devoir rendre la chambre à 1800. J’irai enregistrer mon bagage et me trouverai un coin où je ne bougerai plus, quitte à me faire masser une dernière fois pour passer le temps et me faire du bien.